“The Center for American Progress is an independent, nonpartisan research organization, and our work is grounded in rigorous, evidence-based research and analysis. Based on analysis of crime data, our report demonstrated facts about the National Guard deployments that are inconvenient to the Trump administration. Since its inception, CAP has published analysis of the impact of government policy under Democratic and Republican administrations.
This threatened lawsuit’s attack on facts and evidence is baseless. A fundamental protection of the First Amendment is to allow for the publication of facts and analysis that are contrary to the arguments and claims of any administration. A lawsuit is a transparent attempt to silence us. We will neither cower nor bend in the face of it.
In America, profound disagreements over public policy are resolved through robust public debate, not through threats or intimidation. Independent data, evidence, and analysis are essential to that debate. Efforts to silence independent research because its findings are unwelcome by an administration or president should alarm every American”.
Tel est le court communiqué publié par Neera Tanden, présidente du think tank The Center for American Progress en réponse à une demande d’Alejandro Brito, avocat personnel de Donald Trump que le CAP rétracte le rapport, présente des excuses et l’indemnise avant vendredi 17h, sous peine de poursuites. Rapport qui concluait à l’absence de preuve que le déploiement de la Garde nationale ait réduit la criminalité violente.
Neera Tanden, a qualifié la menace d’« infondée » et de tentative de bâillonnement, invoquant le Premier amendement. Le conseiller juridique de CAP, Kevin Metz, a répondu que toute poursuite serait « absurde » et a averti qu’un tel précédent pourrait un jour se retourner contre des groupes conservateurs comme la Heritage Foundation.
Il semblerait bien que la compréhension de Donald Trump du Premier amendement de la Constitution soit la suivante ; toutes les idées sont autorisées à condition qu’elles soient favorables à Donald Trump.
Ce type de menace juridique s’inscrit dans une très longue série d’actions similaires que Donald Trump a engagées contre des médias et organisations perçus comme hostiles, certaines ayant abouti à des règlements importants. Ces actions ne sont fondées sur aucun fait, mais non d’autres buts que d’intimider et d’engager une autocensure de la presse et de tous les relais d’opinion.
Imaginons une seconde qu’une telle initiative ait été prise par l’administration d’Obma ou de Biden. Que n’auraient les républicains ? Que les États-Unis ont quitté les démocraties pour entrer dans le club des nations autocrates.
Ci-dessous une liste (déjà lourde et pourtant incomplète) des initiatives lancées par Donald Trump
Médias et organes de presse
– BBC (2025/2026) : Poursuites réclamant 10 milliards de dollars pour diffamation et pratiques commerciales déloyales, contestant le montage vidéo d’un discours du 6 janvier 2021 dans un documentaire.
– The New York Times (2025) : plainte pour diffamation réclamant 15 milliards de dollars, rejetée par un juge fédéral en raison de sa longueur excessive et de formulations inappropriées.
– The Wall Street Journal / Rupert Murdoch (2025) : Plainte pour diffamation de 10 milliards de dollars concernant des articles sur ses liens supposés avec Jeffrey Epstein (rejetée initialement faute de preuve d’intention malveillante).
– CBS News / Paramount (2024) : Poursuite de 20 milliards de dollars accusant l’émission 60 Minutes de montage trompeur d’une interview de Kamala Harris. L’affaire s’est conclue par un accord financier au bénéfice de sa bibliothèque présidentielle.
– ABC News / George Stephanopoulos (2024) : Poursuite pour diffamation après que le présentateur a affirmé à l’antenne que Trump avait été reconnu coupable de « viol » (au lieu d’agression sexuelle/diffamation dans le procès E. Jean Carroll). L’affaire a fait l’objet d’un accord amiable.
– CNN (2022) : Plainte pour diffamation réclamant 475 millions de dollars, reprochant à la chaîne d’utiliser des termes comme « Big Lie » (le Grand Mensonge) ou d’établir des comparaisons avec Hitler. La plainte a été classée sans suite par un juge fédéral en 2023.
– The Washington Post (2020) : Plainte déposée durant sa campagne, rejetée par la justice en 2021.
– The New York Times (2020) : Poursuites visant une tribune d’opinion sur l’ingérence russe, rejetées en 2021.
– Des Moines Register (2020) : Action en justice intentée contre le journal de l’Iowa pour la publication d’un sondage trompeur
Auteurs, personnalités politiques et organisations
– Comité du Prix Pulitzer (2022) : Action en justice réclamant l’annulation des prix décernés au New York Times et au Washington Post pour leur couverture de l’enquête russe.
– Hillary Clinton et le DNC (2022) : Plainte au civil accusant le Parti démocrate et Hillary Clinton de complot et diffamation autour des accusations de collusion avec la Russie. Le juge a rejeté la plainte et infligé près d’un million de dollars de sanctions à Trump et son avocat pour procédure abusive.
– Bob Woodward (2023) : Poursuite de près de 50 millions de dollars visant le journaliste pour la publication des enregistrements audio de leurs entretiens (The Trump Tapes). La plainte a été classée sans suite.
– Timothy O’Brien (2006) : L’un des cas les plus célèbres. Trump a poursuivi l’auteur du livre TrumpNation pour 5 milliards de dollars, l’accusant d’avoir sous-estimé sa fortune personnelle (évaluée par l’auteur entre 150 et 250 millions de dollars). L’affaire a été définitivement classée en faveur de l’auteur en 2011.
– Bill Maher (2013) : Plainte de 5 millions de dollars déposée après que l’humoriste a plaisanté en proposant de verser cette somme à une œuvre de charité si Trump prouvait qu’il n’était pas le fils d’un orang-outan. Trump a retiré sa plainte huit semaines plus tard.
Le rapport du CAP (The Trump Administration’s $1.7 Billion National Guard Deployments Fail To Reduce Urban Crime)
L’administration Trump revendique que le déploiement de la Garde nationale dans plusieurs villes américaines (Los Angeles, Washington D.C., Memphis, La Nouvelle-Orléans, ainsi que Chicago et Portland) a permis de réduire la criminalité. Toutes ces villes sont dirigées par des démocrates. Or, une analyse du CAP montre qu’il n’existe aucune preuve statistique de cet effet.
Dans presque tous les cas, aucun effet statistiquement significatif du déploiement de la Garde nationale sur la criminalité n’a été détecté. Seule Memphis affiche un résultat significatif : une baisse initiale de la criminalité violente, mais suivie d’une remontée qui efface cet effet en deux mois – suggérant, au mieux, que l’intervention n’est pas une solution durable.
La baisse générale de la criminalité dans ces villes avait en réalité commencé avant les déploiements, dès 2023-2024.
Les déploiements ont déjà coûté environ 496 millions de dollars en 2025 (selon le Congressional Budget Office). Si les déploiements actuels se poursuivent jusqu’à fin 2026 aux niveaux demandés, la facture totale dépasserait 1,7 milliard de dollars.
Le rapport conclut que ces déploiements, coûteux et impopulaires, n’ont pas amélioré la sécurité publique et relèvent davantage d’une démonstration de force politique que d’une politique efficace de lutte contre la criminalité.