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Liberté, inégalité, favoritisme

Dans son contrat avec les électeurs américains, Donald Trump s’est engagé à appliquer un programme permettant de restituer « la croissance à 4 % par an permettant de créer « au moins » 25millions d’emplois grâce à des baisses massives d’impôts et de réduction du code fiscal. Les réductions les plus importantes seront pour les classes moyennes. Une famille avec deux enfants appartenant à la classe moyenne bénéficiera d’une réduction de 35 %.

On November 8th, Americans will be voting for this 100-day plan to restore prosperity to our economy, security to our communities and honesty to our government.

This is my pledge to you

La lecture des tracts de campagne est parfois cruelle. Car en fait de prospérité, Donald Trump n’a apporté que chaos, confusion et confusion. A peine était-il entré à la Maison Blanche que l’on parlait déjà d’Impeachment.

« Every decision on trade, on taxes, on immigration, on foreign affairs will be made to benefit American Workers and American families » poursuivait-il dans son discours d’intronisation du 20 janvier. « We will get our people off of welfare and back to work ».

La seconde mouture du budget proposée par la Maison Blanche montre le fossé entre les promesses et les faits. Donald Trump propose des réductions de dépense de 3 600 milliards sur dix ans fondées principalement sur des baisses de financement de programmes tels que Medicaid, assistance alimentaire, programme de lutte contre la pauvreté, CHIP (Children’s Health Insurance Program) qui bénéficie principalement aux pauvres. Tous les ministères seaient touchés à l’exception de la défense, des anciens combattants et de la sécurité nationale. A l’inverse, ce budget devrait être accompagné d’une réforme fiscale consistant principalement en une baisse d’impôts pour les plus riches, une initiative renforcée par la réforme de l’Obamacare. Sachant que ces deux réformes ne sont pas très avancées et ont peu de chances d’aboutir étant donné les circonstances.

 

Un tel budget est de nature à renforcer les inégalités qui ne font que se creuser depuis un demi-siècle. Barack Obama avait pris cette problématique en compte mais avait été un peu pris de court par la crise des subprimes.

Ce budget et la future réduction fiscale est fondée sur la théorie du ruissellement (trickle-down economics) mise au goût du jour par Ronald Reagan mais qui a montré ses limites et a entraîné un sous-investissement public dont l’état des infrastructures et les baisses de financement de la recherche public est le simple résultat.

L’inégalité est au plus haut. En 1967, les 1 % les plus riches recueillaient 11 % des revenus. Cette proportion a doublé en 2015. Et l’inégalité sur le patrimoine est encore plus criante puisque 0,1 % des ménages américains, soit environ 125 000 foyers possèdent autant que les 90 % des foyers les moins riches, soit 112 millions de foyers. Soit environ un rapport de 1 à 1000.

Les classes moyennes qui ont voté pour Donald Trump ne seront que les dindons d’une farce qui est tout sauf drôle.

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