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Attaque contre la science et les scientifiques

Il y a d’abord eu les coupes budgétaires (Attaque contre la recherche scientifique) avec une proposition de budget par la Maison qui affichait des réductions massives. Aujourd’hui c’est contre les scientifiques eux-mêmes. Par le truchement d’un simple mail, la totalité des membres du National Science Board (NSB)

Le 25 avril 2026, l’administration Trump a licencié l’ensemble des 22 membres du National Science Board (NSB), le conseil indépendant chargé de superviser la National Science Foundation (NSF), par un simple email les informant que leurs fonctions étaient « terminées avec effet immédiat ». La NSF est une agence indépendante du gouvernement des États-Unis, destinée à soutenir financièrement la recherche scientifique fondamentale. Elle est l’équivalent américain de l’ANR en France.

Créé en 1950, le NSB conseille le président et le Congrès sur les politiques scientifiques, valide les grandes décisions de financement de la NSF et oriente sa stratégie. Ses membres – issus du monde académique et de l’industrie, couvrant l’astronomie, les mathématiques, la chimie ou l’ingénierie aérospatiale – sont nommés pour des mandats de six ans.

Ce licenciement s’inscrit dans une série d’attaques contre la recherche fédérale :

– Des centaines de projets de recherche en cours ont été supprimés l’an dernier

– La NSF a perdu environ un tiers de ses effectifs

– Son directeur, pourtant nommé par Donald Trump, a démissionné

– Son budget de 9 milliards de dollars pourrait être réduit de plus de moitié

Selon l’organisation Union of Concerned Scientists (un groupe indépendant de scientifiques), ce geste doit être vu pour ce qu’il est : « une tentative de faire taire des scientifiques indépendants, d’étouffer la prise de décision fondée sur les preuves, et de maintenir le public dans l’ignorance. »

Le mouvement ouvre aussi la voie à des nominations de complaisance : l’administration a déjà placé des PDG de la tech au sein du conseil scientifique présidentiel (PCAST), et des représentants de l’industrie chimique au sein du comité consultatif de l’EPA.

Sans conseil indépendant pour s’y opposer, les coupes budgétaires pourraient cette fois passer plus facilement. Le membre licencié Keivan Stassun (Vanderbilt University) avertit que cela pourrait « réduire les investissements dans la recherche fondamentale et dans la formation de la prochaine génération de scientifiques et d’ingénieurs pour notre nation. » La sénatrice Maria Cantwell a qualifié la décision d’« attaque dangereuse contre les institutions et l’expertise qui alimentent l’innovation américaine. »

A un moment où la rivalité entre les États-Unis et la Chine sur les terrains des sciences et des technologies, ces mesures sont bien difficiles à comprendre et à justifier à part le fait que la science (ici il s’agit de sciences dures et non de sciences sociales) n’a pas bonne presse dans l’administration actuelle.

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