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Devenir président des États-Unis pour échapper à la Justice

Sans Twitter à sa disposition pour publier des tweets rageurs, sans autre affaire courante à traiter si ce n’est soutenir des candidats ou en couler d’autres, continuer la diffusion de son Big Lie, et récolter des fonds Donald Trump n’avait apparemment pas grand-chose à faire. Et puis, la commission de la Chambre des représentants qui enquête sur les événements du 6 janvier qui ont conduit à l’assaut du Capitole l’ont replacé au centre du débat. Et plus les preuves s’accumulent et ne laissent plus de doutes quant à son rôle de chef d’orchestre de ce coup d’état raté, plus il redouble d’effort et muscle ses attaques tous azimuts. Et ses fans adorent et le plébiscitent. Dans la course à la présidence de 2024, il est toujours leur candidat préféré devant Ron DeSantis, le gouverneur de Floride. Dans tous les sondages, il devance largement le gouverneur de Floride.

La stratégie porte donc ses fruits car il est devenu le monsieur téflon de la politique américaine, rien n’a de prise et ne semble pouvoir l’inquiéter. George Floyd a eu la vie fauchée par un policier parce qu’il avait utilisé un faux billet de 20 dollars. Donald Trump nargue tous ses opposants et le ministère de le Justice.

L’audition de Cassidy Hutchinson avait ébranlé un peu ce système et d’autres témoignages encore plus probants sont à venir. Le conseiller juridique de la Maison Blanche Pat Cipollone a été auditionné ce vendredi. D’où l’idée de prendre tout le monde de vitesse et de se déclarer candidat à la primaire républicaine. Un an en avance sur ce qu’il est de tradition. L’avantage est triple.

D’abord, en cas de victoire des républicains aux élections de mi-mandat, il n’hésitera pas à en revendiquer une grande part de responsabilité. Ce qu’il ferait de toutes manières mais dans ces conditions, avec un peu plus de poids.

Ensuite, le ministre de la Justice hésitera peut-être encore un peu plus à la mettre en examen. Car Donald Trump aura beau jeu de se présenter comme la victime du système et de l’establishment. Ce qu’il sait très bien faire. « Ils veulent me faire taire, me bâillonner, défendre l’intérêt des vrais Américains (pas ceux qui votent démocrates) c’est à-dire vos intérêts. Oui vos intérêts ». Au passage, il demandera un peu plus d’argent pour financer je ne sais quoi.

Enfin, cette candidature, à tout le moins prématuré, obligera ses potentiels adversaires, à la défier directement. Ron DeSantis n’a que 43 ans. Pourquoi prendre le risque de s’opposer au champion des républicains MAGA et ainsi mettre en péril la suite de sa carrière. Il pourrait simplement attendre son tour en 2028.

Et puis, rien n’empêche Donald Trump de se présenter si cela lui apporte quelques avantages immédiats pour éventuellement se retirer ensuite si les conditions le nécessitaient.

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