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Retenez-moi où je fais un malheur

Baptisée Opération Epic Fury, le déclenchement de l’opération militaire américaine en Iran s’inscrit dans une escalade majeure qui a débuté au tout début de l’année 2026.

Petit retour en arrière.

Fin décembre 2025, de vastes manifestations éclatent en Iran à la suite de l’effondrement de la monnaie et à l’inflation. Début janvier 2026, le régime de Téhéran coupe internet et réprime violemment les protestations. En réponse, le président américain Donald Trump menace le pouvoir iranien d’une action militaire.

Washington entame alors le plus grand déploiement militaire au Moyen-Orient depuis l’invasion de l’Irak en 2003, mobilisant d’importants moyens aériens et navals (jusqu’à trois groupes aéronavals simultanément dans la zone).

Les services de renseignement américains affirment que l’Iran a relancé son programme nucléaire militaire et développe des missiles à longue portée. Des négociations de la dernière chance menées en février échouent à désamorcer la crise. Washington évoque également des rapports signalant une menace d’attaque imminente de l’Iran par drones contre le territoire américain.

Lors de son discours sur l’état de l’Union du 24 février 2026, Donald Trump affirmait que l’Iran avait relancé son programme nucléaire et développe des missiles capables de frapper les États-Unis, contredisant ses propres déclarations antérieures selon lesquelles le programme avait été « anéanti ».

L’opération militaire débute officiellement en milieu de matinée le 28 février 2026. Elle prend la forme d’une campagne de frappes massives et coordonnées entre les États-Unis (Epic Fury) et Israël (opération Roaring Lion).

Durant les 12 premières heures, près de 900 frappes aériennes et de missiles ciblent les systèmes de défense antiaérienne, les bases de missiles, les infrastructures militaires et les centres de commandement iraniens. Conçu pour frapper le cœur du régime avant que ses dirigeants ne puissent se mettre à l’abri, le raid initial tue le Guide suprême de la Révolution, l’ayatollah Ali Khamenei, ainsi que plusieurs dizaines de hauts responsables politiques et militaires du Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC).

Cette ouverture des hostilités a immédiatement plongé la région dans la guerre. L’Iran a répliqué en lançant des centaines de missiles balistiques et des milliers de drones visant Israël, les bases militaires américaines dans la région (Bahreïn, Qatar, Irak, Koweït) ainsi que plusieurs infrastructures dans les pays du Golfe alliés de Washington. Puis Téhéran a l’idée de bloquer le détroit d’Hormuz, entraînant une crise énergétique mondiale et poussant les États-Unis à mettre en place leur propre contre-blocus naval. Cette initiative donne l’impression que les responsables américaines n’avaient pas envisagé cette riposte pourtant assez simple.

Après une quarantaine de jours de combats intenses, les deux parties ont accepté un cessez-le-feu temporaire début avril 2026 sous médiation pakistanaise et chinoise. Bien que la situation reste extrêmement volatile et marquée par un face-à-face naval tendu, ce coup d’envoi du 28 février a profondément redéfini l’équilibre géopolitique du Moyen-Orient. Et malgré le cessez-le-feu, le détroit d’Hormuz reste toujours fermé.

Depuis, c’est un peu le même refrain que lancine Donald Trump depuis plusieurs semaines : Ouvrez ce détroit, acceptez notre accord, sinon je fais un malheur pour, à la dernière minute, reculer et ne pas reprendre les hostilités.

Le 21 mars 2026, 1ère menace, Donald Trump poste sur Truth Social : « Si l’Iran n’ouvre pas ENTIÈREMENT, SANS MENACE, le détroit d’Ormuz, dans les 48 HEURES à compter de ce moment précis, les États-Unis frapperont et anéantiront leurs différentes CENTRALES ÉLECTRIQUES, EN COMMENÇANT PAR LA PLUS GRANDE. »

Le 23 mars 2026, Douze heures avant l’expiration du délai, Trump annonce sur Truth Social que les deux pays ont eu « des conversations productives » et ordonne au Pentagone de repousser toute frappe pendant cinq jours, sous réserve du succès des discussions en cours.

Le 30 mars 2026 — 2e menace : Puits de pétrole, Kharg Island, dessalinisation
Source : Truth Social
Donald Trump écrit qu’en l’absence d’accord, les États-Unis procèderaient à « l’explosion et l’anéantissement complet de toutes leurs centrales électriques, puits de pétrole et l’île de Kharg (et peut-être toutes les usines de dessalinisation !), que nous n’avons purposément pas encore touchés. »
Quelques heures plus tard, Donald Trump publie un nouveau post indiquant que « de grands progrès » ont été accomplis dans les négociations, mais avertit que si un accord n’est pas conclu rapidement, les États-Unis détruiront les centrales, puits de pétrole et l’île de Kharg.

Le 1er avril 2026 — 3e menace : « Les renvoyer à l’Âge de pierre »
Source : adresse télévisée depuis la Maison Blanche
Dans une allocution en prime time, Trump déclare : « Nous allons les frapper extrêmement fort durant les deux à trois prochaines semaines — nous allons les renvoyer à l’Âge de pierre, là où ils appartiennent. »

Le 4 avril 2026 – 4e menace : nouvel ultimatum 48h
Source : Truth Social
Trump poste : « Vous souvenez-vous quand j’ai donné à l’Iran dix jours pour CONCLURE UN ACCORD ou OUVRIR LE DÉTROIT D’ORMUZ. Le temps presse — 48 heures avant que l’Enfer ne s’abatte sur eux. »

Le 5 avril 2026 – 5e menace : « Power Plant Day and Bridge Day »
Source : Truth Social (post en langage ordurier)
Dans un post rempli de grossièretés, Trump écrit : « Mardi sera le Jour des Centrales électriques et le Jour des Ponts, le tout en un, en Iran. Il n’y aura rien de tel !!! Ouvre le pin de Détroit, espèces de b*** fous, ou vous vivrez en Enfer. » Il précise l’heure : mardi 7 avril à 20h heure de l’Est.

Le 5 avril, Donald Trump avertit également que l’Iran pourrait être « éliminée en une nuit » et fixe une échéance au 7 avril à 20h. Mais des pourparlers diplomatiques sont engagés via le Pakistan.

Le 7 avril 2026 – 6e menace : « Toute une civilisation mourra cette nuit »
Source : Truth Social
Le 7 avril 2026, Donald Trump publie sur Truth Social : « Toute une civilisation mourra ce soir, pour ne jamais être ramenée à la vie. » Il menace de « réduire » l’Iran « à l’Âge de pierre » et de faire mourir « toute une civilisation ce soir » si Téhéran ne satisfait pas aux exigences américaines de rouvrir le détroit d’Ormuz.

Reculade majeure le même soir : En fin de compte, c’est Donald Trump qui a cédé acceptant les 10 points de l’Iran (dont beaucoup objectivement inacceptables) comme base d’un cessez-le-feu et de négociations à venir. Le 8 avril 2026, les États-Unis et l’Iran conviennent d’un cessez-le-feu de deux semaines, négocié par le Pakistan.

Le 19 avril 2026 — 7e menace post-cessez-le-feu
Source : déclarations publiques
Le 19 avril, Donald Trump envoie deux négociateurs au Pakistan, affirmant que les pourparlers prévus représentent la « dernière chance » de l’Iran de trouver un accord. Il menace que l’Iran sera « soufflé » si les négociations échouent, disant que les États-Unis cibleront centrales électriques et ponts.
Reculade le 21 avril : Il annonce qu’il prolonge la trêve avec l’Iran pour laisser le temps à une proposition iranienne d’être soumise, à la demande du Pakistan.

Le 4 mai 2026. 8e menace : « blown off the face of the Earth »
Source : interview Fox News
Donald Trump avertit les forces iraniennes qu’elles seraient « rayées de la surface de la Terre » si elles tentaient de cibler des navires américains dans le détroit d’Ormuz ou dans le Golfe Persique.

Le 5–6 mai 2026 : « Project Freedom » puis reculade à la demande de l’Arabie saoudite
Source : NBC News, CNBC
Le 6 mai, Donald Trump annonce une pause temporaire de l’opération militaire « Project Freedom » visant à rouvrir le détroit d’Ormuz, invoquant de « grands progrès » vers un accord potentiel avec l’Iran.
Mais NBC News rapporte que ce revirement est intervenu après que l’Arabie saoudite, alliée clé dans la région, s’est irritée de l’opération et a suspendu l’autorisation pour l’armée américaine d’utiliser ses bases et son espace aérien.

Le 7 mai 2026 — Menace : frappes « à un niveau et une intensité plus élevés »
Source : Truth Social
Donald Trump avertit l’Iran qu’il fera face à des frappes américaines « à un niveau et une intensité bien plus élevés » à moins qu’il n’accepte de « donner ce qui a été convenu ».

Le 17–18 mai 2026 — Menace : « there won’t be anything left of them » + attaque planifiée annulée
Source : Truth Social, CNN, Al Jazeera
Un jour après avoir dit à l’Iran qu’il « n’en resterait rien » s’il ne concluait pas rapidement un accord, Donald Trump publie qu’il a accepté de surseoir à une attaque prévue le lendemain, cette fois à la demande du Qatar, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, au motif que « de sérieuses négociations sont en cours ».

Donald Trump déclare aux journalistes : « Nous nous préparions à mener une très grande attaque demain. Je l’ai reportée pour un petit moment – peut-être, espérons-le, pour toujours – mais peut-être juste pour un petit moment, parce que nous avons eu de très grandes discussions avec l’Iran. J’ai été demandé par l’Arabie saoudite, le Qatar, les EAU et d’autres de reporter cela de deux ou trois jours, parce qu’ils pensent qu’ils sont très proches de conclure un accord. »

Trump crédite explicitement l’intervention de l’émir du Qatar Tamim bin Hamad Al Thani et du prince héritier saoudien Mohammed bin Salman pour avoir changé sa décision. « J’ai donné instruction au Secrétaire à la Guerre Pete Hegseth, au Président des chefs d’état-major, le général Dan Caine, et aux forces armées américaines de NE PAS procéder à l’attaque planifiée de l’Iran demain », écrit-il.

Les Iraniens sont désormais habitués et sans doute assez immunes à ce que l’on appeler des gesticulations. Les militaires américains doivent subir ces incohérences sans broncher. Cela ne doit pas être facile.

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