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Ukraine : la fracture démocrate ?

Dans l’hypothèse de son élection au poste de Speaker de la Chambre des représentants, Kevin McCarthy avait donné le ton sur le soutien des républicains aux Ukrainiens face aux Russes : « if the GOP wins control. His comments were widely seen as a potentially ominous crack in the bipartisan support for the struggling democracy – and a deeply unhelpful signal to Vladimir Putin ». Une position partagée par les républicains MAGA et plus ou moins énoncée par Donald Trump dont l’admiration pour Vladimir Poutine n’avait d’égale que celle pour Xi Jinping ou Kim Jong-Un. Mais qui, jusqu’ici n’est pas celle des républicains plus traditionnels emmenés par Mitch McConnell, chef de la minorité au Sénat et qui espère bien aussi reprendre la majorité dans la chambre haute. Qui va gagner dans cet affrontement entre ces deux positions au sein du parti républicain ? C’est assez incertain.

A ce débat compliqué, vient de s’ajouter la voix d’une trentaine de démocrates progressistes de la Chambre des représentants qui demandent à Joe Biden d’augmenter les efforts sur le volet diplomatique en parallèle du soutien militaire (Dear Mr. President).

« We write with appreciation for your commitment to Ukraine’s legitimate struggle against

Russia’s war of aggression ». Un soutien sur les deux premiers paragraphes qui est rapidement gommé par des demandes de réorientation de la politique actuelle du président américain. « Il est dans l’intérêt de l’Ukraine, des Etats-Unis et du monde d’éviter que ce conflit se prolonge ». Le groupe des progressistes de la Chambre basse demande donc à Joe Biden de compléter l’aide militaire, économique et humanitaire d’un effort diplomatique pour trouver un compromis réaliste d’un cessez-le-feu. Une voix difficile à trouver reconnaissent les auteurs de la missive mais « there is a way to end the war while preserving a free and independent Ukraine, it is America’s responsibility to pursue every diplomatic avenue to support such a solution that is acceptable to the people of Ukraine ».

La lettre développe ensuite les conséquences de la guerre qui sont évidemment tragiques mais curieusement, elle n’explore pas les conséquences liées à un accord mal ficelé qui pourrait notamment laisser les coudées franches aux Russes pour de nouvelles initiatives plus fâcheuses les unes que les autres.

« Il n’est pas question de faire pression sur Volodymyr Zelensky sur des décisions souveraines. En revanche, en tant que législateurs responsables pour les dépenses de milliards de dollars payés par les contribuables, il est de notre devoir d’explorer toutes les possibilités ».

On ne pourrait qu’être d’accord avec ce point de vue car la paix est toujours préférable à la guerre. Mais on ne voit pas de propositions précises dans ce courrier qui sonne un peu comme une alerte pour les démocrates et Joe Biden.

Par aliiers, sans aide américaine, les Ukrainiens ne pourraient sans doute pas tenir longtemps face à la pression russe. 

Anastasiia Lapatina est une journaliste ukrainienne, co-éditeur de Power Lines

Anne Applebaum est journaliste du magazine The Atlantic et autrice de Gulag, iron curtain, red famine

Dante Atkins se présente comme un « Progressive communicator and strategist »

Face à la vive réaction suscitée par cette initiative qui jette un pavé dans la mare démocrate, Pramila Jayapal (D-Wash.), qui est la présidente du groupe des progressistes, a publié un correctif pour atténuer la position affichée dans la lettre originelle : « Let me be clear: we are united as Democrats in our unequivocal commitment to supporting Ukraine in their fight for their democracy and freedom in the face of the illegal and outrageous Russian invasion. Diplomacy is an important tool that can save lives – but it is just one tool. »

Il sûr que plus le temps va passer et plus les voies discordantes vont se faire entendre de plus en plus fortement. En particulier, lorsqu’il s’agira de la question de la Crimée. Et il ne s’agit pas tant de savoir si l’on peut négocier avec Vladimir Poutine mais plutôt ce sur quoi il est prêt à négocier.

En tous cas, la réaction de Nancy Pelosi, ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué, la Speaker de la Chambre des représentants qui assistait à la First Parliamentary Summit of the International Crimea Platform qui s’est tenue à Zagreb déclare dans un communiqué : « On behalf of the Congress, I made absolutely clear that America’s support for Ukraine will continue until victory is won. “Under President Biden, our support for Ukraine – and our determination to defend democracy – is here to stay until victory is won.  Slava Ukraini! »

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