A une semaine des élections de mi-mandat, chaque jour semble réserver une surprise avec comme objectif de jeter un doute sur les élections pour pouvoir les contester en cas de défaite. L’exemple de l’Alaska où le ministère de la Justice a déclaré qu’il contestera le résultat si d’aventure les démocrates les gagnaient.
Prétextant un risque de confusion entre deux candidats portant le même nom (Dan S. Sullivan et Daniel J. Sullivan Jr.), le DOJ a déposé une plainte fédérale pour empêcher la certification des résultats si le sénateur républicain sortant venait à perdre. Au moins, ça a le mérite d’être clair. D’ailleurs, la nuance et la demi-mesure ne sont pas l’apanage de l’actuelle administration.
On connaissait le film Proposition Indécente dans lequel un milliardaire joué par Robert Redford en échange d’une nuit avec la femme d’un couple en difficulté. Ici, on a toujours un milliardaire, Donald Trump, qui promet une récompence de 1 million de dollars à toute personne qui fournirait des informations sur une éventuelle fraude. On imagine assez facilement que cela va susciter de nombreuses vocations.
Même si les détails juridiques et budgétaires sont inexistants (source des fonds inconnue, absence de procédure ou d’agence responsable), cette incitation financière promet d’alimenter un flux massif de soupçons, d’accusations et de controverses publiques.

L’administration Trump déploie une stratégie inédite, caractérisée par une utilisation créative et agressive du pouvoir fédéral pour contester la légitimité du scrutin avant même qu’il n’ait lieu.
En Californie, l’administration tente d’intervenir directement dans le décompte des voix sous prétexte de lutter contre le vote des non-citoyens. La méthode consiste à cibler plus de 20 000 électeurs inscrits et exiger le gel de leurs bulletins sur la base de données fédérales non vérifiées.
En fait, des vérifications sur des échantillons ont révélé que ces listes contenaient de nombreux citoyens nés aux États-Unis ou des inscriptions déjà annulées. Bien que la cour d’appel ait rejeté la demande en urgence, la démarche montre la volonté d’entraver le droit de vote à partir d’informations disputées.
En parallèle des actions en justice (comprenant 31 poursuites pour obtenir les registres électoraux des États), l’administration et ses relais mènent une campagne d’opinion d’une ampleur inédite. Délaissant les théories sur les machines à voter (qui avaient coûté 787,5 millions de dollars à Fox News), le discours se concentre désormais sur le vote par correspondance et le vote supposé massif des immigrants illégaux. Au passage, Donald Trump a à nouveau voté par correspondance.
L’administration en place repousse les limites constitutionnelles qui attribuent traditionnellement la gestion des élections aux États et non au pouvoir fédéral en combinant primes financières à la dénonciation, requêtes judiciaires préventives, ingérence dans le dépouillement et matraquage médiatique.
Cette créativité tactique ne vise pas seulement à remporter des batailles juridiques, mais à préparer le terrain politique pour qu’une grande partie de l’opinion publique rejette d’emblée une éventuelle victoire démocrate.