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François Fillon emboite-t-il le pas de Donald Trump ?

On peut difficilement faire aussi différent que Donald Trump et François Fillon : un milliardaire extraverti ne cachant pas son aversion pour la politique, un personnage qui a passé toute sa vie dans la politique et a exercé toutes les fonctions possibles ou presque et convoitant de franchir la dernière marche pour décrocher la fonction suprême. Le premier y est arrivé contre toutes attentes déjouant tous les pronostics, le second qui avait un boulevard devant lui depuis sa victoire à la primaire des Républicains. Et puis patatras des révélations successives sur des pratiques douteuses sous fond de détournement d’argent public semble lui barrer le chemin. Toutefois, les écarts du dernier semblent bien minces en comparaison des agissements du premier en matière de conflits d’intérêt. Là où Donald Trump compte en milliard, François Fillon joue en division 2 où l’échelle de valeur est le million.

Parmi les similitudes en le président et l’aspirant président, il y a une une sorte d’admiration pour Vladimir Poutine. Mais là encore, François Fillon est un petit joueur. Là où deux enquêtes sont en cours, l’une au FBI et l’autre au Congrès pour déterminer les relations entre les membres de la campagne de Donald Trump avec les hiérarques russes pour savoir si Trump a été élu grâce à leur soutien, on n’a qu’un simple chèque de 50 000 dollars à l’ordre de François Fillon pour avoir organisé une réunion entre un milliardaire arabe et Vladimir Poutine.

 

 

Au point de convergence, des attaques contre le président, précédent aux Etats-Unis en place en France. Après avoir écouté une émission de Fox News, Donald Trump a écrit un tweet affirmant que son prédécesseur l’avait mis sur écoutes (wiretapped my phone). Son porte-parole Sean Spicer qui doit faire le service après-vente a expliqué ensuite que le mot ne devait pas être pris à la lettre. Depuis, James Comey le directeur du FBI, a affirmé sous serment lors de son audition devant la commission du Sénat que rien ne soutenait de telles allégations. D’autres responsables de services de renseignement sont allés dans le même sens. Mais n’y fait, Donald maintient ses affirmations partant du principe que s’il le dit, ça doit être vrai. Dans l’univers de Donald où les alternatives facts sont les étalons de la vérité, la réalité n’est pas liée aux faits.

 

https://www.youtube.com/watch?v=iaJbPWjSTyQ

 

Sous très forte pression depuis quelques semaines, il faut bien le reconnaître, François Fillon s’est-il inspiré de Donald Trump lorsque dans l’émission politique de France 2, suite à l’échange explosif avec l’écrivaine Christine Angot, il a évoqué l’existence d’un cabinet noir qui remonte toutes les informations sensibles au président de la république française, celui qu’il aimerait bien voir comme son prédécesseur. Là ce n’est pas une émission de télévision, mais un livre à paraitre dans lequel il n’a lu que les bonnes feuilles et qui est écrit par des journalistes du Canard Enchaîné. Mais l’affirmation ne relève-t-elle pas du deux poids deux mesures. Car quand il s’agit d’informations du journal le concernant, ce ne sont que des ragots d’officine, et quand il est question d’informations concernant le président en exercice réunies dans un livre, alors elles sont beaucoup plus dignes de confiance.

Mais à la différence de Donald Trump, François Fillon a un sur-moi qui lui permet de rester dans certaines limites.  Le lendemain de ses allégations sur France 2, il a maintenu ses propos tout en leur apportant une certaine correction refusant de parler de complot, mais « plutôt d’un faisceau d’indices de plus en plus convergents… ». Bref, François Fillon a certaines limites et est guidé par la raison. Ce que son alter ego Outre-Atlantique ne semble pas connaître.

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