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Les Américains et les idéaux de la déclaration d’indépendance

“When in the Course of human events, it becomes necessary for one people to dissolve the political bands which have connected them with another, and to assume among the powers of the earth, the separate and equal station to which the Laws of Nature and of Nature’s God entitle them, a decent respect to the opinions of mankind requires that they should declare the causes which impel them to the separation.

We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal, that they are endowed by their Creator with certain unalienable Rights, that among these are Life, Liberty and the pursuit of Happiness”.

Tel est le début de la déclaration de l’indépendance qui énonce les trois droits inaliénables de l’Homme : Life, Liberty and the pursuit of Happiness. Cette déclaration qui marque le point culminant de la rupture entre les Treize Colonies et la Couronne britannique n’est pas tombée du ciel mais est le résultat d’un éloignement progressif des deux parties.

Qu’auraient pensé les principaux rédacteurs – Thomas Jefferson, John Adams, Benjamin Franklin, Robert Sherman et Robert Livingston – de la situation actuelle. Nul ne le sait. A contrario, que pensent les Américains 250 ans après la publication de ce document fondamental ? C’est ce qu’a cherché à savoir l’institut Quinnipac en menant une enquête sur la santé démocratique américaine dont elle fait un bilan contrasté et plutôt. Et comme les Etats-Unis sont dirigées par une administration républicaine (plutôt MAGA qui n’a plus grand-chose à voir avec le parti républicain traditionnel), les républicains ont une vision plus positive et plus optimiste. C’est là un biais fréquent noté par les enquêtes d’opinion.

À l’occasion du 250e anniversaire de la Déclaration d’Indépendance, le sondage Quinnipiac livre un bilan sombre et contrasté de la santé démocratique américaine.

L’idéal fondateur en échec

Seulement 35 % des Américains estiment que les États-Unis vivent à la hauteur des principes d’égalité et de liberté inscrits dans la Déclaration. Si les Etats-Unis sont un “experiment” comme aiment à la répéter nombre de politiciens, il y a encore du travail à faire pour atteindre l’objectif originel.

La fracture partisane est abyssale : 70 % des républicains y voient un idéal respecté, contre seulement 11 % des démocrates.

La démocratie jugée en panne

57 % des sondés considèrent que le système démocratique ne fonctionne pas – un bond significatif par rapport à mars 2024, où les avis étaient encore partagés (49 % contre 45 %). Les jeunes sont les plus critiques : 64 % des 18-34 ans portent ce jugement négatif. Malgré ce pessimisme, 68 % des Américains restent convaincus que la démocratie ne disparaîtra pas de leur vivant.

La liberté d’expression divise selon le camp

53 % se disent optimistes quant à la protection de la liberté d’expression, mais là encore le clivage partisan est net : 75 % des républicains sont optimistes sur cette question, 35 % seulement chez les démocrates non.

La fierté nationale résiste, mais s’effrite avec l’âge

73 % des Américains se disent fiers de leur pays, chiffre qui monte à 91 % chez les plus de 65 ans mais chute à 56 % chez les 18-34 ans, signe d’un décrochage générationnel préoccupant.

L’avenir : optimisme pour les républicains, doute chez les démocrates.

La moitié des Américains (50 %) pensent que le meilleur est encore à venir pour le pays. Mais l’écart entre républicains (62 % optimistes) et démocrates (49 % pessimistes) illustre à quel point la perception de l’avenir national est désormais filtrée par l’appartenance partisane.

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