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Elon Musk : l’arbre qui cache la forêt ?

Elon Musk n’en n’est pas à sa première controverse, ni sa dernière. Avec son « plan de paix » dans le conflit entre la Russie et l’Ukraine, il a perdu une occasion de se taire. Un plan en quatre points, les deux premiers aussi stupides qu’inopérants, les deux autres insignifiants. Dans un éditorial cinglant (Sorry, Elon Musk, You don’t have the formula to end the Ukraine war), le politologue conservateur Max Boot qualifie le tweet de l’homme le plus riche du monde de sophomoric (immanture, prétentieux) : « Elon Musk has had wondrous success in building electric vehicles and launching rockets. But just because you’re the world’s richest person doesn’t mean you can solve every problem in the world ».

D’abord, on pourrait rétorquer que c’est aux Ukrainiens de choisir ce qu’ils veulent. Par ailleurs, ce tweet intervient à un moment mal choisi. Quel serait l’intérêt des Ukrainiens de négocier au moment où elle a clairement l’avantage sur le terrain.

Certains commentaires à ce tweet ne manquent pas de sel, certains écrits par des Russes.

L’ambassadeur ukrainien en Allemagne Andriï Melnyk n’y est pas allé par quatre chemin : « Ma réponse très diplomatique est d’aller vous faire foutre ».

Pour tester ses idées auprès de ses 100+ millions de followers, il leur a demandé de voter. Une majorité s’est mobilisée contre ce plan qui a néanmoins recueilli plus de 40 % de soutien. Ce n’est pas tant les 60 % qui sont surprenants que les 40 % en faveur de ce plan qui sont préoccupants. D’autant qu’il arrive à un moment où une partie des républicains, principalement les républicains MAGA, sont favorables à Vladimir Poutine depuis que leur maître a fait preuve d’une admiration et d’une passion pour les autocrates en général, et Vladimir Poutine en particulier. Si les républicains reprennent la majorité à la Chambre des représentants et encore plus au Sénat, il probable que Joe Biden aura moins les coudées franches dans sa politique pro-ukrainienne.

Cette orientation poussant à la négociation (presque à tout prix) pour mille raisons dont celle que la guerre fait beaucoup de morts ou qu’elle pourrait nous conduite à une guerre mondiale ou à un conflit nucléaire trouve un écho aussi en France. Ceux qui se réclament de de Gaulle sont les plus surprenants dans cette position. Pour d’autres, c’est sans doute leur anti-américanisme qui est la motivation principale de leur position.  

Relisons le discours et la principale raison invoquées par Pétain en 1940 pour signer l’armistice avec les Allemands : « notre admirable armée qui lutte contre un ennemi supérieur en nombre et en armes ». L’armée ukrainienne n’est-elle pas dans une situation comparable ?

Une telle position en 1942, 1943 ou 1944 aurait-elle été aussi défendable ?

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Le discours du 17 juin 1940

Français !
à l’appel de M. le président de la République, j’assume à partir d’aujourd’hui la direction du gouvernement de la France. Sûr de l’affection de notre admirable armée, qui lutte avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires contre un ennemi supérieur en nombre et en armes, sûr que par sa magnifique résistance elle a rempli son devoir vis-à-vis de nos alliés, sûr de l’appui des anciens combattants que j’ai eu la fierté de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.
En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés, qui, dans un dénuement extrême, sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude. C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat.
Je me suis adressé cette nuit à l’adversaire pour lui demander s’il est prêt à rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l’honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités.
Que tous les Français se groupent autour du gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n’écouter que leur foi dans le destin de la patrie.

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