Le pape ne suffisait pas au tableau de chasse du président américain.Il lui fallait aussi accrocher Georgia Meloni
Ci-dessous un petit résumé de l’affaire
Georgia Meloni ne s’est pas laissé faire et a remis en place le locataire de la Maison-Blanche.
Le quotidien Libero a réagi brutalement à la petite attaque mesquine de Donald Trump contre Georgia Meloni à l’occasion du G7, une attaque digne d’une cour de récréation du primaire si elle n’était plus en fait en ligne avec le caniveau.
Ci-dessous, quelques Unes suscitées par cet incident.

Une affaire qui m’a inspiré une petite nouvelle (avec l’aide de Claude). On n’arrête pas de dire qu’il faut flatter pour essayer de l’amadouer. Et cela semble être la stratégie de l’ensemble des dirigeants du monde entier. Mais finalement, ça ne semble pas fonctionner très bien.Mais il est sans doute trop tard. Il aurait fallu le faire il y a bien longtemps.
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Pendant des années, Concetta avait laissé faire.
Pas par faiblesse, il fallait bien comprendre ça. Concetta De Luca n’était pas femme à se laisser marcher dessus. Elle avait élevé trois enfants seule après que son mari avait décidé qu’une Napolitaine de quarante ans, avec des hanches larges et une opinion sur tout, était un fardeau trop lourd à porter. Elle avait tenu une épicerie pendant vingt-deux ans. Elle avait survécu à sa belle-mère. Non. Si elle avait laissé faire, c’est parce que tout le monde lui avait dit de laisser-faire.
Donato avait sept ans quand les problèmes avaient commencé, et maintenant il en avait douze, et les problèmes avaient grandi avec lui, comme une mauvaise herbe qu’on arrose par inadvertance. À l’école, il interrompait les professeurs. Pas pour poser des questions intelligentes, mais pour les corriger, pour les défier, pour jouir de l’effet que ça produisait sur la classe. Il avait un talent particulier pour repérer la faille dans n’importe quel discours et l’enfoncer avec une grande détermination. Et peu importe qu’il ait raison ou tort – il avait tort le plus souvent – ce qui rendait la chose encore plus insupportable.
À la maison, il embêtait sa sœur Carmela jusqu’aux larmes, chipait les affaires de son frère Marco, et lorsqu’on lui demandait pourquoi, il haussait les épaules avec un sourire en coin qui signifiait parce que je peux.
Le conseiller pédagogique, un homme aux lunettes rondes qui sentait le café froid, avait reçu Concetta en octobre.
« Donato est un enfant très doué, avait-il dit en joignant les mains. Il a besoin d’être compris. »
« Il a besoin d’être arrêté », avait répondu Concetta.
L’homme aux lunettes rondes avait souri avec la patience épuisante de quelqu’un qui croit avoir raison. « Madame De Luca, la punition ne fait que fermer les enfants sur eux-mêmes. Il faut dialoguer. Valoriser. Créer un espace de confiance. »
Concetta était rentrée chez elle avec une liste de recommandations imprimée sur papier recyclé.
Elle avait essayé.
Dieu sait qu’elle avait essayé.
Elle avait valorisé. Elle avait dialogué. Elle avait créé un espace de confiance qui ressemblait surtout à un espace où Donato faisait ce qu’il voulait pendant que les adultes autour de lui expliquaient patiemment pourquoi ce n’était pas très gentil.
Marco, dix-sept ans, avait développé une philosophie : ne rien dire, ne rien voir, mettre ses écouteurs. Carmela, quatorze ans, passait ses week-ends chez sa meilleure amie. La voisine du dessous, Madame Ferrante, avait pris l’habitude d’apporter des biscuits à Donato quand elle le croisait dans l’escalier, dans l’espoir que la douceur calmerait la bête. Donato prenait les biscuits et continuait à faire jouer au ballon dans le couloir.
Le professeur de musique avait proposé des cours de guitare. « Les enfants comme Donato ont besoin d’un exutoire créatif. »
Donato avait pris six leçons, déclaré que le professeur ne savait pas ce qu’il faisait, et abandonné.
Ce fut un samedi matin de juin qui changea tout.
Concetta rentrait du marché avec deux sacs lourds quand elle entendit, depuis le palier, les cris de Carmela et le rire de Donato. Elle poussa la porte. Carmela était en larmes devant son téléphone brisé — Donato le lui avait fait tomber des mains, par accident, bien sûr, avec ce sourire niais dont il avait le secret.
Concetta posa ses sacs. Lentement. Elle regarda son fils.
Donato la regarda en retour avec l’assurance tranquille de quelqu’un qui sait que la tempête va passer, que ça allait se terminer par des explications, par du dialogue, par un espace de confiance, et peut-être même par des pâtes ce soir parce que maman culpabilise toujours un peu.
Quelque chose en Concetta se ferma comme une porte.
« Assieds-toi », dit-elle.
Le ton était nouveau. Donato s’assit.
« Voilà ce qui va se passer », dit Concetta, debout devant lui, sans hausser la voix. « Tu vas rembourser le téléphone de ta sœur avec ton argent de poche. Tous les mois, la moitié. Jusqu’au dernier centime. »
Donato ouvrit la bouche.
« Je n’ai pas fini. Tu ne prends plus tes repas avec nous jusqu’à ce que tu aies présenté des excuses à Carmela, des vraies, pas celles que tu fais avec la bouche. Tu ne joues plus au ballon dans le couloir. Et si j’entends encore une fois le professeur de l’école me parler de toi, tu viens travailler à l’épicerie le mercredi après-midi. »
Silence.
« C’est injuste », dit Donato.
« Probablement », dit Concetta.
Elle attrapa ses sacs et alla ranger ses courses.
Il y eut deux jours de bouderie spectaculaire. Donato mangea ses repas seul dans la cuisine avec l’air d’un martyr du Colisée. Il fit claquer les portes. Il marmonna des choses dans sa barbe pas encore naissante.
Concetta ne dialogua pas. Elle ne créa pas d’espace de confiance. Elle dit très bien et continua à vivre.
Le troisième jour, Donato s’assit à la table du dîner, regarda Carmela, et dit avec des efforts visibles, comme s’il soulevait quelque chose de lourd : « Je suis désolé pour ton téléphone. »
Carmela haussa les épaules. « C’est bon. »
Ce n’était pas grand-chose. Concetta ne fit aucun commentaire, ne le félicita pas, ne parla pas de beau progrès. Elle lui servit des pâtes.
Mais le lendemain, Donato était rentré de l’école sans incident. Et le surlendemain aussi.
Il n’était pas devenu un ange, Concetta n’était pas idiote. Il était encore trop malin pour son propre bien, encore prompt à pointer les contradictions des autres avec une satisfaction à peine dissimulée, encore capable de mettre Marco en rage en trente secondes chrono.
Mais il y avait une différence. Quelque chose de subtil, comme un courant d’air qu’on ne voit pas, mais qu’on sent. Il testait encore les limites, mais il y avait des limites à tester, et ça, visiblement, lui convenait mieux que le vide.
En septembre, le conseiller pédagogique la rappela. « Madame De Luca, je dois dire que Donato a… changé. Qu’avez-vous fait ? »
Concetta réfléchit une seconde.
« J’ai arrêté d’avoir pitié de lui. »
Un silence gêné au bout du fil.
« Ah », dit l’homme aux lunettes rondes.
« Uffa », dit Concetta, et elle raccrocha.