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Guerre Iran-US : 14 points qui ne règlent pas grand chose

On connaissait les 14 points du président Wilson au sortir de la Première Guerre mondiale, l’un des textes politiques les plus célèbres du XXe siècle. Prononcés devant le Congrès américain le 8 janvier 1918, ils visaient à définir les conditions d’une paix durable alors que la Première Guerre mondiale n’était pas encore terminée.

On connaît aujourd’hui, les 14 points du Memorandum of Understanding (MoU) entre l’Iran et les États-Unis. Ce texte, qui pose un cadre de 60 jours pour signer un véritable accord de paix, ne règle rien pour l’instant. Il met juste le conflit en mode pause et ne fait que replacer le monde dans la situation dans laquelle il était le 27 février 2026. D’ailleurs, peut-on parler de paix puisqu’il ne s’agissait pas de guerre mais d’une « excursion » (peut-être la traduction en anglais d’opération spéciale ?).

On ne sera pas surpris que le président actuel présente ce texte comme une grande victoire. Celui qui a appuyé sur le bouton sans trop réfléchir nous explique que ce qu’il a fait, aucun président qui l’a précédé n’avait réussi à le faire. Dans quelques rares messages (l’auteur était occupé à assister au spectacle de MMA devant la Maison-Blanche), l’auteur explique sans rire qu’il autorise le « toll free opening of the strait of Hormuz » alors que c’est son initiative de guerre qui a donné l’idée à l’Iran qu’il pouvait bloquer le détroit et ainsi tenir le monde en otage.

Les informations disponibles sur le mémorandum d’entente conclu entre les États-Unis et l’Iran laissent apparaître un accord avant tout destiné à arrêter l’escalade militaire et à créer une fenêtre de négociation supplémentaire. À ce stade, le texte intégral n’a pas été publié et les éléments connus proviennent essentiellement de déclarations officielles, de fuites relayées par la presse et de versions parfois contradictoires diffusées par les deux parties.

Selon les informations rendues publiques, l’accord prévoit un cessez-le-feu immédiat et l’arrêt des opérations militaires sur l’ensemble des fronts, y compris au Liban. Il ouvrirait également la voie à une réouverture progressive du détroit d’Ormuz, dont le blocage partiel a fortement perturbé les marchés énergétiques mondiaux depuis le début du conflit.

Le mémorandum instaurerait une période de 60 jours durant laquelle Washington et Téhéran devront tenter de négocier un accord plus complet sur le programme nucléaire iranien. Les discussions devraient porter sur l’avenir des stocks d’uranium hautement enrichi, les modalités de l’enrichissement futur, la levée progressive des sanctions et l’accès de l’Iran à ses avoirs gelés à l’étranger.

Certaines sources évoquent des mesures économiques d’ampleur : déblocage de plusieurs dizaines de milliards de dollars d’avoirs iraniens, suspension de certaines sanctions pétrolières, voire création d’un fonds de reconstruction financé par les États-Unis et leurs alliés. Toutefois, ces éléments n’ont pas été confirmés de manière définitive par Washington et restent entourés d’incertitudes.

Surtout, ce que l’on sait aujourd’hui du mémorandum montre qu’il ne règle pratiquement aucune des questions de fond qui ont conduit à la guerre. Le principal sujet de désaccord – le programme nucléaire iranien dont Donald Trump faisait un point bloquant et qui,, à lui seul, justifiait le lancement de l’aventure guerrière – demeure entièrement ouvert. Aucun engagement définitif n’a été annoncé concernant le devenir de l’uranium enrichi accumulé par Téhéran, ni sur les capacités futures d’enrichissement du pays. Les négociations les plus difficiles sont simplement reportées à une phase ultérieure.

De même, plusieurs points sensibles restent flous : les modalités exactes de réouverture du détroit d’Ormuz, le rôle futur des forces américaines dans la région, la question du Hezbollah au Liban, ou encore le mécanisme de levée des sanctions. Les déclarations publiques de Donald Trump et des responsables iraniens montrent d’ailleurs des interprétations parfois divergentes du contenu même de l’accord.

Cette absence de clarté explique le scepticisme de nombreux observateurs. L’accord apparaît moins comme un règlement durable du conflit que comme une trêve diplomatique (un cadeau d’anniversaire des Iraniens ?) destinée à éviter une reprise immédiate des hostilités. Il suspend les problèmes sans véritablement les résoudre.

En d’autres termes, le mémorandum semble surtout repousser les échéances. Il réduit temporairement les risques militaires et offre un répit aux marchés énergétiques, mais il laisse intactes les questions stratégiques qui opposent Washington et Téhéran depuis des décennies. Le succès de cette initiative dépendra donc entièrement des négociations à venir. Or celles-ci porteront précisément sur les sujets que le mémorandum évite pour l’instant de trancher.

En l’état actuel des informations disponibles, cet accord ressemble davantage à un mécanisme de gestion de crise qu’à un véritable traité de paix. Il permet à chacun des protagonistes de revendiquer un succès politique immédiat, mais il repousse l’essentiel des décisions à plus tard. Pour reprendre une formule familière aux diplomates, il semble surtout avoir déplacé la poussière sous le tapis plutôt que nettoyer la pièce.

Les 14 points selon le site AzerNews
Immediate Ceasefire: An immediate and permanent cessation of hostilities across all fronts, including Lebanon.

Sovereignty and Non-Interference: A commitment by the United States to respect the sovereignty of the Islamic Republic of Iran and refrain from interfering in its domestic affairs.

Lifting of the Blockade: The complete removal of the maritime blockade within a 30-day timeframe.

Troop Withdrawal: A U.S. commitment to withdraw its military forces from the regions surrounding Iran.

Strait of Hormuz: The resumption of full operations in the Strait of Hormuz within 30 days, in accordance with bilateral agreements reached with Iran.

Sanctions Relief and Asset Access: The suspension of sanctions targeting the sale of crude oil, petrochemical products, and their derivatives, alongside ensuring Iran’s full access to its financial resources.

Reconstruction Fund: The provision of reconstruction plans valued at a minimum of $300 billion, funded by the U.S. and its allies.

Nuclear Framework Negotiations: The establishment of a 60-day negotiation window aimed at reaching a final accord on the nuclear issue, leading to the complete lifting of primary and secondary U.S. sanctions, UN Security Council resolutions, and IAEA Board of Governors decisions.

Non-Proliferation Commitment: A reaffirmation by Iran of its commitment under the Nuclear Non-Proliferation Treaty (NPT) not to pursue the manufacture of nuclear weapons.

Freezing of Military and Sanctions Activity: A pledge by the U.S. not to expand its regional military contingent or impose new sanctions during the active negotiation period.

Unfreezing of Assets: The release of $24 billion in frozen Iranian assets over the course of the 60-day talks, with 50% of this sum to be transferred to Iran prior to the formal commencement of negotiations.

Implementation Oversight: The creation of a dedicated mechanism to monitor compliance with the agreement.

UN Ratification: The ratification of the finalized agreement via a UN Security Council resolution.

Strict Preconditions for Final Talks: Formal negotiations will not initiate until half of the frozen assets are released, oil-related sanctions are suspended, and the maritime blockade is dismantled. The final agreement will exclusively address the status of enriched materials, the enrichment process itself, sanctions relief, and Iran’s economic recovery program. Matters regarding Iran’s missile program and its support for regional resistance movements are strictly excluded from the negotiating agenda.

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