Donald Trump semble friand de géographie. Il a renommé le mont Denali en Mont McKinley, le golf du Mexique en golfe de l’Amérique, le lac Ontario en lac d’Amérique. Sa dernière trouvaille est de suggérer que l’on abandonne New Mexico pour New America.

Et pourtant, les États-Unis sont le seul pays à ne pas avoir voté la résolution portée par les pays africains pour promouvoir des représentations cartographiques qui rendent plus fidèlement compte de la taille relative des continents. Peut-être la projection cartographique est un peu trop compliquée pour le président des États-Unis, lui qui a déjà des problèmes avec les pourcentages.

Six pays se sont abstenus : l’Estonie, la Géorgie, la Lituanie, la Moldavie, la Serbie et l’Ukraine.
Le texte ne bannit pas la projection dite « de Mercator », pas plus qu’il n’impose une carte unique. Il encourage les gouvernements, les établissements scolaires, les organisations internationales et les entreprises technologiques à recourir à la projection « Equal Earth », ou à d’autres cartes dites « équivalentes », qui préservent les superficies relatives, lorsque celles-ci sont déterminantes. Il invite également à mieux enseigner les limites inhérentes à toute tentative de représenter une planète sphérique sur une surface plane.
Derrière ce débat en apparence technique se joue une question plus politique : une carte conçue pour les navigateurs européens du XVIᵉ siècle a-t-elle fini, au fil des générations, par déformer non seulement la géographie, mais aussi la perception de l’Afrique ?
Les États-Unis ont vu dans l’initiative une entreprise plus politique.
« Cette résolution tourne en dérision le travail et la raison d’être de cette institution », a déclaré le représentant américain, estimant que ce qui était présenté comme une innocente correction des proportions cartographiques relevait d’un « projet idéologique beaucoup plus vaste et plus radical ». Il est vrai que ramené la taille des États-Unis à sa juste valeur est un projet Woke.