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Quel avenir pour Minneapolis ?

Renée Good, circulez, il n’y a rien à voir. C’est un cas de Domestic Terrorist. Alex Pretti, circulez, il n’y a rien à voir. C’est un cas de Domestic Terrorist. Qui sera le prochain ou la prochaine ? La situation est-elle hors contrôle ? Donald Trump et Tim Walz ont publié un message disant qu’il avait un entretien productif. Mais il est très improbable qui ait trouvé un compromis et la demande du gouverneur du Minnesota est simple : “we need impartial investigations of the Minneapolis shootings involving federal agents, and that we need to reduce the number of federal agents in Minnesota”.

On n’en prend pas le chemin, car pendant le même temps, Pam Bondi a envoyé une lettre accusatoire au gouverneur de l’État en lui faisant des demandes très précises.

Elle accuse l’État du Minnesota de refuser d’appliquer le droit fédéral, en particulier en matière d’immigration. Elle critique vivement les politiques de type “sanctuary state” mises en œuvre par le Minnesota et certaines de ses grandes villes, accusées de mettre en danger les agents fédéraux de l’ICE et de la CBP (police des frontières)

Elle affirme que ces politiques et la rhétorique hostile de responsables politiques locaux auraient contribué à une forte hausse des violences contre les agents fédéraux, y compris des agressions physiques et des attaques de véhicules, ainsi qu’à des troubles graves de l’ordre public, jusque dans des lieux de culte.

Elle en profite au passage pour dénoncer la fraude financière massive dans les programmes sociaux de l’État (Medicaid, aides alimentaires) et soulève des doutes sur l’intégrité des listes électorales, estimant que ces dysfonctionnements sapent la confiance des citoyens dans l’État du Minnesota.

Elle formule trois demandes précises. Le gouverneur est sommé de transmettre l’ensemble des données du Minnesota relatives à Medicaid et aux programmes d’aide alimentaire (SNAP/Food and Nutrition Service) afin de permettre aux autorités fédérales d’enquêter sur les fraudes présumées. Pam Bondi exige aussi la suppression des politiques de sanctuaire et une coopération totale des autorités étatiques et locales avec l’ICE. Et surtout, Tim Walz est invité à autoriser le Department of Justice à accéder aux listes électorales du Minnesota, sur le fondement du Civil Rights Act de 1960, afin de vérifier la conformité des pratiques d’inscription des électeurs avec le droit fédéral.

C’est ce dernier point qui est peut-être le plus préoccupant, car ce n’est pas un cas isolé. Le DOJ a fait la même demande à d’autres gouverneurs. Une initiative qui n’est pas anodine dans la perspective des prochaines élections de mi-mandat. « Si tu ne peux pas gagner les élections, plusieurs solutions sont envisageables : en altérer le processus, en contester le résultat ou tout simplement en les annulant, car les conditions ne sont pas réunies.

L’ensemble du texte vise à justifier une reprise en main fédérale et à sommer le gouverneur de coopérer pleinement avec l’administration fédérale afin de « restaurer l’État de droit »

Par ailleurs, le New York Times a publié une vidéo qui montre clairement qu’à aucun moment un agent ICE n’a été menacé et que l’argument de la légitime défense est un argument infondé ou un mensonge éhonté. On ne sait pas trop ce qui est pire.

Dans l’article The hollow corporate response to the Minnesota killings, le media Popular Information montre combien l’initiative ”Operation Metro Surge” contre les immigrés a rapidement désorganisé l’économie locale : pénurie de main-d’œuvre, chute de la fréquentation des commerces, annulation d’événements communautaires. Malgré ce climat tendu, la mort par balle de Renée Good, mère de famille de 37 ans tuée par un agent de l’ICE le 7 janvier, n’a suscité aucune réaction publique notable des grandes entreprises du Minnesota. Il a fallu qu’un second drame survienne — la mort d’Alex Pretti, infirmier en réanimation, lui aussi tué par des agents fédéraux — pour que le patronat prenne la parole. Une parole bien timide.

Le 25 janvier, la Chambre de commerce du Minnesota a publié une lettre (Open letter from more than 60 CEOs of Minnesota-based companies)signée par une soixantaine de PDG, dont ceux de 3M, Target, Best Buy, General Mills ou U.S. Bancorp. Mais ce texte, bref et très consensuel, se contente d’appels abstraits à la « désescalade des tensions » et à la recherche de « solutions réelles », sans jamais préciser ni les responsabilités ni les mesures attendues, ni même condamner explicitement les morts causées par les forces fédérales. Sollicitées individuellement, toutes les entreprises signataires ont refusé ou évité de dire si elles condamnaient la mort de deux habitants du Minnesota.

Cette prudence contraste fortement avec les prises de position de ces mêmes entreprises après le meurtre de George Floyd en 2020. À l’époque, nombre de dirigeants avaient publiquement dénoncé une injustice systémique, exprimé leur indignation et réclamé justice et responsabilité des forces de l’ordre, parfois dans des termes très directs et émotionnels. Plusieurs groupes avaient même publié des messages reconnaissant explicitement le caractère racial et structurel de la violence policière. Aujourd’hui, ces mêmes entreprises se taisent ou se retranchent derrière un langage creux.

À l’inverse, ce sont les petites entreprises qui se montrent les plus engagées. Des centaines d’entre elles ont fermé volontairement leurs portes pour soutenir les manifestations contre l’ICE, acceptant des pertes financières au nom de principes jugés plus importants. Certaines ont offert nourriture, café et abri aux manifestants, affirmant vouloir « rassembler les gens ». Beaucoup subissent déjà les conséquences économiques directes de la présence de l’ICE : employés trop effrayés pour venir travailler, horaires réduits, fermetures temporaires, y compris parmi des salariés en situation régulière, mais craignant le profilage.

Le texte met ainsi en lumière un renversement frappant : là où les grandes entreprises, jadis promptes à afficher des positions morales fortes, se réfugient désormais dans le silence ou la langue de bois, les petites structures locales assument ouvertement un rôle politique et civique face à la violence et à la peur qui traversent leur communauté.

Tim Walz

Jacob Frey

Donald Trump

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