« Tout être bien portant est un malade qui s’ignore » aime à dire le docteur Knock. « Tout enfant vacciné est un autiste qui s’ignore. » pourrait reprendre RFK Jr, ministre de la santé de Donald Trump, qui a réussi à le convaincre de publié un EO distillant de nouvelles recommandations sur le vaccination des enfants.
RFK Jr qui veut rendre l’Amérique en bonne santé (Make America Healthy Again) a fini par convaincre son président à publier ce décret qui pousse de nouvelles « Gold Standard Chldhood Vaccine Recommandations ».
Le texte, intitulé « Delivering Gold Standard Childhood Vaccine Recommendations for Americans », réduit de 18 à 11 le nombre de maladies contre lesquelles la vaccination systématique est recommandée pour tous les enfants, reclasse plusieurs vaccins (RSV, hépatite A/B, méningocoque B, méningocoque ACWY, dengue) dans une catégorie réservée aux enfants « à haut risque », et recommande de séparer le vaccin combiné ROR (rougeole-oreillons-rubéole) en trois injections distinctes, administrées lors de rendez-vous séparés le décret limite le nombre de vaccins recommandés pour les enfants et les répartit par catégories, certains étant recommandés pour tous les enfants et d’autres uniquement pour les enfants considérés à haut risque.
Ce décret est l’aboutissment d’un processus qui percolait depuis de long mois.
En février 2025, juste après son entrée à la Maison-Blanche, Donald Trump signe un décret créant la « Make America Healthy Again » (MAHA) Commission, présidée par Robert F. Kennedy Jr., nommé secrétaire à la Santé (HHS) malgré son passé de militant anti-vaccin de longue date.
En décembre 2025, un mémorandum présidentiel lance le processus d’alignement du calendrier vaccinal infantile américain sur les « meilleures pratiques des pays pairs, développés ».
En mai 2026, un premier décret, « Realigning United States Core Childhood Vaccine Recommendations With Best Practices From Peer, Developed Countries », EO 14407) formalise cet objectif de réalignement.
Mais on le sait, aux Etats-Unis tout commence ou tout finit par la justice. Un juge fédéral de Boston avait suspendu, deux mois avant, des changements de politique vaccinale portés par Robert Kennedy. Le nouveau décret du 10 août pourrait être conçu pour « contourner » cette décision de justice, en rouvrant la question de savoir qui doit définir le risque médical acceptable pour les enfants : experts, élus, médecins ou parents.
RFK Jr revient donc à la charge via son président avec ce nouveau décret qui s’inscrit dans les efforts de l’administration Trump pour remodeler le calendrier vaccinal infantile sous l’impulsion du secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr., sceptique vaccinal de longue date.
L’idée centrale est que le calendrier vaccinal américain serait disproportionné par rapport aux pays comparables, et que l’alignement sur ces standards serait scientifiquement justifié. C’est le socle officiel et le plus présentable du décret.
Le texte se présente comme redonnant aux parents le pouvoir de décision via la catégorie de « décision clinique partagée », en opposition à une logique de recommandation uniforme jugée trop contraignante. Il est vrai que l’ère des experts a disparu sous l’administration Trump.
Le décret relie faussement les vaccins à l’autisme. Trump lui-même a insisté sur ce point lors de la signature : « including autism in particular », bien que le texte du décret n’en fasse pas mention explicite. Cette idée trouve son origine dans l’étude de 1998 d’Andrew Wakefield, qui avait établi un lien (depuis rétracté et démenti) entre le vaccin ROR combiné et un risque accru d’autisme ; Wakefield, dont la licence médicale a été révoquée au Royaume-Uni, a vu ses positions regagner en visibilité sur les réseaux sociaux, alimentées par les publications de Trump lui-même.
L’EO développe l’idée que la combinaison des vaccins « surchargerait » le système immunitaire. C’est l’argument invoqué pour justifier la séparation du ROR en trois injections. Trump avait déjà publié sur son réseau social que ce vaccin devait être divisé « en trois injections totalement séparées », sans fournir de preuve scientifique, cette position reposant selon ses propres mots sur ce qu’il « ressent ». Cette idée est directement contredite par les données du CDC lui-même, comme signalé précédemment.
Pour donner de la puissance à son contenu, Le décret souligne que les États-Unis font partie d’une minorité de pays pairs à imposer des obligations vaccinales (au niveau des États) pour l’entrée à l’école, ce qui s’inscrit dans une critique plus générale de l’autorité fédérale/étatique en matière de santé publique, chère au mouvement MAHA.
Les critiques des professionnels
American Academy of Pediatrics (AAP)
Son président, le Dr Andrew Racine, a été l’un des critiques les plus virulents. Il a dénoncé ce décret alors que les cas de rougeole atteignent un niveau inédit depuis 35 ans. Selon lui, le texte “ne fera rien pour aider les familles d’enfants autistes ni pour faire progresser la compréhension” de cette pathologie, et vise en réalité à “semer la confusion pour que davantage de gens doutent de l’importance des vaccins”.American Medical Association (AMA)
Son président a affirmé que les nouvelles recommandations de Trump mettent “en danger la santé des enfants”, rappelant que l’AAP recommande les vaccins “en fonction des risques spécifiques de maladie et de l’organisation des soins de santé aux États-Unis”, contrairement à l’approche retenue par le décret. Il a aussi réaffirmé que des décennies d’études scientifiques n’ont montré aucun lien entre vaccins et autisme.CDC
Un article du CDC datant de 2024, toujours en ligne lundi après-midi, indiquait qu'”aucune preuve scientifique publiée” ne montrait de bénéfice à séparer le vaccin combiné ROR en trois injections distinctes, et que les vaccins ne “surchargent” pas le système immunitaire d’un bébé.Sénateur Bill Cassidy
Il a qualifié le décret d'”erroné”, une critique notable venant du propre camp politique de Trump. Mais c’est trop tard et il a beau jeu de se défausser de ses responsabilités. Bill Cassidy, sénateur républicain de Louisiane et médecin de longue date, était celui qui avait le plus ouvertement mis en doute les qualifications de Kennedy, mais a finalement voté pour le confirmer. Il détenait la voix décisive en commission Finance (14-13, vote strictement partisan), puis a voté oui en séance plénière, contribuant à sa confirmation par 52 voix contre 48.