Aller au contenu Skip to footer

Maduro : les réactions des dirigeants du continent américain

A la suite de l’”Operation Absolute Resolve“ dont l’objectif était de capturer Nicolas Maduro et de le ramener aux États-Unis où il sera jugé pour « trafic de drogue », Donald Trump et son ministre des affaires étrangères ont clairement exprimé l’idée que cela n’était que le début. Ils ont cité Cuba et la Colombie comme des cibles potentielles, mais il semble assez clair que tous les pays d’Amérique du Sud, mais aussi le Mexique, le Canada et la Groenland pourraient dans le viseur de l’administration Trump. L’heure n’est plus au droit international, mais au simple usage de la force. Malheur aux faibles désormais.  

Avant de présenter les réactions des différents chefs d’État du continent, il n’est pas inutile de publier la réaction de Katie Miller, l’épouse de Steven Miller, Conseiller à la sécurité intérieure et principal artisan de la politique de lutte contre l’immigration.

L’exercice du commentaire est difficile. Car comment critiquer ouvertement l’opération militaire, ou plutôt de l’opération de police des États-Unis sans donner l’impression de soutenir la dictature de Nicolas Maduro qui a provoqué l’exil de 8 millions de Vénézuéliens pour un pays qui compte aujourd’hui moins de 30 millions d’habitants et qui a plongé le pays dans la pauvreté. Alors qu’il possède les plus grandes réserves de pétrole connues de la planète.  

Canada

Marka Carney rappelle qu’il ne reconnaît pas le régime de Maduro qu’il considère comme illégitime, qu’il soutient depuis longtemps un processus de transition pacifique, négocié et mené par le Venezuela, mais ne commente pas explicitement l’opération

Mexique

La position de Claudia Sheinbaum est un peu plus nette, elle rappelle l’article  paragraphe 4 de la Charte des Nations Unies stipule textuellement : « Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, ou de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. »

Elle transfère sur le site du gouvernement Mexique et la position officielle du gouvernement mexicain qui « condamne fermement et rejette les actions militaires exécutées unilatéralement ces dernières heures par les forces armées des États-Unis d’Amérique contre des cibles sur le territoire de la République bolivarienne du Venezuela, en violation flagrante de l’article 2 de la Charte des Nations Unies.

Sur la base de ses principes de politique étrangère et de sa vocation pacifiste, le Mexique appelle d’urgence au respect du droit international, ainsi que des principes et des buts de la Charte des Nations Unies, et à cesser tout acte d’agression contre le gouvernement et le peuple vénézuéliens.

L’Amérique latine et les Caraïbes est une zone de paix, fondée sur le respect mutuel, le règlement pacifique des différends et l’interdiction de l’emploi et de la menace de la force, et donc toute action militaire met la stabilité régionale en danger.

Le Mexique réaffirme fermement que le dialogue et la négociation sont les seuls moyens légitimes et efficaces de résoudre les différends existants, et réaffirme donc qu’il est prêt à soutenir tout effort visant à faciliter le dialogue, la médiation ou l’accompagnement qui contribue à préserver la paix régionale et à éviter la confrontation.

Il exhorte également l’Organisation des Nations Unies à agir immédiatement pour contribuer à la désescalade des tensions, faciliter le dialogue et créer les conditions d’un droit international pacifique, durable et conforme au droit international ».

Cuba

Sans trop de surprise, Miguel Díaz-Canel Bermúdez, le président de Cuba, fait appel à la communauté internationale et qualifie d’opération de terrorisme d’état.

République dominicaine

Luis Abinader, président de la République dominicaine, rappelle que son pays n’a jamais reconnu la légitimité de la proclamation de Nicolás Maduro en tant que président après les élections de juillet 2024. Dans cette optique, nous avons promu la Déclaration de Saint-Domingue en août de la même année, qui exigeait le respect de la volonté exprimée aux urnes. La solidarité entre les peuples dominicain et vénézuélien est historique. Aujourd’hui, nous réitérons notre volonté de collaborer à la restauration de la démocratie, de la paix et de l’harmonie nationale au Venezuela. La République dominicaine sera toujours du côté de la démocratie. Où qu’il veut, qu’il y aille, et à qui que ce soit.

Une déclaration assez proche de celle de Mark Carney.

Costa Rica

Rodrigo Chaves, président du Costa Rica, rappelle que « Maduro avait commis une fraude électorale – pour cette raison, il n’a jamais été un président légitime et doit désormais répondre de ses crimes au Venezuela et à l’étranger. Que Dieu bénisse le courageux peuple vénézuélien et l’aide à retrouver la démocratie et l’État de droit que le dictateur déchu Maduro leur a volés. Célébrons cette nouvelle opportunité pour nos frères vénézuéliens ».

Panama

José Raúl Mulino, président du Panam, doit penser qu’il pourrait être une des prochaines cibles. Ses commentaires sont donc modérés et contentent d’apporter le soutien à la démocratie et a rappeler que Maduro n’est pas légitime. Il évite soigneusement de citer le nom de Donald Trump.

Guatemala

Bernardo Arevalo, président du Guatemala, semble avoir un métro de retard puisqu’il fait appel aux Nations-Unies pour que cessent les combats. Mais les combats ont été arrêtés bien avant. Le communiqué officiel met plutôt l’accent sur la toxicité du régime vénézuélien.

El Salvador

On n’attend pas du président Nayib Bukele, une quelconque critique du Salvador. Dans un message, il publie une petite vidéo qui ne met pas Maduro à son avantage.

Argentine

Javier Milei a la reconnaissance du ventre, les 40 milliards de dollars de prêts des États-Unis. Il appuie pleinement et sans complexe l’opération de capture de Maduro.

Brésil

Lula critique sans détour l’opération en mettant en avant les arguments du droit international. « Les bombardements sur le territoire vénézuélien et la capture de son président franchissent une ligne inacceptable. Ces actes représentent une offense très grave à la souveraineté du Venezuela et un autre précédent extrêmement dangereux pour l’ensemble de la communauté internationale.

Attaquer des pays, en violation flagrante du droit international, est la première étape vers un monde de violence, de chaos et d’instabilité, où le droit des plus forts l’emporte sur le multilatéralisme (…) Cette action rappelle les pires moments d’ingérence politique en Amérique latine et dans les Caraïbes et menace la préservation de la région en tant que zone de paix. 

La communauté internationale, par l’intermédiaire des Nations Unies, doit réagir vigoureusement à cet épisode. Le Brésil condamne ces actions et reste disponible pour promouvoir la voie du dialogue et de la coopération ».

Colombie

Gustavo Petro est une des prochaines cibles possibles. Cela ne l’empêche pas d’être catégorique. Dans un retweet, il rappelle que la transformation démocratique ne peut justifier une telle action. D’autant que Donald Trump n’a même jamais utilisé le mot démocratie. Il retweet aussi un message accablant de Jeffrey Sachs : « les empires ne développent pas de colonies, ils les exploitent. Ils n’investissent pas dans l’éducation ni dans l’avenir, ils ne font que retirer des ressources. L’ignorance n’est pas une erreur du système : elle fait partie du modèle ».

Chili

Le président chilien Gabriel Boric – en fonction jusqu’en mars 2026 – condamne sans restriction l’opération de l’administration américaine. « Nous exprimons notre inquiétude et notre condamnation des actions militaires des États-Unis qui ont lieu au Venezuela et nous appelons à une solution pacifique à la grave crise qui touche le pays. Le Chili réaffirme son engagement envers les principes fondamentaux du droit international, tels que l’interdiction de l’usage de la force, la non-intervention, le règlement pacifique des différends internationaux et l’intégrité territoriale des États. La crise vénézuélienne doit être résolue par le dialogue et le soutien du multilatéralisme, et non par la violence ou l’ingérence étrangère ».   

Son successeur, se réjouit de la l’arrestation de Nicolas Maduro. Il rappelle qu’il est la cause du départ de 8 millions de Vénézuéliens et espère un retour dans leur pays. Le Chili a accueilli près de 800 000 ressortissants du Venezuela.

Paraguay

Santiago Peña met l’accent sur le manque de démocratie du régime de Maduro, mais ne met pas en cause l’action de Donald Trump. « Le gouvernement du Paraguay a toujours eu une position d’engagement non négociable envers la démocratie, l’État de droit et le plein respect des droits de l’homme au Venezuela, et pour cette raison, il met en garde depuis un certain temps contre la situation insoutenable du régime illégitime, vorace et dictatorial de Nicolás Maduro, qui a causé tant de dégâts à ce noble peuple. Sa chute ne peut être que de bonnes nouvelles ».

Il privilégie la démocratie, mais ne dit pas si tous les moyens sont bons pour y arriver. https://twitter.com/SantiPenap/status/2007488245949423759

Recevez les derniers articles directement dans votre boîte mail !

Un Jour en Amérique © 2026. Tous droits réservés. 
Consentement des cookies