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Cité à comparaître

Après avoir fait l’objet de deux procédures de destitution (impeachment), – le seul président des États-Unis dans ce cas -, Donald Trump vient d’être cité à comparaître devant la Commission du 6 janvier. Cette mesure a été votée lors de la neuvième audition de cette Commission à l’unanimité de ses membres.  

La réponse de Donald Trump était prévisible et pas trop surprenante : une lettre de 14 pages intitulée en capitales “PEACEFULLY AND PATRIOTICALLY” et qui commence par cette affirmation simple « THE PRESIDENTIAL ELECTION OF 2020 WAS RIGGED AND STOLEN! ». Voilà où en sont les États-Unis vingt mois après une élection présidentielle. Le problème n’est pas tant que Donald Trump continue à perpétuer ce mensonge (Big Lie) mais que plus de la moitié des républicains le croient. On peut aussi ajouter que pour donner une impression de courrier, Donald Trump utilise des armoiries – on ne sait pas d’où elles sortent – pour l’en-tête de son courrier.

L’ex-président va-t-il répondre favorablement à cette assignation ? La lettre ne donne aucune indication sur ce point. Il aurait actionné ses réseaux pour indiquer qu’il n’y serait pas opposé donnant l’impression et l’illusion qu’il souhaite donner sa vérité. Mais en fait, il est clair qu’il ne viendra jamais et trouvera bien une excuse ou un prétexte pour ne pas le faire. Car autant faire des déclarations dans les médias, les réseaux sociaux ou dans des communiqués laisse le champ libre pour dire n’importe quoi, autant témoigner devant une Commission du Congrès impose de faire des déclarations sous serment.

La lettre de Donald Trump avance un peu toujours les mêmes arguments, dont certains sont assez risibles

« Since 1888, no incumbent President has gained votes and lost reelection. I received many millions more votes in 2020 than I did in 2016, unheard of in our political History. When you

win Ohio, Florida, and Iowa, which I did in a landslide, no President has lost the

General Election since 1960 ».

L’argument est comparable à celui d’un météorologiste qui déclarait sans coup férir « qu’il fera beau demain car il fait beau depuis une semaine ».

« J’ai recueilli plus de votes en 2020 qu’en 2016 ». C’est vrai, le seul problème est que Joe Biden en a recueilli plus. Beaucoup plus (7 millions).

Ou encore :

« A large percentage of American Citizens, including almost the entire Republican Party, feel that the Election was Rigged and Stolen ».

Les gens pensent que les élections ont été truquées donc elles ont été truquées.

Les républicains MAGA répètent l’idée de leur maître : Il s’agit d’une chasse aux sorcières (« Witch Hunt »).

Les républicains « normaux » considèrent que les démocrates font diversion et que les vrais problèmes sont ailleurs : inflation, criminalité, immigration.

Les républicains anti-Trump ont rejoint les démocrates (dont certains ont déclaré qu’ils voteraient pour les démocrates) et expliquent à raison qu’il s’agit là d’une question centrale et que ce qui s’est passé aurait pu mettre en péril la démocratie américaine. Et ce coup d’état raté en 2020 pourrait se reproduire avec succès en 2024.  

Pour s’en convaincre, on peut écouter les deux derniers podcasts de The Bulwark Podcast.

https://www.thebulwark.com/podcast-episode/dana-milbank-the-alien-lizard-party/

La nouvelle génération de candidats républicains à la Chambre donne à Jim Jordan et Paul Gosar l’air sains d’esprit, et MAGA Musk pourrait perdre ses acheteurs urbains et côtiers des voitures Tesla. De plus, des exceptions pour le viol, l’inceste et Herschel Walker.

https://www.thebulwark.com/podcast-episode/denver-riggleman-why-i-wrote-it-2/

La conspiration derrière le 6 janvier est beaucoup plus étendue que ce que le public sait. Parmi la pile de données téléphoniques et de messages à exploiter, il y a la stratégie d’organisation de Roger Stone, l’opération sous faux drapeau de Jason Miller et les numéros de téléphone de la Maison Blanche attachés aux planificateurs d’émeutes.

Cette décision de la Commission du 6 janvier fondée sur des faits accablants qui ont été rapportés non par des « radical left » mais bien par des républicains ayant travaillé avec lui aura-t-elle une incidence sur les élections de novembre. Sans doute pas.

La décision donne une feuille de route aux républicains MAGA qui vont vraisemblablement gagner la majorité à la Chambre des représentants : « The people of this Country will not stand for unequal justice under the law, or Liberty and Justice for some. Election Day is coming. We demand answers on the Crime of the Century ».

La première action de cette future majorité sera de dissoudre cette commission. La seconde, peut-être de ne pas relevé le plafond de la dette et donc de mettre le gouvernement dans une situation de blocage (Shutdown). La troisième d’engager une enquête sur Hunter Biden. Ensuite, ils pourront comme ils l’ont déjà déclarer mettre en place une commission comparable à celle du 6 janvier mais pour régler leurs comptes aux démocrates (que l’on peut considérer comme des actions punitives) et engager une procédure d’impeachment de Joe Biden. Pour quel motif ? Ils ne seront pas en difficultés pour en trouver.  

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