À l’occasion de la commémoration du 11 septembre 2001, France-Tv diffuse un (excellent) documentaire en trois parties intitulé les États-Unis entrent dans une nouvelle ère : la CIA, les guerres secrètes de l’après 11 septembre.
Si l’on doit se convaincre que George W. Bush a été l’un des pires présidents des États-Unis (après Donald Trump s’entend), il suffit de regarder ces trois excellents épisodes sur l’histoire de la CIA après les événements du 11 septembre. Il a été le jouet actif des marionnettes des néoconservateurs (Donald Rumsfeld et Dicj Cheney), il a utilisé un mensonge d’état pour engager une désastreuse opération en Afghanistan et au Moyen-Orient, apportant le chaos dans ces régions qui n’en avaient vraiment pas besoin. Il a également refusé de voir la vérité qui aurait pu l’empêcher de retenir son action.
L’épisode 1 rapporte l’épisode de Joseph Wilson, alors ambassadeur , et sa femme Valerie Plame, opérant comme agent sous couverture de la CIA.
Petit retour en arrière (avec les sources)
En 2002, la CIA demande à Joe Wilson, diplomate américain, de se rendre au Niger pour vérifier une information selon laquelle l’Irak de Saddam Hussein aurait cherché à acheter du yellowcake (uranium naturel) afin de développer son programme nucléaire. Joe Wilson ne trouva pas d’éléments confirmant cette accusation. (Ethics Unwrapped).
Pourtant, dans son discours sur l’état de l’Union de janvier 2003, George W. Bush affirme, en regardant les Américains dans les yeux, que les Britanniques avaient appris que l’Irak avait récemment cherché à obtenir d’importantes quantités d’uranium en Afrique. Cette affirmation devint ensuite très controversée. (Ethics Unwrapped)
Après l’invasion de l’Irak, Joe Wilson publia le 6 juillet 2003 dans le New York Times une tribune intitulée What I Didn’t Find in Africa, dans laquelle il expliquait que son enquête au Niger ne confirmait pas les accusations concernant l’achat d’uranium par l’Irak. (Washington Post)

Quelques jours plus tard, le 14 juillet 2003, le chroniqueur conservateur Robert Novak révéla publiquement que l’épouse de Wilson, Valerie Plame, agent sous couverture, travaillait pour la CIA dans le domaine de la non-prolifération. Il écrivit également que, selon deux responsables de l’administration, Valerie Plame aurait suggéré que son mari soit envoyé au Niger. (Ministère de la Justice)
Cette révélation provoqua un énorme scandale : Valerie Plame travaillait sous couverture pour la CIA, et la divulgation de son identité pouvait compromettre son travail ainsi que les relations et réseaux qu’elle avait construits. Elle dut finalement abandonner sa carrière opérationnelle. (PBS)
Qui avait donné l’information à Novak ? C’est là que l’affaire devient particulièrement complexe. Novak avait parlé avec plusieurs responsables de l’administration Bush. Il apparut par la suite que Richard Armitage, alors secrétaire d’État adjoint, avait été la source initiale de Novak concernant le fait que la femme de Wilson travaillait pour la CIA. Karl Rove avait également parlé de Plame avec Novak. (Washington Post).
Une enquête fédérale dirigée par le procureur spécial Patrick Fitzgerald fut ouverte pour déterminer si des responsables gouvernementaux avaient illégalement divulgué l’identité d’une agente de la CIA. L’enquête aboutit notamment à la condamnation de Lewis « Scooter » Libby, chef de cabinet du vice-président Dick Cheney, pour parjure et obstruction de la justice, mais personne ne fut finalement poursuivi pour avoir directement divulgué le nom de Plame à Novak. (PBS)
En conclusion, le gouvernement sous la présidence George W. Bush préfère attaquer ses propres citoyens que d’entendre la vérité.
Le premier épisode montre également que l’attaque du 11 septembre avait été facilitée par une sorte de guerre entre les agences de renseignement, notamment la CIA et le FBI. Ce qui a conduit à la l’élaboration du Patriot Act, une loi votée dans l’urgence portant atteinte aux libertés individuelles, pourtant si chères aux Américains. On ne le sait que trop, les lois dans l’urgence ne sont jamais les meilleures. Mais entre sécurité et liberté, après le 11 septembre, les Américains avaient choisi.
Barack Obama est, lui aussi, critiqué, avec sa fameuse ligne rouge qu’il ne fallait pas dépasser : l’utisation des armes chimiques. Bachard El Assad les utilisa, Barack Obama ne fit rien.
Quant à Donald Trump, son accord avec les Talibans et sans consulter le gouvernement afghan en place, a conduit à une retraite en rase campagne des Américains qu’il laissa à son successeur. Pour évidemment le critiquer ensuite.
Épisode 1 – La guerre contre la terreur
Le 11 septembre 2001, les États-Unis entrent dans une nouvelle ère : la CIA, qui avait repéré la menace d’Al-Qaïda sans être écoutée, devient l’un des principaux instruments de la riposte américaine. En Afghanistan, ses agents traquent Ben Laden, tentent d’arracher un accord aux talibans et accompagnent la chute rapide de Kaboul, sans parvenir à capturer leur cible. Mais la lutte antiterroriste déborde vite le cadre afghan : elle sert aussi à justifier la guerre en Irak, malgré les doutes internes et les réserves du secrétaire d’État Colin Powell. En relayant des informations mensongères, la CIA se retrouve au cœur d’une décision qui engage l’Amérique dans une guerre aux fondements fallacieux.

Épisode 2 – Les nouveaux monstres
La guerre en Irak révèle une autre face de la riposte américaine : prisons secrètes et interrogatoires “renforcés” installent la CIA dans une logique de torture qui alimente le ressentiment contre les États-Unis. Loin d’affaiblir le djihadisme, cette stratégie contribue à faire émerger Al-Qaïda en Irak, autour d’Abou Moussab Al-Zarkaoui, nouveau visage de la terreur avant sa mort en 2006. Sous Obama, l’Agence recentre ensuite toute son énergie sur la traque de Ben Laden. Après avoir perdu plusieurs agents dans une opération secrète, la CIA remonte la piste de leur ennemi au Pakistan, localise sa cachette à Abbottabad et ouvre la voie à l’opération Trident de Neptune, qui met fin à dix ans de traque.
Épisode 3 – Une menace mondiale
La mort de Ben Laden ne clôt pas la guerre : la menace djihadiste s’est déjà diffusée bien au-delà de l’Afghanistan. En Syrie, la CIA soutient les rebelles contre le dictateur Bachar El-Assad, mais la guerre civile crée un terrain favorable à Al-Qaïda puis à l’Etat islamique, tandis que les attentats se multiplient dans le monde. Même affaibli territorialement, l’Etat islamique laisse derrière lui un conflit durable. Le retrait américain d’Afghanistan sous Trump se termine par le retour chaotique des talibans et d’Al-Qaïda à Kaboul, tandis que la chute de la Syrie aux mains d’un ancien chef jihadiste symbolise un Moyen-Orient profondément remodelé par vingt-cinq ans de guerres secrètes.