Les élections de mi-mandat (midterms) devraient donner une assez large majorité aux démocrates à la Chambre des représentants qui est renouvelée en totalité et pourraient bien donner une majorité au Sénat (34 sièges à renouveler). D’abord parce que c’est une règle de la politique américaine qui se vérifie assez régulièrement : le parti du président en exercice perd presque toujours des sièges au Congrès.
Résultats des Midterms (1994 – 2022)
| Année | Président | Parti | Chambre (435 sièges) | Sénat (100 sièges) |
| 1994 | Bill Clinton | Démocrate | -54 | -8 |
| 1998 | Bill Clinton | Démocrate | +5 | 0 |
| 2002 | George W. Bush | Républicain | +8 | +2 |
| 2006 | George W. Bush | Républicain | -30 | -6 |
| 2010 | Barack Obama | Démocrate | -63 | -6 |
| 2014 | Barack Obama | Démocrate | -13 | -9 |
| 2018 | Donald Trump | Républicain | -40 | +2 |
| 2022 | Joe Biden | Démocrate | -9 | +1 |
Les deux élections qui ont été les plus catastrophiques pour le parti du président ont été 1994 avec l’arrivée de Newt Gingrich à la Chambre des représentants et son Contrat avec l’Amérique qui préfigurait l’arrivée du mandat Trump : respectivement – 54 et 8 sièges. Celle de 2010, qui intervenait après la crise financière de 2008/2009 portée par le Tea Party et sa réforme de la santé que les républicains n’ont jamais pu « avalée », a été tout aussi calamiteuse pour Barack Obama, avec – 63 et – 6 sièges.
L’autre raison qui devrait confirmer cette Beresina à venir est que le taux de popularité de Donald Trump est au plus bas et un des plus bas de celui recueilli par les présidents depuis la Seconde Guerre mondiale.
Cette défaite à venir pourrait être modifiée par les mesures « habituelles » : Gerrymandering, réduction de bureaux de vote dans des quartiers choisis, intimidation en détachant des forces de l’ICE, limitation du vote par correspondance, etc.
Mais alors que Donald Trump a caressé à plusieurs reprises l’idée d’un troisième mandat, il a également laissé la possibilité que cette élection ne puisse se tenir dans la mesure où les conditions ne seraient pas réunies (Midterms : les conditions ne sont pas réunies). Au-delà de la fiction, certains analystes partagent leur inquiétude et pas des moindres. C’est le cas de Gérard Araud, ancien ambassadeur de France aux États-Unis et de l’historien Timothy Snyder pour qui il faudrait se préparer à l’impensable.
Qu’est-ce qui va se passer au moment des élections législatives ? interroge Gérard Araud. On s’attend à ce qu’il essaie de truquer les élections, un comble pour ce pays qui est la plus vieille démocratie du monde ? Par exemple en établissant l’état de siège sous prétexte qu’il y a des violences…
Timothy Snyder, Chair of Modern European History at the Munk School of Global Affairs and Public Policy at the University of Toronto discuss the stunning defeat of Hungarian Prime Minister Viktor Orbán after 16 years in power and what it means for democracy here at home. We talked about the role of protest movements, why everyday organizing matters more than you might think, and the very real lessons Americans can take from Hungary’s opposition playbook. We also got into Christian nationalism and its growing grip on the Republican Party, the Trump administration’s self-serving corruption and how to talk about it, and Tim’s warning that the lead-up to November could bring tactics we need to be ready for, including what he believes may be a recruitment effort for something like a coup. It was one of the most clarifying and, frankly, galvanizing conversations I’ve had, and I think you’ll feel the same way.