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Les Cheney qu’on abat…

Juste avant que les élus républicains se réunissent pour voter sur l’éviction de Liz Cheney de son poste de Conference Chair (numéro 3 du groupe républicain) à la Chambre des représentants, Donald Trump, s’est rappelé à leur bon souvenir en publiant un petit billet sous forme de conseil appuyé. « Liz Cheney is bad for Country », écrit le GodTrumper depuis sa retraite de Mar-a-Lago. Si tel était le cas, la politique de Donald Trump « is bad for our Country » puisqu’elle a voté 93 % en accord avec la ligne présidentielle pendant les quatre ans de son mandat. Elle a voté pour lui en 2016, en 2020 et donc favorisé son arrivée à la Maison Blanche.  

Donald J. Trump
8:33am May 12, 2021
« The Republicans in the House of Representatives have a great opportunity today to rid themselves of a poor leader, a major Democrat talking point, a warmonger, and a person with absolutely no personality or heart. As a representative of the Great State of Wyoming, Liz Cheney is bad for our Country and bad for herself. Almost everyone in the Republican Party, including 90% of Wyoming, looks forward to her ouster—and that includes me! »

Une heure plus tard, il enfonçait le clou pour ceux du GOP qui n’auraient pas bien compris en publiant un nouveau billet qui montre que sa personnalité est intacte. On est rassuré.

Donald J. Trump
9:36am May 12, 2021
« Liz Cheney is a bitter, horrible human being. I watched her yesterday and realized how bad she is for the Republican Party. She has no personality or anything good having to do with politics or our Country. She is a talking point for Democrats, whether that means the Border, the gas lines, inflation, or destroying our economy. She is a warmonger whose family stupidly pushed us into the never-ending Middle East Disaster, draining our wealth and depleting our Great Military, the worst decision in our Country’s history. I look forward to soon watching her as a Paid Contributor on CNN or MSDNC! »

Donald Trump n’est pas hypocrite et dit tout haut ce qu’il pense tout bas. Mais il n’est pas son contraire non plus, c’est-à-dire franc et sincère. Et comme à son habitude, il ne renâcle pas aux attaques ad personam que Schopenhauer définit sous le titre d’« Ultime stratagème[1] » avec la différence qu’il a définitivement gagné la bataille en mettant le parti républicain sous sa coupe. Mais gagner ne suffit pas, il reprend à son compte les bonnes vieilles méthodes de Newt Gingrich dont l’objectif est d’écraser ses adversaires politiques, plutôt considérés comme des ennemis, quels que soient les moyens.

Affirmer que Liz Cheney est « a talking point for democrat » est absurde et ne tient pas une seconde. Pour s’en convaincre, il suffit de lire son compte tweeter dont les attaques contre Joe Biden et les radical democrats sont proches des commentaires de Donald Trump.  

Donc les élus républicains se sont exécutés, ils ont limogé Liz Cheney, conservatrice parmi les conservatrices, républicaine parmi les républicains dont le seul tort est de ne pas se taire en affirmant que :

1. Donald Trump est un danger pour la démocratie ;

2. Qu’il a favorisé (provoqué ?) l’attaque du Capitole le 6 janvier ;

3. Qu’il continue à propager le Big Lie (c’est-à-dire que les élections ont été volées par les démocrates).

C’est désormais la ligne de partage des eaux républicaines : ceux pour qui les élections ont été volées, ceux qui pensent que les élections se sont tenues dans des conditions normales et que Joe Biden est le président légitime. Et même si Kevin McCarthy feint de faire croire que l’éviction de Liz Cheney n’a rien à voir avoir cette question, il soutient et demande le soutien d’un ex-président qui pousse quasi-quotidiennement cette rengaine des fausses élections et qui maintient le parti sous surveillance. Il faut reconnaître à Donald Trump une réussite extraordinaire : comment un néophyte en matière de politique a-t-il pu si rapidement prendre le contrôle du parti de Lincoln ? Peut-être est-ce lié à des méthodes quasi-mafieuses qui mêlent intimidations, menaces, insultes, dénigrements, punitions ?  

Donald J. Trump
10:27am May 3, 2021
The Fraudulent Presidential Election of 2020 will be, from this day forth, known as THE BIG LIE!

Face à cette dérive de leur propre parti, une centaine de membres ont « menacé » de créer un nouveau parti si le GOP ne faisait pas son aggiornamento. « When in our democratic republic, forces of conspiracy, division, and despotism arise, it is the patriotic duty of citizens to act collectively in defense of liberty and justice. We, therefore, declare our intent to catalyze an American renewal, and to either reimagine a party dedicated to our founding ideals or else hasten the creation of such an alternative », indiquaient les signataires en préambule de leur message (A call for American Renewall, Building a common sense coalition for America). Une initiative qui devrait être mise à exécution tant les chances de changement du parti actuel sont minces, voire inexistantes. Et si les principes invoqués – Democracy, Founding Ideals, Constitutional Order, Truth, Rule of Law, Ethical Government, Pluralism, Civic Responsibility, Opportunity, Free Speech, Conservation, Common Defense & Welfare, Leadership – sont bien raisonnables, ils semblent inaccessibles au GOP actuel.


[1] « Si l’on s’aperçoit que l’adversaire est supérieur et que l’on ne va pas gagner, il faut tenir des propos désobligeants, blessants et grossiers. Être désobligeant, cela consiste à quitter l’objet de la querelle (puisqu’on a perdu la partie) pour passer à l’adversaire, et à l’attaquer d’une manière ou d’une autre dans ce qu’il est : on pourrait appeler cela argumentum ad personam pour faire la différence avec l’argumentum ad hominem. Ce dernier s’écarte de l’objet purement objectif pour s’attacher à ce que l’adversaire en a dit ou concédé. Mais quand on passe aux attaques personnelles, on délaisse complètement l’objet et on dirige ses attaques sur la personne de l’adversaire. On devient donc vexant, méchant, blessant, grossier. C’est un appel des facultés de l’esprit à celles du corps ou à l’animalité. Cette règle est très appréciée car chacun est capable de l’appliquer, et elle est donc souvent utilisée. La question se pose maintenant de savoir quelle parade peut être utilisée par l’adversaire. Car s’il procède de la même façon, on débouche sur une bagarre, un duel ou un procès en diffamation. » (Source : wikipedia)

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