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Amazon = Walmart 2.0

Jeff Bezos, le patron d’Amazon, avait racheté le Washington Post en 2013 pour 250 millions de dollars. Le journal qui avait été à l’origine du Watergate était devenu l’ombre de lui-même mais il restait toujours un marqueur de la gauche américaine. Ce rachat aurait donc pu constituer un gage de liberalism (au sens américain du terme) de son nouveau propriétaire. Et pourtant, lorsqu’on observe le comportement de l’entreprise face à certains salariés qui essaient de créer un syndicat, on comprend qu’on a fait fausse. Amazon est peut-être le phare de l’économie digitale américaine, elle reprend les vieilles bonnes méthodes du capitalisme américain, notamment celles utilisées par le champion toute catégorie de la distribution Walmart.

Le 1er avril, les salariés de l’entrepôt JFK8 d’Amazon basé à New York ont voté pour la création d’un syndical local (c’est là la procédure aux Etats-Unis selon laquelle la création d’un syndicat est fortement décentralisée). Mais ce n’est que la première étape d’une longue bataille que la direction de l’entreprise semble prête à mener. Il faut que ce vote soit certifié par le National Labor Relations Board (NLRB). Sans cette certification, la direction de l’entreprise n’est pas tenue d’engager des négociations avec le syndicat. Le 8 avril, Amazon a déposé un recours, une manière pour gagner du temps et empêcher autant que possible la certification. Elle ne manque pas d’imagination pour trouver des motifs justifiant de poursuivre.

Dans l’élection du JFK8, la direction d’Amazon considère que le NLRB a donné l’impression aux salariés qu’il les soutenait dans leur démarche, critiqué le syndicat au motif qu’il aurait harcelé, voire menacé, les salariés qui ne le soutenait pas et affirmé qu’ils perdraient leurs avantages, considéré que le syndicat s’était introduit sur la propriété privée du site…Il a également critiqué le NLRB au motif qu’il aurait abaissé le nombre de signatures minimal pour autoriser le vote. Amazon est fondamentalement opposé à la création de syndicats et se donne les moyens pour arriver à ses fins. Elle aurait dépensé plus de 4 millions de dollars l’année dernière pour des interventions de consultants externes contre la création de syndicats (Amazon Spent $4.3 Million On Anti-Union Consultants Last Year).

Les salariés d’Amazon doivent donc créer un rapport de force qui leur soit plus favorable pour engager des discussions et des négociations avec la direction de leur entreprise. Ils doivent continuer leur chemin de Damas, entrepôt après entrepôt, ce qui ne facilite pas la tâche. Des élections dans d’autres entrepôts comme celui du site LDJ5 de Staten Island à New York qui doit commencer le 25 avril. Ce vote est le résultat d’un effort démarré il y a deux ans, dans des conditions difficiles liées à la Covid.

Certes la situation des syndicats aux Etats-Unis reste précaire et fragile. Seulement 10 % des Américains seraient syndiqués contre 20 % il y a 40 ans. Et cette proportion tombe à 6 % dans le secteur privé. Mais on perçoit un frémissement qui est facilitée par une situation actuelle où les employeurs ont du mal à trouver la main d’œuvre dont ils ont besoin. La situation que certains avait qualifiée de « Great resignation » serait en train de se transformer en Great Upgrade (How to solve the worker shortage).

Apple entre dans la danse

Après Starbucks et Amazon, c’est au tour d’Apple d’être saisi par ce mouvement de syndicalisation. Des employés d’un Appel store basé à Atlanta ont engagé le processus pour organiser un syndicat dans leur magasin. S’ils réussissaient, ce serait le premier syndicat dans un magasin de la firme à la pomme, un véritable symbole. Le magasin est situé dans le centre commercial de Cumberland situé au Nord-Ouest d’Atlanta et réuni une centaine d’employés. C’est la première initiative d’un mouvement plus général qui fait un peu boule de neige appelé #AppleToo. Parmi les récriminations, les employés de ce magasin considèrent être traité comme des salariés de seconde zone par rapport à ceux employés dans les bureaux et au siège. D’autres magasins comme celui de Grand Central à New York se sont également lancé dans la bataille (Workers at Apple’s Grand Central store move toward unionizing).

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