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Midtems : retour aux fondamentaux

Tel est le titre de l’article publié par Amy Walter sur le site The Cook Political Report (Fundamentals Favor Republicans) selon lequel la loi fondamentale de la politique américaine devrait être respectée. Idée confirmée par l’article de son collègue Charlie Cook (Pattern Recognition: The Midterm Returns to Form). Quelle est cette loi ? Le président en exercice perd les élections de mi-mandat, parfois légèrement ou modérément, parfois de manière dramatique (1994 deux ans après l’élection de Bill Clinton et 2010 deux ans après l’élection de Barack Obama). Sur les 39 élections de mi-mandat depuis la guerre de Sécession, le parti du président a perdu des sièges dans les deux Chambres (pas nécessairement la majorité). Les élections du parti opposé au président à la Maison Blanche sont toujours plus motivés que ceux appartenant au même parti que le président. Un phénomène de balancier bien connu.

Et pour les deux politologues, les élections de 2022 ne sont pas différentes et respecteront cette loi. Quelle sera l’ampleur de la victoire des républicains à la Chambre des représentants ? Les démocrates réussiront-ils à garder la (très courte) majorité au Sénat ? Comme se traduira cette vague républicaine dans les congrès et les gouvernorats des Etats ? Ce dernier est parfois mis un peu au second plan alors que le pouvoir des Etats s’est renforcé ces dernières années.

Juste après la publication de l’arrêt Dobbs v. Jackson Women’s Health Organization par la Cour Suprême en juin dernier qui invalidait l’arrêt Roe v. Wade datant de 1973, les démocrates ont capitalisé sur une forte vague de mécontentement. Au-delà de décision largement critiquée des deux côtés, Charlie Cook pousse deux éléments qui pourraient jouer en faveur des démocrates. Donald Trump est revenu au centre de la scène et à continuer à faire du Donald Trump. Et les primaires républicaines ont sélectionné des candidats extrêmes ou farfelus face à des candidats républicains expérimentés.

Mais les semaines ont un peu effrité cette situation laissant place aux préoccupations liées à l’économie, notamment l’inflation et une de ses manifestations les plus voyantes, la hausse du prix de l’essence.

« It’s the economy, stupid » avait déclaré James Carville en 1992, conseiller en stratégie de Bill Clinton dans la campagne de 1992. Nous sommes encore dans la même situation à laquelle les républicains y ajoutent les sujets de la criminalité et l’immigration, le dernier expliquant le premier selon eux.

Et toujours pour les républicains, l’inflation est fondamentalement la faute du « communiste et gauchiste radical » Joe Biden (« suceur de sang et pédophile » pour les plus extrêmes). Ce n’est ni une excuse ni une consolation mais l’inflation est bien un phénomène mondial qui dépasse largement le strict périmètre des Etats-Unis. Preuve s’il en est besoin que le monde est largement interconnecté. Par ailleurs, l’inflation en Allemagne ou au Royaume-Uni est encore plus élevé. Quant au prix de l’essence, il est revenu depuis l’été à des niveaux plus acceptables même s’ils restent encore élevés. Par comparaison, le prix de l’essence aux Etats-Unis est largement inférieur à ce qu’il est en Europe. Il est d’environ 1 euro le litre. L’emploi est un autre domaine où la situation économique s’est largement amélioré : le taux de chômage. A 3,5 %, il est au plus bas depuis un demi-siècle touchant toutes les catégories sociales et raciales. Le déficit reste élevé mais dans cette période post-crise il semble évolué dans la bonne direction. Dernier point, la croissance du dernier trimestre s’est élevé à 2,6 % en rythme annuel. Bref, le résultat en matière économique est mitigé et certainement pas catastrophique comme le répète à l’envi les républicains.

Les préoccupations des deux camps sont assez différents si l’on en juge par le résultat du sondage CNBC-All America Survey. Les républicains sont très sensible aux problèmes d’immigration et de criminalité, les démocrates plus inquiets sur les menaces qui pèsent sur la démocratie. L’inflation serait le principal souci des indépendants.

Les cas de la Chambre des représentants et du Sénat sot très différents. La première est renouvelée en totalité et beaucoup impactée par le gerrymandering (découpage des circonscriptions). D’où la forte probabilité que les républicains regagnent la majorité. Le Sénat (renouvelable par tiers) est plus favorable pour les démocrates en raison de trois facteurs principaux. D’abord, ils ont besoin de garder ou gagner les sièges dans les états où Joe Biden à a gagné en 2020. Ensuite, plusieurs sénateurs républicains (Portman (OH), Toomey (PA) et Burr (NC) ne se représentent pas alors qu’ils avaient de bonnes d’être élus, ce qui n’est pas le cas des candidats qui ont pris la relève. Enfin des candidats faibles sont sortis des primaires républicains. Mitch McConnell avait fait une déclaration sur ce point expliquant que son parti avec des problèmes de qualité de candidats.

Mais peut-être le plus préoccupant avec ces élections est que les négationnistes (ceux qui ne reconnaissent pas le résultat) se multiplient comme des petits pains engendrant un chaos politique.

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