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Poutine – Trump : victoire par abandon

Si l’on filait la métaphore sportive à l’issue de la Coupe du monde de football, dans le match qui l’opposait à Donald Trump, Vladimir Poutine n’a ni gagné aux points, ni par KO, mais par abandon du président américain (Kim-Trump : 2-0).

On se souvient du « Mr Gorbatchev, tear down this wall ». Les Américains ont droit aujourd’hui au « Mr Poutine, attaquez nos systèmes informatiques… ». Ronald Reagan doit se retourner dans sa tombe alors que les républicains – à l’exception de John McCain entre autres – restent muets ou réagissent une peu car ils ont retourné leur veste pour endosser les nouveaux habits que leur propose Donald Trump. Le « stable genius » est devenu leur maître à penser ou plutôt leur maître à ne pas penser. La conférence de presse donnée conjointement par l’autocrate russe et le président américain ponctue une semaine dont nombre d’Américains pourront se souvenir longtemps. Donald Trump semble faire tout ce que Vladimir Poutine lui aurait demander. Les officiels russes n’ont d’ailleurs pas tari d’éloges pour Donald Trump.

D’abord, une réunion avec les responsables de l’OTAN à l’occasion de laquelle Donald Trump a émis de grandes réserves sur l’intérêt de l’institution, s’est permis d’intervenir dans la politique intérieure allemande en présentant l’Allemagne comme otage de la Russie. Une déclaration qu’Angela Merkel, née en RDA, a dû appréciée. Ensuite, en Angleterre où en marge des réunions avec Teresa May, il donne une interview dans laquelle il se permet de critiquer la gestion du Brexit de celle-ci et déclare que Boris Johnson, le turbulent ministre des Affaires étrangères qui vient de démissionner aurait fait un très bon Premier ministre. En parallèle, il déclarait que l’Union européenne est une « foe » dont la traduction va d’opposant pour la version la plus atténuée à ennemi en passant par rival, adversaire. Ce qui est sûr c’est l’expression bien connue « friend ou foe » montre que si l’on fait partie de la catégorie foe, on n’est pas un ami.

Cette semaine se termine donc par ce sommet avec Vladimir Poutine. D’abord une réunion qui s’est tenue à huis clos, avec la présence des interprètes. Eux seuls savent donc ce que les deux présidents se sont dits. On aimerait pouvoir contacter l’interprète américaine pour savoir ce qui s’est dit. On peut tout imaginer. A supposer que Poutine ait un dossier sur Trump – question posée pendant la conférence de presse -, il aurait pu le presser de faire telle déclaration ou prendre telle décision. On le sait, la réalité dépasse parfois la fiction. Sinon, quelle raison plausible pourrait-on invoquer pour un tel comportement ? Une totale incompétence, incompréhension de la situation… Même Fox News semblait un peu décontenancé en faisant part de son désappointement.

Ensuite la conférence de presse pendant laquelle Donald Trump a donné l’impression d’être sous la domination de Vladimir Poutine. « Poutine a recruté psychologiquement Donald Trump », déclarait Frank Figliuzzi ancien directeur adjoint du département de contre-intelligence du FBI. John Brennan, ancien patron de la CIA faisait pour sa part de son désaroi : « Je pensais que je ne pouvais plus être surpris par Donald Trump, j’avais tort ».

A la question spécifique posée sur l’interférence désormais documentée depuis l’inculpation par l’enquête de Bob Mueller de 12 russes employés par une organisation officielle baptisée GRU qui ne peut agir sans les ordres de Poutine, Donld Trump a posé la question : « Je ne vois pas les raisons pour lesquelles les Russes auraient fait ça » poursuivant que Vladimir Poutine le niait énergiquement. Donald Trump indiquait qu’il croyait plus Vladimir Poutine que ses propres agences de renseignement. Déclaration d’autant plus difficile à supporter par les Américains qu’elles ont été faites à l’étranger devant le président russe. Quant à la proposition absurde du point de vue américain faite par Poutine d’aider Bob Mueller et ses enquêteurs, Donald Trump l’a jugée « extraordinaire ». On ne saurait que conseiller au président américain de lire la fable La Poule et le Renard de La Fontaine. Mais on sait qu’il ne lit pas et préfère regarder Fox and Friends.

 

Where does it lead ?

And now, the end is near
And so I face the final curtain
My friend, I’ll say it clear
I’ll state my case, of which I’m certain

I’ve lived a life that’s full
I’ve traveled each and every highway
But more, much more than this
I did it my way
The Donald Trump way

My Way par Frank Sinatra

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