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Kevin Warsh rate le Litmus Test

« Donald Trump a-t-il perdu les élections de 2020 ? » La question d’Elizabeth Warren à Kevin Warsh, lors de son audition au Sénat pour la présidence de la Fed, pourrait appeler un simple « oui ». Mais on le sait : pour tout candidat à un poste dans l’orbite trumpienne, y répondre franchement relève de l’exercice périlleux. Warsh s’en tire par des circonvolutions soigneusement calibrées.

« Donald Trump a-t-il perdu les élections de 2020 ? » La question d’Elizabeth Warren à Kevin Warsh, lors de son audition au Sénat pour la présidence de la Fed, pourrait appeler un simple « oui ». Mais on le sait : pour tout candidat à un poste dans l’orbite trumpienne, y répondre franchement relève de l’exercice périlleux. Warsh s’en tire par des circonvolutions soigneusement calibrées.

On aurait pu penser qu’après sa victoire en 2024, Trump serait passé à autre chose. Il n’en est rien. En entretenant ce mensonge fondateur, il poursuit un objectif précis : réécrire l’histoire et effacer 2020 des livres.

Le président de la Réserve fédérale occupe une fonction clé — américaine et, par ricochet, mondiale. Son rôle est à la fois technique, stratégique et profondément politique au sens large, quand bien même il est censé tenir le pouvoir à distance. Il préside le Conseil des gouverneurs, fixe les taux directeurs, pilote la lutte contre l’inflation, veille à l’emploi, supervise le système bancaire et intervient en dernier ressort en cas de crise comme en 2008 ou pendant la pandémie.

Ses décisions ont des répercussions immédiates sur le crédit, les marchés et le dollar.

C’est précisément pourquoi son indépendance est non négociable. Sans elle, la tentation est grande pour un président en exercice d’abaisser artificiellement les taux à l’approche d’une élection pour s’offrir un rebond économique de façade. Paradoxe institutionnel : cette indépendance est garantie par des textes, mais le titulaire du poste est nommé par le président lui-même.

C’est cette indépendance qu’Elizabeth Warren a cherché à sonder. Et les réponses de Warsh à ses deux questions ont de quoi inquiéter. Incapable de dire que Trump a perdu en 2020, il botte également en touche lorsqu’elle lui demande s’il perçoit la moindre différence entre la politique économique du président et celle qu’il préconisait lui-même – se réfugiant derrière une boutade.

Le tableau est donc préoccupant. Mais le pire, comme on dit, n’est jamais certain.

On aurait pu penser qu’après sa victoire en 2024, Trump serait passé à autre chose. Il n’en est rien. En entretenant ce mensonge fondateur, il poursuit un objectif précis : réécrire l’histoire et effacer 2020 des livres.

Le président de la Réserve fédérale occupe une fonction clé — américaine et, par ricochet, mondiale. Son rôle est à la fois technique, stratégique et profondément politique au sens large, quand bien même il est censé tenir le pouvoir à distance. Il préside le Conseil des gouverneurs, fixe les taux directeurs, pilote la lutte contre l’inflation, veille à l’emploi, supervise le système bancaire et intervient en dernier ressort en cas de crise comme en 2008 ou pendant la pandémie.

Ses décisions ont des répercussions immédiates sur le crédit, les marchés et le dollar.

C’est précisément pourquoi son indépendance est non négociable. Sans elle, la tentation est grande pour un président en exercice d’abaisser artificiellement les taux à l’approche d’une élection pour s’offrir un rebond économique de façade. Paradoxe institutionnel : cette indépendance est garantie par des textes, mais le titulaire du poste est nommé par le président lui-même.

C’est cette indépendance qu’Elizabeth Warren a cherché à sonder. Et les réponses de Warsh à ses deux questions ont de quoi inquiéter. Incapable de dire que Trump a perdu en 2020, il botte également en touche lorsqu’elle lui demande s’il perçoit la moindre différence entre la politique économique du président et celle qu’il préconisait lui-même – se réfugiant derrière une boutade.

Le tableau est donc préoccupant. Mais le pire, comme on dit, n’est jamais certain.

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