Ce sont peut-être les élections de mi-mandat les plus structurantes de ces dernières années. L’affirmation peut sembler superfétatoire et grandiloquente dans la mesure où elle est souvent utilisée. Mais cette fois, les raisons sont différentes.
Petit retour en arrière.
En 2016, alors qu’il a gagné la présidentielle grâce au système baroque des Grands Électeurs, mais perdu le vote populaire, Donald Trump met en doute l’intégrité des élections. Les multiples déclarations n’ont pas d’incidence puisqu’il s’installe à la Maison-Blanche. Mais le poison est injecté : semer le doute dans les esprits.
En 2020, il perd les élections et favorise une véritable insurrection avec l’attaque du Capitole du 6 janvier 2021, le jour où le Congrès était censé confirmer les votes des Grands Électeurs. Depuis, il nie toujours avoir perdu au motif que les élections auraient été frauduleuses. Et tout républicain qui prétend un poste ou un soutien doit le suivre dans cette voie.
Pour les élections de 2024, la crainte était forte que si Donald Trump ne gagne pas les élections, il en conteste les résultats. Ce ne fut pas le cas puisqu’il les a gagnées. Mais cela ne l’empêche de continuer à semer le doute sur l’intégrité des élections dans les esprits à la fois pour initier des mesures destinées à favoriser les républicains et de pouvoir agir lorsque le besoin pourrait s’en sentir.
Ce qui est en jeu
La Chambre des représentants
Les 435 sièges sont en jeu car la Chambre est renouvelée en totalité tous les deux ans. Les républicains détiennent un très courte majorité de quatre sièges, mais cela suffit pour que Donald Trump fasse absolument ce qui lui plaît puisque tous les républicains enregistrent les décisions du président le doigt sur la centure du pantalon. La séparation des pouvoirs s’est transformée en absorption du Législatif par l’Exécutif.
Les élections des représentants s’effectuent dans des circonscriptions.
| Parti | Nombre de sièges |
| Démocrate | 212 |
| Républicain | 218 |
| Indépendant | 1 |
| Sièges vacants | 4 |

Sénat
33 sièges sur les 100 sont en jeu (le Sénat est renouvelé par tiers) auxquels il faut ajouter 2 sièges dans des élections spéciales Sur ces 33 sièges, les républicains en détiennent 20 et les démocrates. Sur le papier, les élections sont plus difficiles pour les républicains parce qu’ils ont plus de sièges à défendre et plus à perdre.
Il y aura en plus deux élections spéciales pour le Sénat américain, en même temps que les élections de mi-mandat du 3 novembre :
– Ohio : il s’agit de remplacer J.D. Vance, qui a quitté son siège lorsqu’il est devenu vice-président. Le gouverneur a nommé Jon Husted pour assurer l’intérim. L’élection spéciale permettra d’élire quelqu’un pour terminer les deux années restantes du mandat de Vance.
– Floride : même mécanisme pour remplacer Marco Rubio, devenu secrétaire d’État. Ashley Moody a été nommée sénatrice par intérim. L’élection du 3 novembre désignera celui ou celle qui terminera les deux années restantes du mandat.
Et il y a une troisième situation particulière en Caroline du Sud : après la mort de Lindsey Graham en juillet 2026, une élection spéciale est également organisée pour son siège, mais elle se confond pratiquement avec l’élection sénatoriale de novembre puisque Lindsey Graham avait déjà obtenu l’investiture républicaine.
À la suite des élections générales de 2024, les républicains ont remporté une majorité de 53 contre 45 à la chambre. De plus, deux indépendants s’allient aux démocrates. Soit un rapport de force de 53-47. Il faut donc que les démocrates gagnent quatre sièges et n’en perdent aucun s’ils souhaitent récupérer la majorité de la chambre haute. Mais de nombreuses élections ne sont pas réellement compétitives.

Le site Ballotpedia suit 12 sièges en tant que courses clés en 2026. Les démocrates contrôlent trois de ces sièges, et les républicains neuf.
Les démocrates défendent deux sièges dans des États que Donald Trump (R) a remportés lors de l’élection présidentielle de 2024. Ces États sont la Géorgie et le Michigan. Les républicains défendent un siège dans un État que Kamala Harris (D) a remporté lors de l’élection présidentielle de 2024. Cet État, c’est le Maine.

Gouverneurs des États
Les postes exécutifs d’État en jeu dans les élections de novembre comprennent 36 sièges de gouverneur, 31 sièges de lieutenant-gouverneur, 30 de procureur général et 26 de secrétaire d’État.
En incluant les courses de liste inférieure, 295 postes exécutifs d’État sont en jeu dans 43 États en 2026.
À l’approche des élections de 2026, l’équilibre partisan des responsables exécutifs de l’État au niveau national est le suivant :
– 24 gouverneurs démocrates et 26 gouverneurs républicains
– 21 lieutenants-gouverneurs démocrates et 24 lieutenants-gouverneurs républicains
– 22 procureurs généraux démocrates, 27 procureurs généraux républicains, un procureur général non partisan
– 22 secrétaires d’État démocrates 25 secrétaires d’État républicains
Les exécutifs d’État agissent à de nombreuses fonctions selon les pouvoirs qui leur sont conférés par leurs constitutions d’État. Ils sont également chargés de mettre en œuvre et d’appliquer les lois adoptées par les législatures des États. Il y a 748 sièges de direction répartis sur 13 types de bureaux distincts aux États-Unis.
Sur les 13 postes exécutifs, seuls sept existent dans les 50 États : gouverneur, procureur général, surintendant des écoles, commissaire aux assurances, commissaire à l’agriculture, commissaire au travail et commissaire aux services publics.

Les Congrès des États
Au 25 août 2026, les républicains contrôlaient 55 % de tous les sièges législatifs de l’État au niveau national, tandis que les démocrates détenaient un peu de 44 %. Les républicains détenaient la majorité dans 57 chambres, et les démocrates dans 39 chambres. Deux chambres (la Chambre des représentants de l’Alaska et le Sénat de l’Alaska) ont été organisées sous des coalitions multipartites et de partage du pouvoir. Une seule chambre (la Chambre des représentants du Minnesota) était partagée à parts égales entre les deux partis.

