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Aliens venus de l’étranger ou de l’espace ?

Étrange coïncidence : la sortie du film de Steven Spielberg Disclosure Day et la publication du site alien.gov dont le suffixe donne une forte patine publique. Mais là où Spielberg parle d’Ovnis et d’extra-terrestres (un sujet qui le passionne : Rencontre du troisième type, E.T., La guerre des mondes), le site alien.gov parle plutôt des aliens venus de l’étranger qui polluent le sol des États-Unis. De là à ce que Donald Trump explique que même Steven Spielberg lui donne raison…

Entre mensonges et complotismes, Donald Trump navigue en haute mer, mais caresse dans le sens du poil les Américains, nombreux, qui ne cachent pas leur intérêt pour les petits hommes verts venus du monde sidéral et les autres, moins verts, qui viennent seulement de l’étranger.

Dès son premier discours, en 2015 dans la Trump Tower, le candidat à la présidence les qualifiait sans vergogne de voleurs et de violeurs les migrants mexicains. Ensuite, de manière récurrente et obsessionnelle, il répétait ses affirmations à l’emporte-pièce où la réalité est transformée en totale fiction. Durant son premier et second mandat, les déclarations se succèdent, toujours plus extravagantes. On se souvient de sa diatribe lors du débat avec Kamala Harris lors de laquelle il affirme sans rire qu’à « Springfield, ils mangent les chiens… ils mangent les chats… ils mangent les animaux de compagnie des habitants. »

Dans ses saillies à répétition, Donald Trump n’hésite pas à parler de 25, voire 30 millions de migrants illégaux qui se sont installés sur le sol américain. Un nombre impossible (par définition puisqu’ils sont illégaux) à prouver, mais qui reste relativement raisonnable quand on le compare à celui de l’ancien lieutenant de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), Greg Bovino, obligé de démissionner suite aux bavures à Minneapolis, parle de 106 millions d’illégaux aux États-Unis. Rien que ça. Cela représente près de 30 % de la population américaine.

Toujours est-il que Donald Trump pousse toujours sa politique de lutte massive contre l’immigration, sans doute le seul thème qui résonne encore dans l’esprit de sa base MAGA.

La Chambre des représentants a adopté mardi soir, par 214 voix contre 212, un budget de réconciliation de 70 milliards de dollars destiné à financer les opérations de l’ICE et de la Border Patrol jusqu’à la fin du second mandat de Trump. Cela afin de couper l’herbe sous le pied des démocrates qui pourraient reprendre la majorité en novembre prochain.

Le texte, fruit d’un accord en deux parties ayant mis fin à une paralysie budgétaire du département de la Sécurité intérieure (DHS) au printemps, a failli être bloqué par l’aile droite républicaine. Plusieurs élus, dont le Texan Chip Roy, réclamaient davantage de mesures d’immigration codifiées dans le projet. Après des négociations avec le speaker Mike Johnson, Roy a finalement voté pour. Le représentant du Michigan Tim Walberg a été le seul républicain à voter contre, aux côtés de tous les démocrates et du républicain devenu indépendant Kevin Kiley.

Au Sénat, le texte avait déjà suscité des tensions autour d’un fonds de 1,8 milliard de dollars créé par le département de la Justice pour indemniser des victimes présumées de « weaponization gouvernementale » – une mesure controversée, notamment en raison d’éventuels paiements à des condamnés pour les événements du 6 janvier 2021. Les tentatives d’amendements pour bloquer ce fonds, portées notamment par les sénateurs républicains Thom Tillis et Bill Cassidy, ont échoué. Dans une lettre acerbe à ses collègues, Tillis a dénoncé une « erreur non forcée » susceptible de peser sur les élections à venir.

Ci-dessous une liste de déclarations de Donald Trump concernant les migrants

DateDéclarationContexte
Juin 2015« Ils apportent la drogue. Ils apportent le crime. Ce sont des violeurs. » (« They’re bringing drugs. They’re bringing crime. They’re rapists. »)Discours de lancement de sa campagne présidentielle, à propos des immigrés mexicains.
2018Les migrants seraient des « animaux » (« animals »).Déclaration lors d’une table ronde sur l’immigration ; officiellement dirigée contre le gang MS-13, mais souvent réutilisée dans une rhétorique plus large sur les migrants.
2023Les immigrés « empoisonnent le sang de notre pays » (« poisoning the blood of our country »).Discours de campagne sur l’immigration clandestine. Cette formule a suscité de nombreuses comparaisons avec la rhétorique nationaliste du XXe siècle. (The Guardian)
2023-2024Les migrants seraient des « vermines » (« vermin »).Trump a employé ce terme à plusieurs reprises pour désigner ses adversaires et des personnes entrant illégalement aux États-Unis.
Septembre 2024« À Springfield, ils mangent les chiens… ils mangent les chats… ils mangent les animaux de compagnie des habitants. »Débat présidentiel contre Kamala Harris. Les autorités locales ont indiqué n’avoir trouvé aucune preuve crédible de ces accusations visant les immigrés haïtiens. (PolitiFact)
Octobre 2024Trump maintient publiquement les accusations selon lesquelles des migrants mangeraient des animaux domestiques.Lors d’un forum avec des électeurs latino-américains, il refuse de revenir sur ses affirmations malgré les démentis officiels. (Reuters)

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