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Et la poliomyélite resurgit

Une épidémie de poliomyélite éclate dans le district italien de Newark et se propage rapidement dans d’autres zones de la ville. Rapidement des enfants du centre de Bucky tombent malades et trois d’entre eux meurent en quelques jours. Bucky tente alors d’assumer son rôle d’encadrement : son combat sera de réconforter, protéger ces enfants, et tenter de consoler les familles frappées. La présence de son futur beau-père, un médecin, lui permet aussi de rationaliser un peu la situation et de ne pas céder à la panique qui petit à petit envahit les familles de condition modeste.

Qui aurait pu penser que l’intrigue de Némésis, le roman de Philippe Roth, serait à nouveau d’actualité.

Depuis plus de deux ans, la Covid est devenu le symbole des maladies infectieuses et reste toujours au cœur de l’actualité. Puis, la variole du singe est arrivée il y a quelques mois. Et voici que la poliomyélite fait un retour plutôt inattendu.

Le 21 juillet, les responsables de la santé publique ont fait état d’un cas de poliomyélite paralytique chez un jeune adulte dans le comté de Rockland, dans l’État de New York, au nord-ouest de la ville de New York – le premier cas signalé de poliomyélite aux États-Unis depuis 2013.

Bien que le cas ait été causé par un poliovirus dérivé d’un vaccin, le patient n’était pas vacciné et n’avait pas voyagé dans un pays où la poliomyélite est un risque. Le séquençage génomique suggère que le virus circule localement sous le radar depuis un an, selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC).

Le Journal American Medical Association (JAMA) rappelle que l’infection par le poliovirus, un entérovirus qui infecte principalement le tractus intestinal, n’est symptomatique que dans environ 25% du temps, provoquant généralement une maladie pseudo-grippale. Selon le type de virus, 1% à 5% des personnes infectées développeront une méningite. Environ 0,5 % à 0,05 % des personnes infectées – 1 personne sur 200 à 1 sur 2000 – développeront une paralysie après que le virus aura infecté la moelle épinière, et une petite proportion d’entre elles mourront à la suite de problèmes respiratoires, selon le CDC.

Sur la base de ces chiffres, « un cas de paralysie est un drapeau rouge qui indique qu’il pourrait y avoir 100 personnes ou plus dans la communauté qui ne présentent pas de symptômes », Yvonne Maldonado, MD, chercheuse sur la poliomyélite, chef de la Division de pédiatrie maladies infectieuses à la faculté de médecine de l’Université de Stanford.

En effet, un poliovirus génétiquement similaire a maintenant été détecté dans plusieurs échantillons d’eaux usées prélevés dans les comtés de Rockland et d’Orange de l’état de New York en mai, juin et juillet, ainsi que dans les eaux usées de la ville de New York, fournissant des preuves supplémentaires de circulation communautaire. Le département de la Santé de l’État réagit de toute urgence, poursuit l’enquête sur les cas et évalue de manière active la propagation.

Le cas de paralysie s’est produit chez une personne non vaccinée qui vit dans une région où le taux de vaccination contre la poliomyélite est faible. Le poliovirus pourrait potentiellement se propager comme une traînée de poudre dans un petit groupe consolidé qui compte un pourcentage important de personnes non vaccinées. C’est là sans doute une des conséquences du mouvement antivax qui s’est consolidé avec la crise du Covid.

En août dernier, seulement environ 60% des enfants de 2 ans dans le comté de Rockland avaient reçu les 3 doses recommandées du vaccin antipoliomyélitique inactivé, avec un taux aussi bas qu’environ 37% dans un code postal. La moyenne de l’État de  New York est d’environ 79% et de  93% au niveau national.

Seules les personnes non vaccinées ou incomplètement vaccinées sont à risque de poliomyélite symptomatique. Et parce qu’il n’y a pas d’antiviraux ou d’autres traitements contre la poliomyélite, la vaccination est la clé pour prévenir la maladie.

Bien que les infections à poliovirus aux États-Unis soient actuellement rares et n’aient pas été identifiées en dehors de l’État de New York, les facteurs de risque varient d’une région à l’autre.

Les agences de santé nationales et locales travaillent également avec le CDC pour effectuer une surveillance des eaux usées pour certains agents pathogènes, tels que le SARS-CoV-2.  L’échantillonnage des eaux usées pour le poliovirus a été lancé à New York après que le cas de paralysie a été signalé.

Le diagnostic de l’infection à poliovirus est compliqué parce que la majorité des personnes infectées ne développent pas de symptômes.  Ceux qui le font ont principalement des symptômes viraux non spécifiques tels que fièvre, maux de gorge, fatigue, maux de tête, nausées et douleurs à l’estomac. Le dépistage clinique consiste à tester un échantillon de selles ou d’oropharynx pour l’entérovirus.  

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