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TACO va-t-il encore frapper ?

Donald Trump ne se contente plus de sa rhétorique habituelle sur la « total obliteration ». Ce lundi soir, en adressant aux Iraniens son ultimatum, son message laisse entrevoir une bascule dans une forme de démence tranquille. Il ne parle pas de guerre, il parle d’un « moment merveilleux », comme s’il s’apprêtait à offrir un cadeau au monde alors qu’il tient le doigt sur la gâchette de la plus grande force de feu de l’histoire. C’est l’ivresse absolue d’un homme qui ne voit plus les peuples, mais seulement des pions sur l’échiquier de sa propre légende.

Pour lui, l’idée de pouvoir rayer une civilisation de la carte n’est pas un poids, c’est une extase. Il savoure cette position unique où il est le seul à décider si le soleil se lèvera demain sur l’Iran. Son besoin d’être au centre de toutes les attentions a atteint un stade terminal : peu importe l’horreur du geste, tant que l’onde de choc s’appelle “Trump”. C’est la jouissance suprême du malignant narcissist : transformer l’apocalypse en son ultime “show” télévisé, regardé par huit milliards de spectateurs terrifiés. On croirait voir une version moderne du Docteur Folamour, fasciné par sa propre capacité à déclencher la fin du monde. Mais ici, la réalité dépasse la fiction : même Stanley Kubrick n’aurait pu imaginer un tel scénario, où le leader de la première puissance mondiale transforme l’apocalypse en un vulgaire “show” de télé-réalité pour satisfaire sa mégalomanie.

Au milieu de ce vertige, une question hante les couloirs du Pentagone : les militaires vont-ils suivre un homme qui semble avoir quitté le monde de la raison ? Face à ce destin funeste qu’il projette avec une sorte de gaieté macabre, les généraux oseront-ils s’opposer à ses ordres ? Le protocole pourra-t-il freiner la folie d’un chef qui ne cherche plus à gagner, mais à éblouir par la destruction ?

Le monde retient son souffle, suspendu au doigt d’un homme qui semble prêt à tout incendier pour rester l’unique obsession de l’humanité.

– S’il met son projet à exécution, il vaporise son propre avenir en même temps que ses ennemis. Il devient un banal criminel de guerre ;

– S’il hésite et fait marche arrière, il se transforme instantanément en la risée du monde. Pour un homme qui a bâti toute sa vie sur l’image du « dur » et du vainqueur, passer pour un faible serait une mort psychologique pire que tout.

Bien sûr, si cette dernière option se réalise – ce que tout le monde préférerait – Il aura tout loisir de trouver des excuses ou des raisons pour ne pas avoir été jusqu’au-boutiste. Personne ne les croira, mais tous feront semblant.

Entre Néron et Guignol, il n’y a plus d’espace pour la raison. Dans ce silence de mort, une seule certitude demeure : l’ego a remplacé la stratégie, et la démence a pris les commandes de la plus grande force de feu du globe. Le rideau tombe, l’étincelle approche.

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