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50 nuances d’édito

25 décembre
Kevin McCarthy à la peine

Il en rêvait depuis des années, devenir Speaker de la chambre des représentants, le second poste dans l’ordre de succession présidentielle, après le vice-président des États-Unis et avant le président pro tempore du Sénat. Mais il n’est pas sûr d’y arriver car il lui faut la majorité des voix, soit 218, alors que les républicains ne disposent que d’une très courte majorité de 222 sièges et que 5 élus MAGA ont déclaré qu’ils ne voteraient pas pour lui. L’élection pourrait demander plusieurs tours, ce qui serait une première depuis 1923. On ne sait pas trop si les 5 élus réfractaires font du chantage ou du marchandage pour obtenir des postes ou des garanties sur certains sujets ou s’ils sont réellement opposés à cette candidature. S’il échoue, ce ne serait pas la première fois, déjà en 2015, il avait dû céder la place à Paul Ryan.

Avant les élections de mi-mandat, il avait annoncé qu’il s’attellerait aux vrais problèmes – : inflation, criminalité, immigration. Aujourd’hui, il semble enclin à se lancer dans l’obstructionnisme systématique et motivé par un esprit de revanche contre Joe Biden qui a osé battre son mentor aux dernières élections. Pour preuve, il a menacé les sénateurs républicains que s’ils votaient la loi budgétaire de 1 700 Mds$ en cours, il tuerait dans l’œuf tous leurs projets de loi. Parallèlement, les représentants républicains auraient déclaré qu’ils lui feraient une faveur en votant cette loi avant que les républicains qu’ils ne prennent la majorité à la Chambre afin de moins écorner leur image. Curieuse façon de concevoir la politique.

18 décembre
Ron DeSantis : Trump en pire ?

Ron DeSantis, réélu triomphalement gouverneur de Floride, est cité (aujourd’hui) comme le candidat le plus sérieux et le plus dangereux pour Donald Trump. Un premier sondage (The Suffolk University/USA Today) montrait qu’il était préféré à Donald Trump par les électeurs à tendance républicaine avec une marge confortable (56-33). Un sondage ne fait pas un favori mais un deuxième sondage publié par le Wall Street Journal confirmait la tendance (52-38). Même si Ron DeSantis était toujours largement favori à quelques mois des élections, cela n’empêcherait pas Donald Trump de torpiller son élection en se présentant avec une étiquette partisane sortie de son chapeau. En réunissant ne serait-ce que 15 % des voix, il ôterait ainsi toute chance au gouverneur de Floride de s’installer derrière le bureau ovale. Et si Ron DeSantis était élu, serait-ce une chance pour l’Amérique ? Pour paraphraser un article récent du Monde (1) selon lequel « DeSantis, c’est Trump moins les insultes », DeSantis, c’est Trump, le cerveau et la discipline en plus. Comme Trump, il se croit investi d’une mission divine (Dieu et Ron DeSantis : transitivité) ; comme Trump, il est toujours prêt à jouer la carte populiste. Pour preuve, les initiatives récentes pour flatter dans le sens du poil le mouvement antivax (DeSantis Sucks Up to the Anti-Vax Crowd) dont l’intersection avec celui des complotistes et l’ensemble des nationalistes blancs est grande. En fait, DeSantis président augmenterait le risque de voir l’Amérique s’enfoncer dans la “MAGAicité”.

 (1) “America first” n’était pas qu’un slogan trumpiste, mais une stratégie assumée des Etats-Unis, quelle que soit l’administration au pouvoir » – Le Monde – 28 novembre 2022

11 décembre
Indécrottables !

Que n’avait-on entendu les républicains sur la Commission du 6 janvier : acharnement politique, détournement des vrais problèmes, mobilisation de l’argent public…

Que ne les avait-on entendus pendant la campagne des élections de mi-mandat : l’administration Biden a totalement failli à traiter les vraies questions auxquelles sont confrontés les Etats-Unis comme maîtriser l’immigration déferlante et stopper les caravanes de migrants ; réduire l’inflation galopante ; écraser la criminalité foudroyante qui menace la société américaine.

Ils avaient prévenu, ils tiennent leurs promesses. Quelle est la première initiative qu’ils viennent d’annoncer : des mesures pour combattre l’immigration, juguler l’inflation, combattre la criminalité ? Que nenni ! Ils préparent la mise en place d’une commission d’enquête sur le retrait des troupes de Kaboul, qui avait permis d’évacuer plus de 120 000 personnes, là où l’opération Frequent Wind avait réussi à faire exfiltrer 7 000 civils lors de la chute de Saïgon en avril 1970. Ils font porter un peu facilement à Joe Biden le chapeau d’un accord mal ficelé et signé par l’administration Trump qui n’avait consulté que les Talibans et n’avait pas jugé nécessaire d’impliquer les membres du gouvernement Ghani dans les négociations.

Et ils prévoient d’autres enquêtes, sur le fils du président pour atteindre le père, sur la gestion du Covid par le docteur Fauci, sur la gestion de l’immigration par le Homeland Security Secretary Alejandro. Bref, de quoi occuper les deux prochaines années autour des « vraies questions ».

4 décembre
Et pour un siège de plus !

Mardi prochain, les démocrates pourraient gagner un siège supplémentaire au Sénat, siège dont ils auront bien besoin en 2024 dans une élection qui se présente difficile. Raphaël Warnock, actuel sénateur démocrate de Géorgie et candidat à l’élection dont le deuxième tour se tiendra ce mardi face au candidat républicain Herschel Walker a déclaré que cette élection « is about character and competence ».

« Je rêve qu’un jour, sur les collines de Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité » proclamait Martin Luther King le 28 août 1963 à l’occasion de la marche pour l’emploi et la liberté. Ici, il ne s’agit pas de la table de la fraternité mais du bureau de vote mais c’est tout aussi fort sur le plan symbolique.

Mais il y ajoutait : « Je rêve que mes quatre petits enfants vivront un jour dans un pays où l’on ne jugera pas à la couleur de la peau mais à la nature de leur caractère ». Justement, ce n’est pas faire offense au candidat soutenu par Donald Trump qui « ne veut pas être un vampire mais un loup-garou », qui a été accusé de violences domestiques par plusieurs femmes, qui est contre l’avortement mais a payé à deux reprises des femmes pour le pratiquer, et qui prétend, à tort, avoir été un agent du FBI et habité au Texas, qu’il n’a ni le caractère ni la compétence. Les électeurs jugeront mardi.

27 novembre
“L’exceptionnalisme américain”, version mortifère

Chesapeake, Colorado Springs, Charlottesville, Raleigh, Memphis, Greenwood… En 2022, plus de 600 fusillades de masse ont été recensées à ce jour par The Gun Violence Archive, une association qui publie des statistiques sur la criminalité par armes à feu. Concernant les fusillades de masse, définies pas par la mort de quatre personnes et plus, les Etats-Unis se trouvent dans une situation exceptionnelle. Seul le Yémen dénombre plus de tués par habitant par pour ce type d’homicides que les Etats-Unis. Si ces tragédies étaient liées à un problème de santé mentale, il faudrait  on devrait dénombrer plus de déséquilibrés aux Etats-Unis que dans les autres pays. Comme ce n’est pas le cas, il faut trouver d’autres explications. Les Etats-Unis représentent un peu moins de 5 % de la population mondiale mais totalisent près de 45 % des armes à feu en circulation sur la planète. Mais de ce côté-là, circulez, il n’y a rien à voir. Les armes à feu ne sont en rien la cause de cette triste situation répètent à l’envi les défenseurs d’un second Amendement dévoyé et les supporters de la NRA. C’est bien connu, ce ne sont pas les armes qui tuent mais ceux qui les utilisent. Même après le massacre de Sandy Hook de en 2012, qui avait enlevé la vie à vingt enfants de six et sept ans, les Etats-Unis avaient décidé de … ne rien faire ! Il est donc clair que c’est là une cause perdue.

20 novembre
Same player loses again !

Pourquoi ce pinhead aurait-il droit à claquer une partie gratuite car ce n’est vraiment pas un wizard et ses scores sont bien médiocres. En 2016, succès à l’arrachée à la Maison Blanche avec un déficit de voix populaires. Puis débâcle aux midterms 2018, déconfiture en 2020 avec un manque de 7 millions de voix et déroute aux midterms de 2022. A-t-il bénéficié d’une extra ball dans la partie qu’il était en train de jouer ? Pense-t-il jouer en multiball pour maximiser ses chances ? Pourquoi un tel jackpot ? Il a sans doute bénéficié d’un bonus caché :  un Easter egg que personne n’avait repéré. Ou encore il a utilisé un drop catch pour temporiser, une technique qu’il utilise quasi systématiquement, ou opéré une death save lui permettant de sauver la bille qui s’était présentée dans l’outlane. Bien sûr, il a bourré à mort le flipper à la limite de le casser et il est franchement surprenant que cela n’ait pas fait tilt, arrêtant   cette partie totalement insane. En fait, ce pinball était en freeplay, on peut jouer autant de parties gratuites qu’on veut. Pas de raison de se gêner et d’embarquer l’Amérique dans une nouvelle aventure destructrice. Heureusement, les mêmes causes produisant les mêmes effets, same player loses again ! Pour autant, tout ça ne peut que faire flipper.

—–

PS : Je n’avais jamais remarqué qu’il y avait deux formulations
Same player, shoot again : impératif
Same player shoots again : indicatif

13 novembre
2022 n’est pas 1998

Les républicains espéraient la « Red Wave », ils ont eu le « Red Mirage ». Ils pensaient que l’inflation, la criminalité et l’immigration seraient déterminantes pour les élections, il n’en n’a rien été. L’invalidation de la l’arrêt Roe v. Wade sur l’avortement et la fatigue de candidats radicaux, excentriques ou incompétents, motivés principalement par des élections de 2020 soi-disant volées, a sans doute été le principal moteur de ces midterms. Une situation qui n’est pas sans rappeler celle de 1998. Face à un président jugé immoral pour une affaire de canapé dans le bureau ovale, les républicains pensaient gagner haut la main. Les résultats les ont contredits. Ils n’ont gagné aucun siège au Sénat et en ont perdu cinq à la Chambre des représentants, la première fois depuis 1934 que le parti qui ne détient pas la Maison Blanche perd des sièges à la chambre basse. Une semaine après l’annonce des résultats, le speaker News Gingrich, qui avait joué les apprentis sorciers en faisant du chantage sur le relèvement du plafond de la dette, donna sa démission en déclarant : « This will give us a chance to purge some of the poison that is in the system ». George W. Bush, l’un des grands vainqueurs de ces élections, prit en main la destinée du GOP et gagna la Maison Blanche deux ans plus tard (avec l’aide de la Cour Suprême). Avec un parti normal, Ron De Santis pourrait jouer ce rôle mais il est peu probable que Donald Trump lui en laisse la possibilité. « Well, I think if they win, I should get all the credit. If they lose, I should not be blamed at all » a-t-il déclaré sur la Chaine NewsNation.

6 novembre
Midterms 2022 : De l’alternance à la vendetta

« Attorney General Garland: preserve your documents and clear your calendar » avait twitté Kevin McCarthy le 9 août dernier indiquant, sur un ton menaçant, qu’il devrait se tenir à la disposition de la Chambre des représentants si les républicains gagnaient la majorité aux élections de mi-mandat. Dans l’attente d’une victoire probable, les républicains MAGA viennent de publier un document de plus de 1000 pages intitulé FBI whistleblowers: what their disclosures indicate about the politicization of the FBI and justice department dans lequel ils ne cachent PAS leurs objectifs consistant non pas à mettre en œuvre de nouvelles politiques mais à conduire des enquêtes sur des sujets aussi variés que le cas de Hunter Biden, dans l’espoir de discréditer Joe Biden, Antony Fauci et sa gestion du Covid, le départ des troupes d’Afghanistan, la politique d’immigration, le ministre de la Justice Merrick Garland… Ils reprennent un argument qui fera mouche selon lequel le FBI s’inscrit dans une tradition d’abus de pouvoir avec le fameux exemple d’Edgar Hoover surveillant Martin Luther King. Le directeur du FBI Christopher Wray (nommé par Donald Trump et maintenu par Joe Biden) « had an opportunity to clean up the leadership culture at the FBI, ro end politicization, and restire trust and integrity in the FBI’s mission. By any objective measure, Wray has failed » affirme le rapport. Jim Jordan (D-OH) qui, en cas de victoire des républicains à la Chambre, serait sans doute à la tête de la commission judiciaire, mettra toute son énergie d’ancien lutteur à poursuivre les membres du parti opposé devenus des ennemis. Il aura l’aval de Kevin McCarthy, devenu alors Speaker de la Chambre des représentants.

30 octobre
L’affirmative action en question

Cette semaine, la Cour Suprême va examiner deux affaires (Students for Fair Admissions v. President & Fellows of Harvard College et Students for Fair Admissions v. University of North Carolina) dont le résultat pourrait remettre en cause des décennies d’affirmative action (discrimination positive). Une pratique qui commence aux débuts des années 1960 lorsque John Kennedy signe un décret obligeant les programmes financés par le gouvernement fédéral de « take affirmative action » afin de s’assurer que l’emploi ne soit pas soumis aux discriminations raciales ou sexuelles.

Quel est l’état de l’opinion des Américains sur cette question ? Cela est fortement lié à la formulation. Pour preuve, le résultat du sondage publié par le site FiveThirtyEight (ci-dessous). Tout dépend si l’on met l’accent sur les communautés que l’on souhaite aider (favoriser), les Noirs et les Hispaniques, ou sur les conséquences négatives quasi-mécaniques d’une telle action sur les communautés blanches ou asiatiques. Les deux affaires correspondent à des problèmes juridiques différents. Dans la première, Harvard est accusée de discriminer de manière inconstitutionnelle les asiatiques dans un processus de sélection prenant en compte l’appartenance raciale. Dans la seconde, le processus d’admission des étudiants mis en place par Chapel Hill violerait les droits civiques et la Constitution. Étant donné la composition de la Cour Suprême, il ne serait pas surprenant que l’affirmative action soit rayée d’un trait de plume.

23 octobre
2022, marchepied pour 2024 ?

Dans plusieurs États clés, les candidats républicains MAGA qui ont prétendu ou suggéré que l’élection de 2020 avait été volée et que Joe Biden n’est pas légitime pourraient bien devenir gouverneurs. En Arizona, Kari Lake devance la démocrate Katie Hobbs. Dans le Wisconsin, Tim Michels est à seulement un demi-point de pourcentage du gouverneur en exercice Tony Evers. Dans le Michigan, les quatre derniers sondages placent le challenger Tudor Dixon à six points de la gouverneure Gretchen Whitmer. A peine plus que la marge d’erreur. Et si Doug Mastriano s’ajoutait à cette liste, cela donnerait 55 voix qui pourraient donner la Maison Blanche à Donald Trump, s’il se présentait. Est-ce là une hypothèse farfelue ?  Pas vraiment si l’on observe ce qui s’est passé après les événements qui ont conduit au 6 janvier que certains considèrent comme l’expérimentation d’un coup d’état, certes raté en 2020 mais pouvant réussir en 2024.

Le pire est que de nombreux électeurs qui ne pensent pas que l’élection de 2020 a été volée soutiennent des candidats qui prétendent ou laissent entendre que c’était le cas. Pourquoi ? Parce qu’ils pensent que mentir sur le résultat des élections n’est pas disqualifiant. Beaucoup d’entre eux ne se soucient même pas de ces mensonges. Désormais, gagner est la seule chose qui compte.

16 octobre
Midterms 2022 : des élections à risque

Mardi 8 novembre, les Américains se rendront aux urnes pour les élections de mi-mandat. Selon le pronostiqueur Nate Silver, sur son site fivethirtyeight, les démocrates ont 66 % de chances de conserver la majorité au Sénat (ils disposent actuellement de 50 sièges, la plus courte majorité possible grâce l’appui de la Vice-présidente Kamala Harris en cas d’égalité des votes) et les républicains ont 70 % de chances de reprendre la majorité à la Chambre des représentants. Le raz de marée envisagé avant les vacances d’été ne devrait pas arriver laissant la place à un gain modeste des républicains. Mais le plus important n’est sans doute pas là. Plus de la moitié des candidats républicains qui se présentent à ces élections ne reconnaissent pas ou mettent en doute le résultat des élections de 2020. Ce qui représente 299 candidats soit 53 % des 569 candidats scrutés par le Washington Post (Menaces sur la démocratie). Il y a donc fort à parier et à craindre que nombre de ceux qui seront battus en novembre ne reconnaîtront par leur défaite. D’un candidat – l’ex-président – qui refuse d’accepter la victoire de son opposant, on pourrait donc passer à des dizaines de postulants qui refuseront d’admettre leur défaite alors qu’il s’agit là d’une des règles essentielles de la démocratie. Alors, les Etats-Unis entreront dans une zone de turbulence dont on ne voit comment ils pourraient sortir. Selon une enquête réalisée par YouGov en août dernier, plus de 40 % des Américains pensent que les Etats-Unis sont menacés par une guerre civile dans les dix ans à venir. On a peur qu’ils aient raison.

9 octobre
Quel impact de l’emploi sur les midterms ? 

Selon l’U.S. Department of Labor, les Etats-Unis ont créé 263 000 emplois en septembre, un léger ralentissement mais un résultat qui s’inscrit dans une amélioration durable. Depuis janvier 2021, les Etats-Unis ont créé (recréé ?) plus de 10 millions d’emplois amenant le taux de chômage au plus bas depuis un demi-siècle, un résultat qui touche toutes les communautés : 3,8 % pour les Hispaniques, 5,8 % pour les Noirs et 3,1 % pour les Blancs. Quel est l’impact de la politique menée par Joe Biden, notamment l’American Rescue Plan Act en mars 2021 (1 900 Mds$) destiné à stimuler l’économie puis l’Infrastructure Investment and Jobs Act (1 200 Mds$) en novembre 2021, le CHIPS Act of 2022 en août et enfin l’inflation Reduction Act en septembre ? Ces différentes lois ont sans doute joué un rôle dans l’inflation que connaissent les Etats-Unis aujourd’hui (tous les pays y sont confrontés) mais aussi sur l’emploi. Cela n’empêche les élus républicains d’« agonir » Joe Biden. « President Biden’s multi-trillion dollar socialist wish list » pour Tom Emmer, « big government socialist agenda » pour Andy Barr, « socialist spending spree » pour Ashley Hinson ou encore « I will not support funding for policies that drive our country into socialism » selon Markwayne Mullin. Paradoxalement, beaucoup d’élus qui ont voté contre ces lois, ne sont pas les derniers à demander les subsides qui ont été votés. « I was surprised to see so many socialists in the Republicans Caucus », a déclaré ironiquement Joe Biden.

2 octobre
Joe Biden en 2024 ?

Joe Biden va-t-il se représenter en 2024 ? Personne ne le sait, peut-être même pas l’intéressé. Doit-il se représenter ? L’idée communément admise est qu’il ne devrait pas le faire en raison de son âge avancé. Il aura 82 ans au moment de l’élection et donc 86 ans en fin de mandat. Cela semble en effet déraisonnable car être président des Etats-Unis est loin d’être une sinécure. Certes Paul Biya, le président du Cameroun, a 89 ans, mais est-ce une bonne raison ? Depuis l’élection de Joe Biden en 2020, les républicains, MAGA ou pas, quand ils ne questionnent pas sa légitimité en raison d’élections soi-disant frauduleuses, mettent en doute ses capacités intellectuelles et évoquent une possible mise en œuvre de la section 4 du 25e amendement. Un matraquage médiatique lancé par leur maître à tous qui qualifie régulièrement l’actuel président de « sleepy Joe ». C’est le thème de l’infâme chronique publiée par la National Review (Biden‘s Not Going Anywhere Before 2024) qui prend l’exemple plutôt mal choisi de la position initiale de Joe Biden sur le conflit russo-ukrainien, transformée depuis en un formidable soutien aux Ukrainiens. Que dire en comparaison du « perfect phone call » avec le président de l’Ukraine Volodymyr Zelensky en 2019 lors duquel Donald Trump conditionnait son aide militaire à la fourniture d’informations compromettantes sur le fils du candidat démocrate, devenu président. Et n’en déplaise aux républicains MAGA, si modeste soit-elle, la cote de popularité de Joe Biden est globalement supérieure à celle de son prédécesseur.

25 septembre
Commitment to America : oui mais comment ?

Avec son projet « Commitment to America », Kevin McCarthy espère peut-être rééditer l’exploit de Newt Gingrich et son plan « Contact to America » qui avait donné aux républicains leur première majorité à la Chambre des représentants depuis 40 ans. Mais Kevin McCarthy semble un peu paresseux car son projet tient sur une petite page avec des généralités, tellement générales, que les démocrates pourraient les partager aisément : réduire l’inflation, contrôler les frontières, combattre la criminalité… Evidemment, si tout va mal depuis près de deux ans, c’est de la faute des démocrates et de Joe Biden : « Democrats in Washington have led America off-track » ; The Commitment to America represents a new direction and a better approach that will get our nation back on track ». Comment ? On ne sait pas trop. De l’avis même de l’American Spectator, un magazine conservateur qui a enfourché l’« idéologie MAGA » : « It crashed on takeoff. The mainstream media ignored it as did the conservative media. And deservedly so ». Et ce n’est pas en voulant supprimer les 87 000 postes d’employés de l’IRS destinés à remettre l’administration des impôts au niveau où elle était il y a une quinzaine d’années ou revenir sur la loi qui permet au programme Medicare de négocier le prix des médicaments avec les compagnies pharmaceutiques que les républicains pourront mobiliser leurs troupes. Kevin McCarthy n’est pas Newt Gingrich et 2022 n’est pas 1994.

18 septembre
Shithole countries*

« The U.S. has become a dumping ground for everybody else’s problems (…) When Mexico sends its people, they’re not sending their best (…) They’re bringing drugs. They’re bringing crime. They’re rapists ». C’est ce qu’avait déclaré Donald Trump en 2015 descendant l’escalier de la Trump Tower pour annoncer sa candidature aux élections présidentielles de 2016. Rouvrant ainsi la porte à un odieux discours repris en chœur par tous les Républicains MAGA. Un changement de ton radical par rapport à celui de Ronald Reagan – dont pourtant beaucoup de républicains se réclament – qui avait déclaré en 1984 : « I believe in the idea of amnesty for those who have put down roots and lived here, even though sometime back they may have entered illegally ». Le père de la nouvelle vague du conservatisme avait signé la loi 1986 Immigration Reform and Control Act qui, certes, durcissait les conditions d’immigration, mais amnistiait près de 3 millions de migrants entrés sur le territoire américain avant 1982. Quel contraste avec aujourd’hui. Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, affrète des bus pour envoyer des migrants dans les grandes villes du Nord-Est. Ou plus récemment le gouverneur de Floride, Ron de Santis, a envoyé deux avions charters remplis d’une cinquantaine de migrants originaires du Venezuela sur la très chic île de Martha’s Vineyard, sur les côtes du Massachusetts. Tout cela aux frais des contribuables. Quand l’ignoble ajoute à l’infâme.

*« Why allow immigrants from ‘shithole countries’? » Donald Trump – 2018

4 septembre
Joe Biden persiste et signe

La semaine dernière, à l’occasion d’une réunion du parti démocrate dans le Maryland, Joe Biden avait qualifié la philosophie de Donald Trump de « semi-facism ». C’était peut-être une insulte au mot philosophie. Cette semaine, lors d’une allocution plus solennelle à l’Indépendance Hall où furent signées la déclaration d’indépendance en 1776 et la Constitution en 1789, Joe Biden a rappelé que, selon lui, « Donald Trump and the MAGA Republicans represent an extremism that threatens the very foundations of our Republic » (…) MAGA Republicans do not respect the Constitution. They do not believe in the rule of law. They do not recognize the will of the people. They refuse to accept the results of a free election ». Comment ne pas admettre ce dernier point lorsque l’ex-président conteste toujours le résultat des élections ou les deux premiers lorsqu’il se permet de stocker chez lui des documents secrets contre les lois en vigueur, mettant peut-être en péril la sécurité du pays ? Certains républicains MAGA font observer que les Etats-Unis sont une république et non une démocratie. Veulent-ils dire par là qu’ils ne veulent pas respecter la loi de la majorité et qu’ils entendent bien confisquer le pouvoir, coûte que coûte ?

« America is an idea (…) It unites America » concluait Joe Biden dans son discours. Mais avec les républicains MAGA, cette idée n’est-elle pas en train de tourner au cauchemar ?

PS : Marjorie Taylor Greene, la représentante du 14e district de l’état de Géorgie a, une fois de plus, fait dans la modération. Elle n’a été réprimandée par aucun des responsables de son parti.

28 août
Haro sur la dette étudiante !

Honorant l’une de ses promesses électorales, Joe Biden a annoncé cette semaine qu’il effaçait une partie de la dette contractée par les citoyens américains pour financer leurs études supérieures, jusqu’à 20000 dollars par personne. Un Américain sur huit a dû faire un tel emprunt. Le montant total de la dette étudiante s’établit à 1700 milliards de dollars, supérieur à l’encours des cartes de crédits. Et il faut en moyenne 17 ans pour rembourser.

Malaise chez certains démocrates et tollé chez les républicains qui ne sont pas à un mauvais argument près et que l’hypocrisie ne semble pas déranger. La Maison Blanche a publié une liste (non exhaustive) d’élus républicains très critiques qui ont bénéficié des largesses de l’Etat fédéral en effaçant des dettes liées à des prêts Paycheck Protection Program consentis pendant la période du Covid.

Par ailleurs, les mêmes arguments refleurissent face à ce type de mesure : C’est bien pour ceux qui en profitent mais les autres ? Les cols bleus, qui n’ont pas fait d’études supérieures, doivent-ils payer pour ceux qui en ont fait ?

Eternelle question de savoir s’il faut financer certains programmes publics par l’impôt ou par le paiement des usagers.

Quel que soit le jugement porté à cette mesure prise par Joe Biden, elle met en lumière une évidence : le coût des études supérieures aux Etats-Unis est exorbitant et extravagant, même dans les universités publiques qui bénéficient d’un argent public de plus en plus rare. C’est à cette question qu’il faut s’atteler. Le futur de la compétitivité américaine en dépend.

21 août
Le vent est-il en train de tourner ?

D’abord, l’arrêt de la Cour Suprême sur le droit à l’IVG, puis les lois votées par le Congrès (CHIPS, PACT, IRA, loi sur les armes à feu) semblent galvaniser les troupes démocrates pour les élections de mi-mandat que tous les observateurs donnaient largement aux républicains. De leur côté, ces derniers sont empêtrés dans leur dilemme vis-à-vis de Donald Trump et ont du mal à choisir leur camp. Sur les dix élus qui ont voté le second Impeachment, quatre ont été battus aux primaires face à des candidats endossés par Trump, quatre se sont retirés de la course et deux seulement ont gagné. Et Trump ne ménage pas ses efforts pour soutenir des candidats aussi extrémistes que loufoques – Doug Mastriano, Dr Oz, Kari Lake, Marjorie Taylor Greene, Laureen Boebert pour n’en citer que quelques-uns – mais qui partagent tous l’idée du Big Lie selon laquelle les élections de 2020 ont été frauduleuses et donc qu’il est le président légitime. Dans six Etats clés (Arizona, Géorgie, Michigan, Nevada, Pennsylvanie et Wisconsin), 54 candidats adeptes du Bie Lie sur 87, qui auront un rôle à jouer les prochaines élections, ont été élus dans les primaires républicaines. « I think there’s probably a greater likelihood the House flips than the Senate. Senate races are just different – they’re statewide, candidate quality has a lot to do with the outcome, » a déclaré cette semaine le chef de la minorité au Sénat Mitch McConnell. Sachant qu’en plus le National Republican Senatorial Committee semblerait avoir des problèmes d’argent. Bref, d’une vague rouge très probable, on est passé à des élections beaucoup plus ouvertes.

Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent avait dit Edgar Faure en citant Camille Desmoulins. 

14 août
Tout est dans la nuance

« The Fascist Bureau of Investigation – The FBI and the weaponization of government »  by Jeffrey Lord, The American Spectator. « Just Say No to a Banana Republic » by Frank DeVito, The American Conservative. « Merrick Garland Doesn’t Care About The Rule Of Law. Just Ask Hunter Biden » by Tristan Justice, The Federalist. « The FBI and the DOJ have sadly earned the country’s distrust » by Sean Hannity, Fox News. « The FBI raid on Trump’s Mar-a-Lago home highlights the alarming double standard that gives Dems a pass » by Adriana Cohen, The New York Post. « May the FBI Rest in Peace » by Michael Grimm, Newsmax. « FBI, R.I.P.? » by Victor Davis Hanson, The Epoch Times. Steve Bannon a qualifié le FBI de Gestapo et a déclaré : « We need choke down the Justice Department ».

Mike Pence, ex-Vice-président des Etats-Unis : « I share the deep concern of millions of Americans over the unprecedented search of the personal residence of President Trump. No former President of the United States has ever been subject to a raid of their personal residence in American history ». Oui, mais aucun président n’a gardé des documents hautement confidentiels chez lui pendant plus de 18 mois.

« – Attention, Natacha, c’est pas une pute !
– Non, elle est hôtesse dans un bar à putes, nuance ! »
Les Ripoux 

7 août
Kansas ou Indiana ?

Mardi dernier, contrairement à ce que les sondages avaient prévu, les habitants du Kansas, pourtant un Etat largement républicain (aux dernières élections présidentielles, Donald Trump a eu un avantage de 14 points), ont voté à une très grande majorité contre un amendement à la Constitution qui entendait remettre en cause le droit à l’avortement.

Vendredi, le Sénat de l’Indiana a confirmé à une large majorité (28-19) une loi votée par la chambre basse de l’Etat interdisant l’IVG dès la conception sauf dans les cas de viol, d’inceste, de malformation mortelle du fœtus ou lorsque la vie de la mère est en danger. Inutile de préciser que les deux chambres de l’Indiana sont à majorité républicaine. 

Un référendum d’un côté, une loi de l’autre. Certes, il n’y a rien d’extraordinaire à ce que les élus censés représenter le peuple votent des lois, même si celles-ci peuvent parfois aller à l’encontre de la majorité des citoyens. Mais cela pose plusieurs questions. D’abord, lorsque la légitimité des élus peut être mise en question en raison du système électoral (influence de l’argent, Gerrymandering, restrictions du droit de vote…). Ensuite, on se demande bien pourquoi sur une question aussi fondamentale que le droit à l’IVG, ce qui serait bon pour le Kansas, ne le serait pas pour l’Indiana ? Mais c’est là ce qu’a voulu la Cour Suprême en invalidant l’arrêt Roe v. Wade de 1973 affirmant que la Constitution ne dit rien sur le droit à l’avortement. Au risque de créer le chaos, des situations extrêmes (cf. la fillette de 10 ans qui, après avoir été violée, a dû aller de l’Ohio à l’Indiana pour procéder à un IVG – avant que la loi ne soit votée) et des batailles juridiques qui ne vont pas manquer de se multiplier dans tout le pays mais dont les Américains se délectent (pour le bonheur des avocats).

31 juillet
Petite politique politicienne

L’expression est souvent utilisée pour dénigrer et calomnier les adversaires politiques dans des décisions jugées discutables ou cyniques. Après avoir voté la loi Creating Helpful Incentives to Produce Semiconductors (CHIPS) visant à renforcer le contrôle de la fabrication des semiconducteurs, le Congrès a, contre toute attente, réussi à introduire la loi Inflation Reduction Act of 2022 (qui contient un volet important de lutte contre le dérèglement climatique) grâce à des tractations entre Chuck Schumer, le leader de la majorité démocrate du Sénat et Joe Manchin (D-NY), celui-là même qui s’y était opposé jusqu’ici. Utilisant la procédure de la réconciliation, cette loi devrait être votée en échappant à la règle de la supermajorité (filibuster). Deux victoires importantes pour le camp démocrate et pour Joe Biden, qui en a bien besoin. Furieux de ces avancées des démocrates, les sénateurs républicains ont voté contre la loi Promise to Address Comprehensive Toxics (PACT) dans un retour de navette parlementaire alors qu’ils l’avaient votée il y a quelques semaines. A ce sujet, le satiriste Jon Stewart qui n’a pas la langue dans sa poche a pulvérisé les républicains lors d’une déclaration devant le Congrès. Toujours en mesure de rétorsion, les mêmes républicains ont fait savoir qu’ils pourraient de pas voter la loi pour la protection du mariage gay en prévision d’un possible arrêt de la Cour Suprême. Deux projets de lois qui bénéficient du soutien d’une large majorité des Américains. Ce qui est bon pour le pays est bon pour Joe Biden et donc mauvais pour les républicains. CQFD.

24 juillet
Non diabolicum perseverare

« I ran twice, I won twice, and did much better the second time than I did the first, getting millions more votes in 2020 than we got in 2016 ». C’est ce que Donald Trump a répété ce vendredi lors du meeting organisé à Prescott Valley en Arizona. « And likewise, getting more votes than any sitting president in the history of our country by far. » Une déclaration qui intervient alors que la Commission du 6 janvier a tenu cette semaine sa huitième audition publique accumulant les preuves d’un coup d’état fomenté et exécuté par l’ancien président. Il a également déclaré qu’il n’annoncera pas sa candidature avant les élections de mi-mandat. De quoi rassurer ses adversaires républicains qui vont ainsi avoir plus de temps pour aiguiser leurs couteaux. Et à Donald Trump de continuer à collecter des fonds. En mars dernier, la Federal Election Commission avait indiqué que le PAC « Save America » de Donald Trump avait en caisse plus d’argent que les partis républicains et démocrates réunis. Il pourra aussi continuer à peaufiner son projet Schedule F révélé cette semaine par le magazine Axios. Une pratique du « Spoils System on steroid » qui, dans le cas où il serait élu en 2024, permettrait de remplacer jusqu’à 50 000 fonctionnaires fédéraux par des personnes loyales et « dignes de confiance ».

A radical plan for Trump’s second term – Axios – 22 juillet 2022.

17 juillet
Il n’est plus interdit d’interdire !

Les républicains radicaux (n’est-ce pas un pléonasme désormais ?) n’ont qu’une idée en tête depuis l’arrêt Roe v. Wade qui faisait de l’IVG un droit de la personne au niveau fédéral : interdire l’avortement, par tous les moyens possibles. Lorsque la Cour Suprême a voté l’arrêt Dobbs v. Jackson Women’s Health Organization en juin dernier, il leur était facile de dire qu’il était simplement question de rendre la décision au niveau de chaque Etat. Pourquoi les Wyomingois (curieusement la devise de cet Etat est l’égalité des droits) devraient vivre comme les Californiens et se soumettre aux mêmes règles, disaient-ils ? Parce qu’ils sont Américains pourrait-on répondre. Oui mais les Etats-Unis sont formés comme un état fédéral où chaque Etat à ses prérogatives. Soit. Théoriquement, l’arrêt Dobbs n’empêche pas les Wyomingoises de se rendre dans le Golden State pour recourir à une IVG. Qu’à cela ne tienne ! Il suffit de leur interdire de sortir de l’Etat pour avoir accès à une telle procédure. Est-ce là une vue de l’esprit ? Le Missouri et le Texas ont déjà voté des « bounty bills » permettant aux citoyens de poursuivre quiconque aidant une résidente à obtenir un avortement hors de l’État. Et les idées ne manquent pas de fleurir : interdiction des publicités en ligne pour accéder à l’IVG, interdiction de la vente de la pilule du lendemain. En attendant d’interdire la contraception (Mississippi ?). Mitch McConnell, le chef de la minorité du Sénat avait prévenu il y a deux mois : si les républicains regagnent la majorité en novembre, une interdiction de l’IVG au niveau fédéral est tout à fait envisageable*. On a parfois tort de ne pas prendre au sérieux les hommes politiques.

*GOP’s McConnell: Federal ban on abortion is « possible » : https://youtu.be/ryyNNLJMkDY

10 juillet
Jouer à qui perd gagne !

Jouer à un jeu où l’on convient que celui qui perdra selon les règles ordinaires gagnera la partie. Tout le monde a joué au moins une fois à ce jeu dont les règles sont un peu déroutantes et qui semblent contraires à toute logique. Et pourtant, il semblerait que ce soit désormais le modèle des élections présidentielles américaines. Sur les 7 dernières élections, les candidats républicains n’ont remporté le vote populaire qu’une seule fois, en 2004 grâce à l’effet drapeau d’une guerre en Irak encore populaire aux Etats-Unis. Il fallait bien trouver les armes de destruction massive. Aux élections de 2024, le candidat démocrate devra recueillir 5 % de plus de votes populaires que son opposant, voire plus, pour avoir une chance d’être élu. Cela en conséquence des lois infâmes passées dans nombre d’Etats gouvernés par des républicains visant à restreindre le droit de vote, et du charcutage électoral (gerrymandering). Et si d’aventure, dans ces conditions extrêmes, le candidat du parti de l’âne s’avisait de gagner, son concurrent, pourrait toujours contester le résultat, voire l’invalider. Pour le magazine The Bulwark[i], les deux options les plus probables sont : 

– Trump loses by a smaller margin than 2020 and creates another giant post-election fight to overturn the results.

– A Trump-like candidate wins the Electoral College, but loses the popular vote, extending what is clearly a minority-rule crisis for the entire system.

Either way: Not great, Bob conclut l’auteur de l’article.

[i] Ranking the Nightmares – How bad could 2024 get?

3 juillet
La bombe à retardement Trump explose !

De nombreux électeurs ont voté Donald Trump pour deux raisons : la nomination de juges conservateurs à la Cour Suprême et l’interdiction de l’IVG. La seconde résultant de la première. Peut-être à contre-cœur pour certains. Mais tous sont payés de leur investissement au centuple. En quelques jours, cette vénérable institution a prononcé plusieurs arrêts qui les récompensent de leurs efforts. Elle a d’abord cassé une décision de l’État de New York qui voulait limiter la vente d’armes à feu. Elle est ensuite revenue sur l’arrêt Roe v. Wade, vieux d’un demi-siècle, donnant ainsi à de nombreux Etats la possibilité d’interdire l’avortement et dans certains cas de le criminaliser. Enfin, elle vient de limiter le pouvoir de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) de réduire les effets d’émissions de CO² des centrales électriques, affaiblissant potentiellement le pouvoir de toutes les agences fédérales. Tous les droits de la personne qui ne sont pas inscrits dans la Constitution pourraient être amenés à être révisés si l’on en croit le Juge Clarence Thomas dont l’épouse ne s’est pas trop embarrassée pour participer à une tentative de coup d’État. Bref, la superstructure ultra conservatrice est au pouvoir et semble prête à dérouler son programme. Et les radicaux ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Le procureur général du Texas considère qu’il pourrait demander revenir sur une loi abolie en 2003 qui interdisait la sodomie si jamais la Cour suprême l’y autorisait. Face à cette offensive, que font les démocrates ? « Democrats value democratic norms over policy achievements, and Republicans feel the opposite », explique Seth Masket[i]. Devraient-ils reconsidérer leur stratégie et réviser leurs principes ?

[i] Why Are Democrats Letting Republicans Steamroll Them? by Seth Masket, professor of political science and director of the Center on American Politics at the University of Denver. Author of Learning From Loss: The Democrats 2016-2020.

26 juin
Conduire avec permis, s’armer sans permis

Brandon Koch et Robert Nash sont des résidents respectueux des lois de l’État de New York qui ont demandé des permis sans restriction pour porter une arme de poing en public justifiant la légitime défense. L’État a rejeté leurs demandes, au motif que les deux résidents n’ont pas satisfait à l’exigence de « motif valable ». Le tribunal de district de l’État a rejeté la plainte des requérants et la Cour d’appel a confirmé cet avis. Ils ont donc porté l’affaire devant la Cour Suprême des Etats-Unis. Cette dernière vient d’invalider ces deux décisions et affirme qu’il « n’existe aucune limitation historique dans le port d’armes ». Une décision qui pourrait aussi s’appliquer à d’autres États comme la Californie, le Maryland et le New Jersey. C’est là un arrêt qui intervient juste après deux massacres effroyables et au moment où républicains et démocrates ont voté un tout petit pas vers une réforme.

La gouverneure de l’État de New York a immédiatement répondu en indiquant qu’elle n’abdiquerait pas et ne se soumettrait pas. Et d’initier une piste pour les juristes. En 1788, lorsque la Constitution des États-Unis a été rédigée”, les seules armes existant à l’époque étaient des mousquets. Si l’on prenait au mot les littéralistes, la Constitution avait donc prévu des droits pour les mousquets, les seules armes existantes à l’époque mais pas pour celles que l’on a conçues depuis.

Dans tous les États-Unis, il faut un permis pour conduire une voiture, dans 25 États aucun permis n’est requis pour acquérir une arme à feu.

19 juin
It almost happened here, It could

En 1936, le sénateur Berzelius « Buzz » Windrip, entre dans la campagne électorale présidentielle sur une plate-forme populiste, promettant de redonner au pays la prospérité et la grandeur. Se présentant comme un champion de « l’homme oublié » et des valeurs américaines traditionnelles, Windrip bat le président Franklin D. Roosevelt pour l’investiture démocrate, puis bat facilement son adversaire républicain, le sénateur Walt Trowbridge, aux élections de novembre. On remarque ici que le populiste est un démocrate. A cette époque, les démocrates faisaient une synthèse impossible entre ceux du Nord et ceux du Sud. Ces derniers ont basculé dans le camp républicain lorsque Lyndon Johnson a fait voter les lois sur les droits civiques.

Une fois élu, le populiste Windrip proscrit la dissidence, incarcère des ennemis politiques dans des camps de concentration, forme et arme une force paramilitaire appelée les Minute Men qui terrorise les citoyens et applique les politiques de Windrip. L’un des premiers actes de Windrip en tant que président est d’éliminer l’influence du Congrès des États-Unis. Malgré le fait que ces mesures soient clairement dictatoriales, une majorité d’Américains les approuvent, les considérant comme douloureuses mais nécessaires pour restaurer la puissance américaine.

Ce roman dystopique de Sinclair Lewis n’était-il en fait qu’un roman d’anticipation ? Imagine-t-on un instant ce que pourrait faire un Donald Trump réélu pensant essentiellement à prendre sa revanche sur tous ses nombreux opposants ?

 « The former president and his party are today a clear and present danger for American democracy »
Judge J. Michael Luttig

12 juin
Même pas peur !

La première audition publique de la Commission du 6 janvier a désigné Donald Trump comme principal responsable de ce que l’on peut appeler une tentative de coup d’État et dont le point d’orgue a été l’attaque du Capitole. Des extraits de témoignages du premier cercle de l’ex-président ont clairement montré que, tous, avaient tenté de lui expliquer qu’il avait perdu les élections. Mais ce dernier n’a rien voulu entendre et a tiré sur toutes les ficelles possibles pour invalider le résultat des élections, sachant pertinemment qu’il les avait perdues.

Confronté à ce déluge de preuves, Donald Trump serait-il pris d’un acte de contrition ? Quelles « truths* » l’ex-président a publiées après l’audition : « January 6th was not simply a protest, it represent the greatest movement in the history of our country to make America Great Again » ; « The unselect Committee of political Thugs (…) cancel and deny, is all they can do » ;  « The hearing is another political HOAX to counter inflation etc. ».

Juste avant l’audition, l’ex-président mentionnait le résultat d’un sondage réalisé par NBC montrant que plus de 50 % des républicains le soutiennent pour les primaires de 2024. L’avenir de Donald Trump est assez simple : la prison ou la présidence des Etats-Unis. Aux Américains de choisir.

« There will come a day when Donald Trump is gone, but your dishonor will remain. »
Liz Cheney s’adressant à des collègues républicains

* Sur le réseau social Truth Social, les posts ne sont pas des tweets, mais des « truths », des vérités en français. Sont-elles des vérités alternatives ?

5 juin
JR-15 : AR-15 for kids

La réponse de la NRA à Joe Biden est claire : Gun = Freedom = Patriotism. Elle est relayée efficacement par les républicains tendance MAGA (aujourd’hui un pléonasme). Peu importe Colombine, Sandy Hook, Parkland, Buffalo, Ulvade et les autres tueries de masse, pas question de réglementer la vente des armes à feu. Avec le nouvel argument selon lequel plus d’un million d’Américains peuvent se défendre chaque année grâce à leur arme à feu, sans même avoir à tirer un seul coup de feu. « We wholeheartedly support the right of any law-abiding American to defend themselves and their loves ones » martèle l’organisation. Et pour se défendre aujourd’hui, face au déferlement de violence, un AR-15 est le minimum requis. Avec la hausse de la criminalité causée par les démocrates, une pièce d’artillerie sera bientôt nécessaire.

Hommes, femmes et enfants ont le droit de pouvoir se défendre. Problème, l’AR-15 est un peu lourd pour les enfants. Qu’à cela ne tienne, le JR-15 fera l’affaire (J pour Junior). C’est la société WEE1 Tactical, basée dans l’Illinois, qui a eu cette idée de génie. L’engin mesure 80 cm, pèse moins d’un kilo et est livré avec des chargeurs de 5 ou 10 cartouches de 22 long rifle. Il ne coûte que 389 dollars. À la portée de toutes les bourses ou presque. Une action salutaire pour la démocratisation des armes à feu. 

Aux Etats-Unis, la question des armes à feu est aussi clivante que celle de l’avortement. Un droit de tuer les adultes ou les enfants mais pas les fœtus.

29 mai
Tuerie de masse : Bis repetita

 Le scénario est toujours le même. Une tuerie de masse. Si le président est républicain, il prie et demande de prier pour les victimes, et nombre d’élus républicains intiment de ne pas politiser l’affaire, en gros de ne pas parler de réforme sur la vente des armes à feu. Si le président est démocrate, il déclare qu’il est urgent de durcir la législation, les conditions de vente et de stopper la commercialisation d’armes de guerre dont le public n’a aucun usage réel. Quant aux porte-paroles de la National Riffle Association, ils hurlent de faire respecter le deuxième amendement de la Constitution dont ils ont une interprétation très particulière qui, selon eux, n’imposerait aucune restriction dans la vente des armes à feu. Après les armes semi-automatiques, à quand les pièces d’artillerie. Tucker Carlson met en garde d’une guerre civile si le congrès légiférait. Les familles des victimes, elles, n’ont que leurs yeux pour pleurer leurs proches, un fils, une fille, un père, une mère, que rien ne pourra remplacer. Tel est le spectacle consternant qu’offrent les Etats-Unis déchirés entre les pro-gun, qui souvent sont des pro-life, et les gens raisonnables qui souhaiteraient imposer un minimum de réglementation.

22 mai
Un million d’Américains ont succombé à la Covid

Les Etats-Unis sont dans la situation paradoxale où leurs laboratoires pharmaceutiques ont réussi le tour de force à produire un vaccin dans un temps record et où, avec plus d’un million de morts, ils font état du plus mauvais bilan des nations développées comparables : 3‰ de décès contre 2,7 ‰ en Italie, 2,6 ‰ au Royaume-Uni, 2,2 ‰ en Espagne, 2,1 ‰ en France et 1,7 ‰ en Allemagne. Avec un premier président qui a minimisé la crise sanitaire mais a débloqué des milliards pour développer un vaccin au pas de charge. Et un second qui a organisé la vaccination d’une population divisée sur une question de santé rapidement politisée, fracturée entre ceux qui croient en la science et des antivax extrémistes très actifs, soutenus par des politiciens avides à faire avancer leur stratégie de division. Le vaccin n’est ni démocrate, ni républicain et pourtant le taux de vaccination chez les premiers est de 90 % alors qu’il n’est que 60 % chez les seconds.

Un million de morts, c’est plus de victimes que dans toutes les guerres auxquelles ont participé les Etats-Unis, y compris la plus meurtrière d’entre elles, la guerre de Sécession. C’est là un résultat déplorable pour une nation qui dépense 18 % de son PIB à la santé contre une moyenne de 12 % dans les pays de l’OCDE.

15 mai
Se défendre pour gagner ou pour ne pas perdre ?

Après Kiev, c’est autour de Kharkiv d’être libérée. Les Ukrainiens semblent prendre l’avantage sur les Russes. Trompe-l’œil ou repli stratégique des forces russes pour se concentrer sur l’Est et le Sud du pays ? Une chose est sûre, galvanisés par leur président Volodymyr Zelensky et forts de leurs victoires sur les champs de bataille, les Ukrainiens affichent de plus en plus l’idée qu’ils peuvent, qu’ils vont, gagner la guerre.

Les nations occidentales, les Etats-Unis en tête, doivent-elles les soutenir dans cette entreprise qui peut paraître irréaliste ? Mais alors, quel est le but pour les Etats-Unis de fournir une aide de près de 40Mds$ ? Est-ce seulement pour que les Ukrainiens puissent se défendre contre l’envahisseur ? Ou est-ce pour gagner la guerre ou, à défaut, infliger aux Russes des pertes sévères et être ainsi en position de force dans de futures négociations ? Pour Alexander Vindman, ancien directeur des affaires européennes au National Security Council, et Ukrainien d’origine, il n’y a pas de doute : les Américains doivent choisir la dernière option (America Must Embrace the Goal of Ukrainian Victory – It’s Time to Move Past Washington’s Cautious Approach). La première option ne risque-t-elle pas de faire durer la guerre avec son lot de morts et de souffrances et, à tout moment, de créer l’incident qui embraserait le conflit ? En tous cas, pour la première fois depuis le début de la guerre, le ministre de la Défense russe a accepté de parler cette semaine à son homologue américain.

8 mai
Roe States v. Wade States

Cette semaine, un document préparatoire rédigé par le Juge Alito a fuité de la Cour Suprême. Fort d’une majorité de cinq juges, il annulerait l’arrêt Roe v. Wade publié en 1973 légalisant l’avortement. Selon la plupart des juristes, l’arrêt n’avait pas été bien rédigé mais son contenu était attendu par la majorité des Américains. Depuis, il est soutenu par une majorité d’entre eux. Les démocrates ont réagi immédiatement en poussant des cris d’orfraie. Alors qu’ils ont tout fait depuis un demi-siècle pour atteindre ce résultat, parfois avec des moyens radicaux, les républicains n’ont pas crié victoire, ils se sont contentés de s’insurger contre la fuite du document qui remettrait en cause l’intégrité de la Cour Suprême. Ils ont sans doute compris que le résultat pourrait leur être nuisible aux élections de novembre prochain.

Si la décision d’invalider l’arrêt était prise, la légalisation de l’avortement serait de la responsabilité des Etats, dont bon nombre ont déjà préparé des lois très restrictives prêtes à être mises en œuvre. De fait, l’Amérique serait encore plus fracturée avec des Etats à orientation libérale (New York, Californie) autorisant l’interruption volontaire de grossesse et ceux qui l’interdiraient en toutes circonstances, même en cas de  viol. Certains comme le Mississippi sont même prêts à le criminaliser. Les Etats-Unis seraient alors structurés en Roe States versus Wade States.

1er mai
GOP entre Trumpitude ou turpitude

« Tous les candidats affirment être soutenus par Donald Trump, mais c’est moi qu’il soutient (…) Tout ce qu’a fait DT marche (…) Les autres candidats ont besoin d’être soutenus par DT parce qu’ils ne peuvent pas faire campagne avec leurs seules forces (…) Je suis la seule personne dans cette campagne qui a été nommée par President Trump (…) PT a défendu l’idée MAGA avec force (…) Les politiques mises en place par PT ont été efficaces (…) Il ne faut pas s’étonner que la situation fût aussi bonne sous DT ». C’est ce qu’on a pu entendre pendant le débat de la primaire républicaine sénatoriale de Pennsylvanie. De quoi être rassuré sur l’emprise de l’ex-président sur le parti républicain.

Du côté des primaires de l’Ohio, le discours est tout aussi rassurant car les sept candidats, à l’exception de Matt Dolan, ont affirmé haut et fort que les élections 2020 étaient frauduleuses et que Joe Biden était illégitime. Ouf !

Il est clair que Trump et le Trumpisme (qui n’est rien d’autre que la promotion de Trump) sont toujours bien présents et décideront des élections de 2024. Sauf imprévu, assez improbable, qu’il soit condamné pour tentative de coup d’état.

24 avril
La guerre culturelle bat son plein en Floride

Le gouverneur de Floride Ron DeSantis vient de signer une loi supprimant le privilège dont bénéficie Disney World depuis plus de 50 ans lui donnant le droit de « s’autogouverner » sur l’ensemble du parc d’attractions et lui accordant des avantages fiscaux en échange d’obligations particulières.

Cette loi s’inscrit dans le cadre de la guerre culturelle engagée par les conservateurs, tendance MAGA, contre ceux qu’ils considèrent comme les tenants de la « wokitude ». En Floride, il s’agissait de punir « The Woke People Republic of Disney »[i] qui avait osé s’opposer à la loi « Don’t Say Gay » signée récemment par Ron DeSantis. « I will not allow a woke corporation based in California to run our state » a-t-il déclaré.

C’est la nouvelle bataille que les républicains mènent contre Corporate America depuis quelque temps. Principalement parce que nombre de grandes entreprises ont fait entendre leur voix pour s’opposer aux idées du mouvement conservateur. Delta Airlines en Géorgie, Citigroup au Texas sans parler des compagnies de la Big Tech devenues les ennemis publics numéro Un. C’est ce que les conservateurs traditionnels appellent le Gangster Government, une version aggravée du Crony Capitalism où le gouvernement favorise les bons et punit les méchants. Ron DeSantis entend prendre la tête de ce mouvement et ainsi se positionner pour les élections de 2024.

« Pourquoi être gouverneur ou sénateur quand vous pouvez être roi de Disneyland ? »
Walt Disney. C’était avant Ron DeSantis. 

17 avril
Souriez, vous êtes filmés !

On s’est réjoui peut-être un peu vite de l’évolution forcée par la pandémie de la Covid vers le télétravail. Car les technologies prennent les choses en main. Le fournisseur américain de services de téléconférence Zoom* vient d’ajouter de l’intelligence artificielle (IQ for sales) dans les échanges vidéo pour analyser les interactions et les émotions des futurs clients et ainsi accroître les possibilités de ventes. Mais un commercial demandera-t-il l’autorisation à son futur client d’être filmé ? Dans la négative, pourra-t-il utiliser ce type de technologie à l’insu de son interlocuteur ? En parallèle, une enquête réalisée par l’institut de sondage Vyopta (Vyopta Survey Revalsa 92% of Execs Don’t SE Long-Term Future for Off-Camera Employees) révèle que les chefs d’entreprises américaines de moyenne et grande taille pensent que les salariés qui n’activent pas leurs caméras pendant les réunions virtuelles n’ont pas un grand avenir dans leur société. En très grande majorité, ils pensent que les salariés qui agissent ainsi ne sont pas attentifs et sont donc moins impliqués dans leur travail. Plus préoccupant, les salariés qui opteraient pour plus de télétravail que de présentiel seraient moins bien placés dans leur évolution au sein de l’entreprise.

Loin des yeux, loin du cœur (de leur manager). 

*En 2 ans, Zoom a multiplié son chiffre d’affaires par 6 et a vu sa profitabilité atteindre 32 % lors de son exercice 2022 (clos le 31 janvier).

10 avril
Le Droit, la Constitution et la politique

Ketanji Brown Jackson vient d’être confirmée comme juge à la Cour Suprême des Etats-Unis par 53 voix contre 47. Seuls, trois sénateurs républicains*, ont eu le courage de voter pour la première femme noire à ce poste prestigieux alors que beaucoup d’autres n’avaient eu de cesse de célébrer ses compétences et ses qualifications juridiques. La politique ne fait plus bon ménage avec le droit. Les plus actifs dans le dénigrement ont mis en avant son passé de « liberal extremist », de faiblesse au regard de la pédophilie et du crime en général ou de représentante du wokisme dans l’éducation. Au regard de ces conservateurs extrêmes, défenseurs de l’Originalism, KBJ a eu le « mauvais goût » de se ranger du côté des « Living constitutionalists** » qui considèrent que la Constitution et le droit doivent évoluer en réponse aux changements de la société et des valeurs. Alors que les originalists estiment que la Constitution doit être interprétée littéralement, un peu comme les fondamentalistes qui interprètent la Bible au pied de la lettre. Même quand la Bible nous dit que la terre a été créée par Dieu en six jours. Une façon habile de s’opposer à tous les nouveaux droits apparus au fil du temps comme l’avortement ou le mariage gay. Mais que fait-on quand la Constitution, un texte court de 4500 mots (7600 en incluant les 27 amendements) ratifié en 1787, ne répond pas à une question posée en 2022 ?

*Les éternels trois sénateurs Susan Collins, Lisa Murkowski et Mitt Romney qui osent de temps en temps voter avec les démocrates.

**Originalists argue that the meaning of the constitutional text is fixed and that it should bind constitutional actors. Living constitutionalists contend that constitutional law can and should evolve in response to changing circumstances and values.

 (Source : Carmack Waterhouse, Professor of Law, Georgetown University Law Center).

3 avril
D’une dépendance à l’autre

Confiant après ses opérations maléfiques en Géorgie, en Syrie et en Crimée, Vladimir Poutine a fait le mauvais calcul qu’il pourrait facilement envahir l’Ukraine, délivrer ses frères du régime nazi qui le gouverne et être accueilli comme un libérateur. La réalité a été bien différente. Guidée courageusement par son président Volodymyr Zelensky, l’Ukraine a repoussé furieusement l’attaque grâce à un patriotisme hors pair, aux armes fournis par l’OTAN et aidée par une incompétence crasse de l’armée russe. Après avoir délaissé ses alliés au moment du retrait d’Afghanistan et dans l’affaire des sous-marins australiens, Joe Biden a réussi à entraîner ses alliés occidentaux, notamment européens, à faire bloc contre la Russie. Et maintenant, va-t-on s’installer dans une guerre longue de basse intensité comme celle initiée dans le Donbass en 2014 ? Si oui, le bloc du vieux continent est-il prêt à tenir la distance, confronté à la pénurie énergétique, à l’impact de cette guerre sur son économie et à l’afflux de réfugiés ? Dans cette épreuve de force, les Etats-Unis n’ont pas beaucoup à perdre, au contraire, ils peuvent se présenter en chevalier blanc prêt à suppléer le manque de pétrole et de gaz de leurs alliés. Les Européens, eux, passeront alors d’une dépendance énergétique russe à celle des Etats-Unis, payable en dollars et non en roubles.

27 mars
A la Une de la National Review

Être à l’écoute de celui qui a un avis différent est nécessaire, instructif, enrichissant mais parfois difficile voire pénible. Il en va de la chaîne Fox News et de ses présentateurs vedettes tels Tucker Carlson ou Laura Ingraham qui éructent souvent de véritables insanités. La lecture de la Une du 26 mars de la National Review – qui se présente comme le magazine conservateur le plus influent – n’en n’est pas moins déstabilisant. Voici pêle-mêle quelques titres. « Biden’s Low-Energy Policy, the long terme danger in the president’s antipathy to fossil fuels ». Malgré les preuves de plus en plus manifestes, les conservateurs mettent toujours en doute l’idée de dérèglement climatique. « Is it Racist to Sympathize with Ukraine? » On se demande quelle mouche a bien pu piquer l’auteur même s’il défend le fait que le monde semble plus se préoccuper des réfugiés ukrainiens que de leurs semblables Tchétchènes ou en Syriens. Une évidence de racisme en creux des médias et des politiciens européens. « Biden Still Doesn’t Get Deterrence, And has no Endgame for the war in Ukraine ». Etonnante comme observation un mois seulement après le début d’une guerre alors que les Etats-Unis ne sont pas venus à bout de celle en Afghanistan en vingt ans. Avec en filigrane l’argument récurrent des conservateurs que Biden est un président faible. « College-degree Mandates are Hurting Workers ; University grads and professional guilds are trying to keep those they deem ‘unqualified’ out of jobs that should not require special degrees ». Une sorte de théorie du complot des diplômés pour maintenir les non diplômés à l’écart de la société de la réussite.

« Savoir écouter est un art » aurait dit Epictète. C’est parfois du grand art.

20 mars
Vers l’Indépendance européenne… avec l’aide des Etats-Unis

L’invasion russe en Ukraine a réveillé l’OTAN et relancé les réflexions sur la nécessité d’une défense européenne. Les Allemands ont opéré un virage à 180 degrés en décidant de devenir une puissance militaire. Mais leur choix de s’équiper de F-35 américains fragilise le projet du futur avion de combat européen.

Après la crise du Covid, la Commission européenne a pris conscience de l’importance, voire de la nécessité de son indépendance, notamment en matière de technologies. Le « Chip Act », qu’elle vient de présenter, prévoit un investissement public-privé de 43 milliards d’euros d’ici à 2030, afin d’atteindre 20% de parts de marché de l’industrie des puces. A lui seul, l’américain Intel, numéro Un des semiconducteurs, vient d’annoncer un investissement de 33 milliards de dollars sur le Vieux Continent, qui ne possède aucun constructeur dans le Top10 mondial. Après avoir lamentablement échoué avec son projet de cloud computing , le nouveau Graal de l’informatique (Andromède lancé en 2011 ; ce projet ayant raté, il a donné naissance à deux projets à Cloudwatt et Numergy, tout aussi ratés), le gouvernement français travaille avec ses homologues européens à Gaïa-X, un projet de cloud de confiance, avec le solide appui des opérateurs de cloud américains (Amazon Web Services, Microsoft et Google notamment). Les firmes européennes du cloud détiennent 2 % du marché européen. Et faut-il parler de logiciel où le Top 250 des éditeurs de logiciels français réalisent un chiffre d’affaires cumulé équivalent à 12 % de l’américain Microsoft.

La route vers l’indépendance technologique est droite mais la pente est bien raide comme aurait dit Jean-Pierre Raffarin.

13 mars
Deux tactiques pour un même objectif

Poutine, Trump même combat ? Le premier s’est donné comme objectif de détruire une démocratie par les armes, n’hésitant pas à faire des milliers de victimes. Et comme le conflit militaire traditionnel ne semble pas fonctionner, il utilise alors les méthodes qu’il connaît si bien et qu’il a employées en Tchétchénie et en Syrie : raser tout ce qui dépasse sans se préoccuper des conséquences en pertes humaines.

Le second continue à développer son discours selon lequel les élections ont été frauduleuses et donc que le président en place n’est pas légitime. Depuis plus de quinze mois maintenant, il vise à saper les fondements de la démocratie dont le premier des constituants est précisément l’exercice du vote. Ici la tactique utilisée consiste à répéter inlassablement les mêmes mensonges et à accuser ses adversaires de ses propres turpitudes : « … By so doing they are destroying democracy as we know it (…) And now we have a war waging in Ukraine that would have never happened (…) All because of a corrupt Election result*. »

Le premier qualifie ses adversaires de nazis, le second de marxistes.

Le premier exécute le livret d’un opéra tragique. Le second est plutôt dans le genre opéra-bouffe. Pour stopper le premier dans ses abominations, seule la force sera efficace. Pour arrêter le second dans ses gesticulations, c’est la justice qui devra passer. La diplomatie pour l’un et le dialogue pour l’autre ne semblent pas des armes adaptées.

* Statement by Donald J. Trump, 45th President of the United States of America – 03/03/22

27 février
Poutine, la Russie et l’OTAN

L’argument qui sert de motif – d’excuse pour certains – à l’invasion de l’Ukraine, serait que les Américains et l’OTAN auraient piétiné la Russie depuis l’effondrement de l’URSS et n’auraient pas respecté le principe de sphère d’influence. Certains parlent même d’encerclement du plus grand pays de la planète (17 millions de km², 30 fois la France).  Mais la lecture du discours de Vladimir Poutine (URSS, Ukraine et OTAN : Le triptyque coupable selon Poutine) montre que cette justification vient loin derrière la décomposition non acceptée de l’URSS et l’existence contestée d’une Ukraine indépendante. Dans une tribune publiée par le magazine The Atlantic (America Could Have Done So Much More to Protect Ukraine), Alexander Vindman* considère que, depuis une vingtaine d’années, les Etats-Unis, sous administration démocrate ou républicaine, n’ont pas pris la mesure de la menace. La révolution orange en 2004 et la révolution de Maïdan ont été des occasions ratées. Mais la responsabilité finale en incombera à Joe Biden. En décembre dernier, il a déclaré, de manière non nécessaire, qu’il n’enverrait pas de troupes sur le sol Ukrainien, laissant le champ libre à Poutine. En fait, on pourrait retourner la proposition : Si l’Ukraine avait été intégrée dans l’OTAN, cette invasion ne serait peut-être jamais intervenue. De son côté, l’ex-comique président Volodymyr Zelensky démontre tous ses talents dans des rôles tragiques.

*Alexander Vindman est l’ancien directeur Europe du National Security Council et témoin du « parfait » appel téléphonique entre Zelensky et Trump lors duquel ce dernier avait conditionné une aide militaire à des informations sur le fils de son adversaire politique. Il est né à Kiev en 1975 et est arrivé aux Etats-Unis avec son frère jumeau après la mort de sa mère en 1979.

20 février (La Russie a envahi l’Ukraine le 24 février)
Dans la tête de Poutine

« Celui qui ne regrette pas l’URSS n’a pas de cœur ; celui qui souhaite sa restauration n’a pas de tête », aurait déclaré un jour Vladimir Poutine. « Poutine n’est pas un crétin comme l’affirme Hélène Carrère d’Encausse », expliquait récemment le politologue Dominique Moïsi sur Radio Classique, « mais il est peut-être devenu fou ». La Covid aurait-elle renforcé sa paranoïa ? Si l’on imagine que Poutine a perdu la tête, restaurer la grandeur de l’URSS devient tout à coup plausible et inquiétant. « Vladimir Poutine adapte son discours au gré des circonstances politiques et ne tient à être enchaîné par aucun carcan idéologique. Il veut garder l’initiative » analyse Michel Eltchaninoff*. Cette initiative, Joe Biden semble la connaître puisqu’il a déclaré – inutilement – qu’il était convaincu que Poutine avait pris la décision « d’envahir l’Ukraine » et de « déclarer une guerre catastrophique et inutile ». « It is not too late to de-escalate and return to the negotiating table » poursuivait le président américain. Pourquoi faire si sa décision est prise ? Comment faire sortir Poutine de ce conflit la tête haute et lui donner le sentiment d’avoir gagné quelque chose sans engager de guerre, telle est la question posée aujourd’hui.

*Michel Eltchaninoff, Dans la tête de Vladimir Poutine, Actes Sud

13 février
Cincinnati joue son va-tout

Dimanche 13 février, l’équipe des Bengals de Cincinnati joue le Super Bowl, la finale du championnat de football américain. Le Super Bowl oppose les vainqueurs des deux championnats, AFC d’un côté et NFC de l’autre. C’est la troisième finale pour l’équipe de Cincinnati. L’enjeu est de taille car elle a perdu ses deux premières finales en 1982 en 1988, les deux fois contre l’équipe des 49ers de San Francisco et les pronostics ne lui sont pas vraiment favorables. Cette année, les Bengals seront opposés aux Rams de Los Angeles. Alors que les premiers sont intimement liés à la ville de Cincinnati, la franchise des Rams a été plus itinérante et est passée de Cleveland, à Los Angeles, puis à Saint-Louis pour revenir à Los Angeles en 2016.

Le Super Bowl est l’événement le plus important du calendrier sportif américain et c’est l’occasion de la démesure. Plus de 100 millions de téléspectateurs seront devant leur poste et sans doute leur bière. Cette année, les spots publicitaires ont fait le plein avec certains atteignant les 7 millions de dollars pour 30 secondes. Et comme il est de tradition, le président en profite aussi pour parler à ses compatriotes. L’interview de Joe Biden donnée à la chaîne NBC sera diffusée juste avant le match. Il devrait y parler d’un autre « match », beaucoup plus grave et préoccupant, qui se joue entre la Russie et les Etats-Unis sur le terrain de l’Ukraine qui souhaite rester neutre.

6 février
“A legitimate political discourse”

Le parti républicain vient de déclarer que l’attaque du 6 janvier contre le Capitole et les événements qui ont suivi constituent un « legitimate political discourse » et de condamner (une exclusion symbolique) Liz Cheney, représentante du Wyoming, et Adam Kinzinger, représentant de l’Illinois, pour leur participation à la Commission du 6 janvier et pour avoir ainsi démontré « en paroles et en actions qu’ils soutiennent l’effort des démocrates pour détruire le président Trump au lieu d’apporter leur contribution pour regagner la majorité au Congrès en 2022 ».

La lecture de la résolution publiée par le RNC montre à quel point les membres du parti républicain sont sous influence de l’ancien président, les uns par crainte des foudres de celui qui est devenu leur Don Corleone, les autres par cynisme pour faire avancer leur carrière, et d’autres encore, les plus dangereux sans doute, par adhésion aux valeurs. Les attendus du document sont instructifs. On peut lire par exemple : « The Biden Administration and Democrats in Congress have embarked on a systematic effort to replace liberty with socialism ». Cette initiative du parti fait suite aux déclarations de Donald Trump une semaine plus tôt qui indiquait vouloir que son vice-président Mike Pence invalide le résultat des élections et qu’il pourrait accorder la grâce présidentielle aux assaillants (750 ont été inculpés) s’il était réélu en 2024. Ceci explique peut-être cela.

30 janvier
La future Juge et le président

« Biden’s Pledge To Nominate A Black Woman For SCOTUS Is Racist And Sexist » titre The Federalist à propos de la décision de Joe Biden de nommer une femme noire à la Cour Suprême en remplacement du juge Stephen Breyer. Le magazine américain conservateur n’en n’est pas à une outrance ou un mensonge près. Il avait publié de fausses informations à propos de la Covid et des élections de 2020. Autant on peut s’interroger sur le bien-fondé de faire un choix sur un critère de race ou de sexe car on ne peut qu’être d’accord avec Martin Luther King qui avait un rêve « that my four little children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin, but by the content of their character », autant affirmer qu’il s’agit là d’un acte raciste est totalement déplacé. L’auteure de l’article rappelle que sa mère lui disait que « l’on ne traite pas les gens en fonction de leur couleur de peau ». Le passé lui donne tort.

Depuis que la Cour Suprême existe (1789), il y a eu 120 juges. Le premier juge noir a été nommé en 1967 et la première femme en 1981, près de deux siècles après sa création. Sandra O’Connor avait été confirmée à l’unanimité par le Sénat. Et pourtant, diplômée de l’une des meilleures écoles de droit du pays, elle avait été refusée à toutes ses demandes de premier emploi. Finalement, nommer une juge noire n’est peut-être pas si incongru que ça.

23 janvier
Plus trumpistes que le Trump !

« Moi, Donald Trump, ex-président des Etats-Unis, reconnais que les élections ont été libres et non faussées. Je concède la victoire à mon opposant. En conséquence, Joe Biden est le président légitime des Etats-Unis, il est notre président ».

Alors que la déclaration de Donald Trump venait à peine d’être diffusée sur toutes les chaînes de télévision, des foules énormes prirent d’assaut les rues de nombreuses grandes villes des Etats-Unis. On pouvait entendre les cris et les hurlements suivants : « Donald Trump est notre président, les élections ont été faussées » ; « Les démocrates sont des traîtres à la patrie, ils auront ce qu’ils méritent » ; « Sus aux démocrates qui sont des communistes et des mondialistes et qui volent les élections » ; « Joe Biden est un imposteur, nous allons récupérer notre pays » ; « America First et Make America Great Again ». Parmi les manifestants, la majorité des élus républicains étaient présents et ne boudaient pas leur plaisir de voir le peuple aussi passionné de démocratie et de liberté.

16 janvier
D’un cœur à l’autre

Le 3 décembre 1967, après dix heures d’une opération impliquant une trentaine de personnes, le chirurgien Christiaan Barnard réussissait la première transplantation cardiaque. Tout le monde se souvient du docteur Barnard mais a un peu oublié son patient Louis Washkansky, un homme de 55 ans condamné par un mal incurable qui succomba de pneumonie 18 jours après l’intervention. 

Le 9 janvier 2022, le chirurgien Bartley Griffith, du centre médical de l’Université du Maryland, réalisait la première xénogreffe de cœur, en transplantant un organe de cochon à David Bennett, un homme de 57 ans, lui aussi condamné.

En 2021, près de 4 000 Américains ont subi une greffe de cœur mais de nombreux patients sont morts faute de greffon. 

Alors que la première intervention avait été à la une des médias pendant longtemps, la seconde, tout aussi extraordinaire, a fait l’objet d’un traitement beaucoup plus discret. Qui se souviendra du Dr Griffith ? Peut-être, sommes-nous lassés de nouvelles médicales ? Ou encore submergés par le flot d’informations permanent ?

« Dans le cochon, tout est bon, surtout l’intérieur » avait déclaré Alphonse Allais. Surtout le cœur pourrait-on ajouter aujourd’hui.

9 janvier
L’Amérique en surpoids

Depuis le début du Covid, la liste des comorbidités n’a plus de secret pour personne. La surcharge pondérale est souvent citée dans le trio de tête par les médecins. Selon les statistiques du NCHS*, près de trois Américains sur quatre sont obèses ou en surpoids. Une statistique que ne partagent pas les intéressés puisque, selon l’institut Gallup qui les interroge régulièrement sur ce sujet, 41 % d’entre eux seulement se considèrent dans cet état (Un chiffre en augmentation régulière qui va de pair avec l’augmentation du poids moyen des Américains évaluée à 3 kg sur 15 ans). Pourtant, les rayons des magasins d’alimentation n’ont jamais été autant remplis de plats préparés et les programmes de régimes aussi nombreux. Ce biais de 30 % montre combien nous avons du mal à nous confronter à la réalité. Mais rien de grave puisque, toujours selon Gallup, 55 % des Américains souhaitent perdre du poids. Cet optimisme doit être modéré car ils étaient 60 % il y a quinze ans.

*National Health Center for Health Statistics

2 janvier
Un sénateur n’en vaut pas un autre

Au 1er janvier 2022, la population américaine a atteint 332 403 650 habitants (on ne saurait être plus précis) en augmentation de 0,21 % en un an. C’est ce qu’indique l’U.S. Census Bureau. A la même date, la population mondiale était de 7 668 872 451 (+0,95%) soit une augmentation de 74 millions d’âmes, l’équivalent d’une France en plus. Les États-Unis restent le 3e pays le plus peuplé de la Terre derrière la Chine (1,4 milliard) et l’Inde (1,38 milliard) et devant l’Indonésie (275 millions).

La Californie est l’état le plus peuplé (39 millions), le Wyoming le moins peuplé (580 000 habitants). Et pourtant, ils possèdent deux sénateurs chacun. Ainsi, un sénateur californien représente près de 20 millions d’administrés, un sénateur wyomingois moins de 300 000, soit un rapport de 1 à 66.

Un siècle plus tôt, le Wyoming comptait 203 000 habitants, la Californie 3,8 millions. Le rapport était de 1 à 19. Si le pouvoir d’un sénateur se mesure au nombre d’administrés qu’il représente, l’élu du Wyoming est presque quatre fois plus puissant que son homologue californien il y a cent ans. Un défi à la démocratie ?

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