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Quel avenir pour Liz Cheney ?

Le résultat était prévisible et prévu, il n’en n’est pas moins brutal. Liz Cheney, représentante du Wyoming et candidate à sa réélection, a largement perdu dans la primaire contre Harriet Hageman, la candidate 100 % pro-Trump prête à sacrifier ses convictions pour obtenir la victoire. Supportrice de Ted Cruz en 2016, elle n’avait pas eu des mots assez durs contre Donald Trump le qualifiant de « weakest candidate » et avertissant que parti républicain « would be saddled with somebody who is racist and xenophobic ». Mais les convictions sont parfois à géométrie variable au gré des opportunités et les habits des politiciens trop souvent réversibles puisque la fin justifie les moyens : côté face tu perds, côté pile je gagne.

Liz Cheney n’a pas perdu parce qu’elle est une conservatrice, elle est sans doute l’une des plus conservatrices de la Chambre des Représentants, elle n’était pas non plus opposé à Donald Trump – elle a voté pour lui en 2016 et 2020 – elle a perdu parce qu’elle a décidé de s’opposer à celui qui a fomenté un coup d’état.

Dans son discours d’acceptation de la victoire à sa concurrente, elle rappelle qu’il y a quelques années, elle a gagné le Wyoming avec 73 % des suffrages et qu’elle aurait pu le refaire sans problème. Mais il aura fallu accepter le Big Lie c’est-à-dire l’idée que les élections de 2020 ont été frauduleuses et que Donald Trump a gagné. « It would have required that I enable his ongoing efforts to unravel our democratic system and attack the foundations of our republic. That was a path I could not and would not take ».

Comment peut-elle sortir de cette difficulté par le haut (comme on dit souvent). En se donnant un avenir national, ce qu’elle n’exclut pas : « This primary election is over but now the real works begins ». L’objectif premier comme elle l’a répété à de nombreuses reprises et pour lequel elle consacre une bonne partie de son énergie dans la Commission du 6 janvier, est de tout faire pour que Donald Trump et tout ce qu’il incarne ne revienne pas dans le bureau ovale : « I have said since January 6, that I will do whatever it takes to make sure Donald Trump is never again anywhere near the Oval Office ». Par quels moyens ?

La référence à Abraham Lincoln peut laisser penser qu’elle songe clairement aux prochaines élections présidentielles de 2024 :

« The great and original champion of our party, Abraham Lincoln, was defeated in elections for the Senate and the House before he won the most important election of all. Lincoln ultimately prevailed, he saved our Union and he defined our obligation as Americans for all of history. Speaking at Gettysburg of the great task remaining before us, Lincoln said, ‘That we here highly resolve that these dead shall not have died in vain. That this nation under God shall have a new birth of freedom and a government of the people, by the people and for the people shall not perish from this earth. »

On pourrait assez facilement l’interpréter comme une candidature en creux.

Avec l’élégance et la courtoisie qui le caractérisent, Donald Trump a immédiatement réagi à la fois pour écraser un peu plus celle qui est devenue son ennemie mais aussi pour montrer que c’est bien lui qui a les cartes du parti en main. Qui oserait s’y opposer en subirait les conséquences.

Dieu l’a-t-elle abandonnée ? En tous cas, elle, elle ne l’a pas abandonné le citant à 7 reprises dans un discours relativement court :

We really are in God’s country ;

That this nation under God shall have a new birth of freedom and a government of the people, by the people and for the people shall not perish from this earth.’

We have been given the gift of freedom by God and our founding fathers.

And with God’s help, we will prevail.

God bless you.

God bless Wyoming.

God bless the United States of America.

Dieu est bien ingrat !

De son côté, le Lincoln Project, constitué de républicains qui s’oppose à Donald Trump, n’y vas pas par quatre chemins dans son communiqué (The lincoln project statement on liz cheney’s primary loss) : « Tonight, the nation marks the end of the Republican Party. What remains shares the name and branding of the traditional GOP, but is in fact an authoritarian nationalist cult dedicated only to Donald Trump ».

Peut-on imaginer un instant ce que pourrait faire Donald Trump s’il était à nouveau élu président des Etats-Unis ?

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