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Midterms J-6 : Des candidats qui ne méritent pas d’être élus

43% des Américaines considèrent que son député ou son sénateur en place (Incumbent) mérite sa réélection et 15% seulement déclarent que la plupart des membres le méritent. C’est ce qu’indique un récent sondage de l’institut Gallup dont les résultats sont en phase avec une très faible approbation du 119e Congrès (14%), la plus faible jamais enregistrée. Le Congrès est l’institution qui bénéficie de la plus faible approbation.

Cette réticence globale cache néanmoins de fortes disparités partisanes. Les électeurs républicains se montrent plus enclins à souhaiter reconduire les élus que leurs homologues démocrates et indépendants. Cette tendance est particulièrement marquée concernant le Congrès dans son ensemble, où 29 % des républicains soutiennent la réélection de la majorité des membres, contre seulement 11 % des démocrates et 9 % des indépendants.

Selon Gallup, cet écart s’explique par la dynamique politique actuelle : les républicains détiennent une courte majorité de quatre sièges à la Chambre des représentants, et l’histoire démontre que les électeurs alignés avec le parti majoritaire perçoivent toujours le Congrès de manière plus favorable. Bien que l’enquête ne permette pas de déterminer précisément quels députés sortants sont les plus menacés, ce rejet massif reflète une crise de confiance profonde.

C’est là un biais assez classique qui va de pair avec une présidence occupée par un républicain (on devrait plutôt dire un MAGA) et une majorité républicaine dans les deux chambres. C’est là une évolution très préoccupante lorsque l’on observe qu’aux débuts des années 2000, on était aux alentours de 70 % pour les premiers et 60 % pour les seconds.  

Gallup pointe sur la corrélation entre l’approbation du Congrès et le nombre de sièges perdus par le parti majoritaire. Un lien assez logique, mais qui s’inscrit dans une dégradation assez marquante.

Les midterms les plus significatives sur ce point sont celles de 2010 et 1994. En 2010, deux ans après une élection prometteuse de Barack Obama, les démocrates perdent 63 sièges, une véritable Bérézina. On se souvient de la déclaration de Mitch McConnell dont l’objectif était de faire de Barack Obama “a one term president”. Les républicains ont, pendant les six ans qui ont suivi, réussi à bloquer presque toutes les initiatives du président pour lui faire payer une réforme de l’assurance maladie qu’ils n’ont toujours pas digérée et qu’ils considèrent comme une évolution vers le socialisme. Donald Trump qui critique régulièrement l’Obamacare promet un système beaucoup plus performant pour le remplacer dont on ne voit toujours pas le début du commencement.

La perte de majorité en 1994 pour les démocrates (53) est le résultat d’une initiative de longue date des républicains et a conduit à l’arrivée de Newt Gringrich, une sorte de proto Trump, au poste de speaker.

Les midterms de 2018 ont aussi marqué un sérieux revers pour Donald Trump qui perdait 40 sièges à la Chambre des représentants. En mettant en parallèle le niveau d’approbation de l’époque et celui que l’on observe aujourd’hui, on devrait être assez largement au-delà de ce chiffre. Mais la politique et les élections ne sont pas une science exacte.

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