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PRÉSIDENTIELLES 2024>S-29 A front renversé

Dans la météorologie des élections 2024, chaque candidat se doit de surveiller des tendances qui pourraient mettre leur élection en question. Toutefois, depuis une quinzaine de jours, le vent semble souffler plus fort dans les voiles de l’embarcation démocrate.

Du côté MAGA, il s’agit de mesurer l’importance du vote protestataire. Si les primaires républicaines n’ont plus d’objet puisque le candidat a réuni le nombre de délégués nécessaires, elles se poursuivent néanmoins et font apparaître un vote résiduel non négligeable pour des candidats qui se sont retirés de la course.

C’est ainsi que lors de dix primaires récentes, plus d’un quart des électeurs des primaires républicaines ont voté pour un candidat autre que Donald Trump. Un phénomène qui n’a pas d’équivalent chez les démocrates. Et qui peut être inquiétant dans la perspective de l’élection générale si ces électeurs maintiennent leur position. Joe Biden pourrait tirer son épingle du jeu en captant tous ces mécontents.

Par exemple, Nikki Haley, qui a suspendu sa campagne il y a un mois, a recueilli plus de 12 %, soit 76 000 voix, dans le Wisconsin. Joe Biden avait remporté par un peu plus de 20 000 voix contre Trump en 2020. Donald Trump a vu une plus grande part de votes de protestation dans le Wisconsin que Biden lors de la primaire démocrate, où 8,3 % des électeurs, soit environ 48 000, ont soutenu le vote « non instruit » pour protester contre la gestion par Biden de la guerre entre Israël et le Hamas.

Dans un autre État clé de l’élection générale, l’Arizona, Nikki Haley a remporté environ 18 % des voix lors de la primaire du GOP le mois dernier, bien qu’elle ait suspendu sa campagne à mi-chemin du vote anticipé.

Par ses discours successifs, Donald Trump indique clairement qu’il n’est pas intéressé à tendre la main aux indépendants ou aux républicains modérés. Il devra peut-être infléchir ses propos si cette évolution se poursuit. D’ailleurs, c’est un peu ce qu’il fait en ce moment à propos de l’IVG, un sujet qui pourrait faire la différence et faire du tort à sa candidature. Là où il se gargarisait d’avoir nommer les trois juges à la Cour Suprême qui ont permis d’invalider l’arrêt Roe v. Wade, il adoucit désormais sa position.

Si Joe Biden pourrait être le premier président démocrate depuis Al Gore à gagner le vote des boomers (Boomers deliver surprise strength for Biden), Il est en train de perdre du terrain auprès des Hispaniques.

La popularité de Joe Biden auprès des Hispaniques chute alors que celle des démocrates augmente. Ils semblent s’être progressivement aigris à l’égard du président Biden tout en se rapprochant de l’ancien président Trump même s’ils ont tendance à se rapprocher des démocrates sur plusieurs questions clés.

De nombreux Hispaniques – un bloc électoral crucial et en croissance rapide, en particulier dans les États pivots du Nevada et de l’Arizona – semblent aimer les idées des démocrates plus qu’ils n’aiment Joe Biden. Autre signe troublant pour le candidat-président : le soutien des Hispaniques à Trump augmente malgré sa rhétorique raciste persistante  sur les immigrants – et comme de nombreux Latinos reconnaissent s’inquiéter du fait que la rhétorique et les politiques anti-immigrés telles que le vœu de Trump d’expulser 1 million de migrants pourraient les mettre en danger.

L ‘avantage de Joe Biden sur Donald Trump parmi tous les Latinos a fondu en passant de 29 points après la première année de mandat de Biden (53-24) à seulement 9 points (41-32), dans un contexte de frustrations liées à l’inflation et à la criminalité.  Et l’avance de Joe Biden se réduit encore plus – 3 points – parmi les Hispaniques ayant déclaré qu’ils prévoyaient de voter en novembre.

Alors que les démocrates voient en RFK Jr un possible « spoiler », c’est-à-dire un candidat qui pourrait lui coûter des voix dans des états clés et ainsi lui coûter la victoire, Donald Trump a posté une vidéo sur son réseau social dans lequel il conseille aux démocrates de voter pour ce candidat.

Pour les jours à venir, l’agenda du candidat républicain va être bien chargé car son procès concernant le versement de 150 000 dollars pour acheter le silence de la star du porno avant les élections s’ouvre lundi. Et comme il s’agit d’un procès au pénal, il est obligé d’y assister. Dans un récent billet, Robert Reich, ancien ministre du travail de Bill Clinton et professeur de sciences politiques à l’université de Berkely exhorte la presse de ne pas le dénommer “hush money” case. « Although this case is commonly called the “hush money” case and referred to as Trump’s “coverup of a sex scandal,” this way of describing it minimizes its importance.

This case is really an election interference case — just as are the criminal cases charging him with seeking to overturn the results of the 2020 election. Together, they establish an ongoing pattern: Trump will do anything to gain and keep power, even if his actions violate the nation’s laws.

This case alleges that in 2016 Trump arranged to pay off an adult entertainer in order to hide his affair with her from the public. The important thing to keep in mind is that the money was given to protect Trump’s campaign for the presidency — not to protect his marriage or protect him from personal embarrassment”. 

Cornel West, le candidate d’extrême-gauche (si tant est l’expression peut s’appliquer aux Etats-Unis) a choisi la candidate à la vice-présidence. Il s’agit Melina Abdullah, ancienne présidente du département des Pan-African Studies de l’université de Californie et aujourd’hui activiste de Black Lives Matter. “I wanted to run with someone who would put a smile on the face of Fannie Lou Hamer[i] and Martin Luther King Jr. from the grave,” a-t-il déclaré.


[i] Fannie Lou Hamer (6 octobre 1917 – 14 mars 1977), née Fannie Lou Townsend, est une militante américaine des droits civiques.

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