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La tentation des indépendants

Entre les démocrates qui se bousculent (7 candidats à ce jour dont 4 femmes) et les quelques républicains qui hésitent, Howard Schultz « réfléchit sérieusement » à se présenter aux élections de 2020 en tant qu’indépendant. Beaucoup moins connu que la société qu’il a contribué à développer, Starbucks, Howard Schultz est sorti du bois en passant à l’émission 60 minutes en indiquant qu’il se présenterait en tant que « centrist independent » alors même qu’il a été démocrate pendant longtemps.

Les candidats démocrates déclarés à ce jour

S’il poursuivait dans cette direction, ce ne serait pas la première qu’on assisterait à une élection triangulaire avec un démocrate, un républicain et un indépendant. Mais comme le fait remarquer un autre milliardaire, Michael Bloomberg, l’expérience montre que les chances d’un candidat indépendant sont nulles (il y a eu aussi des triangulaires avec deux candidats d’un même parti comme en 1960 avec Harry F. Byrd et John Kennedy, deux candidats démocrates).

Depuis 1960, sur les 15 élections, six ont été disputées avec trois, voire quatre candidats. Mais le plus souvent, les candidats hors système, c’est-à-dire ni démocrates ni républicains, ont fait de la figuration. Les deux candidats qui ont été les plus actifs ont été George Wallace en 1968 contre Richard Nixon et Hubert Humphrey et Ross Perot en 1992 et 1996. George Wallace, démocrate du Sud favorable à la ségrégation, s’est présenté comme American Indépendent. Il a gagné dans 5 états du Sud, 13 % des voix populaires et 45 grands électeurs sur les 537 en jeu. En 1992, Ross Perot, un milliardaire texan s’est également présenté comme indépendant. Il a gagné près de 19 % des voix populaires – le meilleur score jamais remporté par un candidat indépendant – mais aucun grand électeur.

1968

1980

1992

1996

2000

2016

S’ils n’ont quasiment aucune chance de remporter une élection, ils peuvent en revanche faire basculer le résultat d’un côté ou de l’autre. C’est le cas de Ralph Nader (parti vert) qui a peut-être contribué à l’élection de George Bush ou de Gary Johnson (libertarien) et Jill Stein en 2016 qui ont contribué à celle de Donald Trump.

Quelle peut donc être la motivation d’un candidat à se lancer dans une telle aventure ? La notoriété, la célébrité, le frison de la campagne… Cela vaut-il la peine de favoriser la victoire de l’un des deux candidats des deux partis majeurs ? Sans doute pas à moins que ce soit là un objectif réel et non un effet collatéral. C’est le sens de l’intervention de Michael Bloomberg visant à dissuader à mettre son plan à exécution.

Howard Schultz en tiendra-t-il compte ? Difficile à dire et l’intéressé a indiqué qu’il prendra sa décision ce printemps ou pus tard cet été. Mais même s’il a sans doute les moyens de financer sa campagne comme l’aurait pu Michael Bloomberg ou comme l’avait fait Ross Perot, il devra s’appuyer sur un parti qui n’a aucune existence au niveau national pour mener campagne.

Donald Trump n’a pu s’empêcher de commenter cette candidature (peut-être parce que Howard Schultz est plus riche que lui ?). Le tweet qu’il a publié en début de semaine est un condensé de la malfaisance du personnage. En moins de 280 caractères, Donald Trump réussit à intégrer :

Le mépris : doesn’t have the « guts »
Le dénigrement : I agree with him that he is not the « smartest person »
Le narcissisme et la fatuité : Besides, America already has that !
La rapacité et la cupidité : I only hope that Starbucks is still paying me their rent in Trump Tower.

Ce tweet n’est-il d’ailleurs pas destiné à piquer au vif Howard Schultz et à le pousser à aller jusqu’au bout pour favoriser sa propre réélection ?

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