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Inside the Campaign and the White House

Le livre n’est pas encore publié qu’il a entraîné une couverture médiatique considérable. Fire and Fury: Inside the Trump White House du journaliste Michael Wolff à paraître le 9 janvier (en fait, l’éditeur a avancé la sortie au 5 janvier) est basé sur quelque 200 interviews sur une période de 18 mois de tous les protagonistes de la campagne de Donald Trump, y compris le président lui-même.

Le livre confirme ce qui se disait couramment lorsque Donald Trump a été élu : il ne souhaitait pas vraiment l’être et concevait la course à la présidence comme un moyen pour accroître sa notoriété et donc son business, basé principalement sur celle-ci. The Trump Organization est une activité de cession de licence qui se fonde essentiellement sur la notoriété du nom Trump. C’est évidemment plus simple et permet à l’entreprise de ne pas se soucier des problèmes liés à la construction de buildings, terrain de golf et aux types de propriétés. Participer à la campagne permettait de stimuler considérablement la marque Trump et donc d’augmenter les royalties à ses futurs clients. Donald Trump était tellement persuadé de ne pas être élu qu’il n’a pas souhaité financer sa propre campagne et concevoir un montage financier au terme duquel il se faisait un prêt à lui-même en espérant bien récupérer ses « billes ».

Son but ultime était donc de finir le meilleur second possible derrière Hillary Clinton, d’engranger les fruits d’un résultat ce qui aurait de toute façon été considéré comme une performance pour un novice en politique qui a brisé tous les codes pendant la campagne. Ce but était conçu pour lui, mais aussi pour sa famille et ses proches conseillers : L’effet “boost” sur les affaires d’Ivanka et Jared était tout aussi efficace. Steve Bannon devenait de facto le chef du Tea Party, Kellyane Conway une star des médias, « Losing was winning » écrit Michael Wolff pour résumer la situation.

Et puis patatras ! Contre toute attente, y compris de l’intéressé et de son entourage, Donald Trump a été élu par le plus grand des hasards ou plutôt grâce au système électoral compliqué.

S’en est suivi la période du président élu – du 8 novembre au 20 janvier, date de son entrée en fonction – et des premiers mois de présidence totalement chaotique marquée par l’impréparation et l’improvisation. Une situation qui s’est améliorée depuis la nomination du Chief of Staff John Kelly. Les extraits du livre qui ont déjà été publiés dans la presse montrent l’ignorance de Donald Trump sur les institutions ou le monde politique, celui qu’il prétendait nettoyer (le slogan « drain the swamp » s’est révélé un discours efficace auprès de sa base).

Sam Nunberg, un proche conseiller, censé lui expliquer la Constitution, raconte qu’il n’a pas pu dépasser le quatrième amendement (il y en a 25). Lorsque Roger Ailes lui propose de prendre John Boehner, le récemment Speaker retraité de la Chambre des Représentants, Donald Trump lui demande qui il est. Lorsque Donald Trump considère choisir son gendre Jared Kushner pour son Chief of Staff, Anne Coulter, soutien indéfectible de Donald Trump et figure du conservatisme remodelé à la mode Trump (arrêt à l’immigration, America First, protectionnisme, plus de multilatéralisme…) est obligée de lui expliquer qu’il ne peut pas nommer quelqu’un de sa famille à ce poste. Bref, Donald Trump pense sans doute qu’il va pouvoir diriger les États-Unis comme sa propre entreprise, sans avoir à prendre en compte les institutions, la séparation des pouvoirs, les us et coutumes et la décence qui vont avec la présidence. Un an après, il ne semble pas encore avoir appris grand-chose et ne veut en faire qu’à sa guise.

Ces nouveaux éléments pourraient accréditer l’idée que Donald Trump n’a pas favoriser de collusion avec les Russes puisqu’il ne considérait pas réellement gagner l’élection. En revanche, du côté des motifs d’entrave à la justice, des liens avec les Russes dans ses propres affaires et des conflits d’intérêts, voire du blanchiment d’argent, il y a certainement beaucoup de matière qui devrait être révélée par l’enquête de Bob Mueller. C’est d’ailleurs sur ces questions que le comportement de Donald Trump est très symptomatique. Il n’a pas publié ses déclarations de revenus pour une bonne raison. Et il a menacé Bob Mueller de ne pas s’aventurer sur ce terrain-là.

L’autre fait majeur de ce livre concerne les déclarations de Steve Bannon sur son ancien patron et surtout sur ses deux conseillers Jared Kushner et Ivanka Trump, respectivement gendre et fille de Donald. On sait qu’il y avait une grande tension entre ces deux clans. Parmi les déclarations lourdes faites par Steeve, on peut mentionner celle où il affirme que la fameuse réunion de juin 2016 avec les Russes à laquelle Don Jr et Jared ont participé est « treasorous and unpatriotic ». La réponse de Donald Trump ne s’est pas fait attendre : « lorsque Steve Bannon a été renvoyé dans la Maison Blanche, il n’a pas perdu son travail, il a aussi perdu la raison » a déclaré le président.

La tonalité qui résonne avec ce livre conforte l’idée largement répandue et confirmée par l’autre livre publié par 27 psychiatres sur la santé mentale de ce président. Un président qui n’a pas cherché à l’être, mais a plutôt participé à la campagne pour s’amuser et contribuer à son enrichissement personnel.

 

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