On connaît la pièce La guerre de Troie n’aura pas lieu.
Hector, rentre de campagne, lassé par les massacres et décidé à ce que la guerre de Troie n’ait pas lieu. Il tente de convaincre son frère Pâris de rendre Hélène aux Grecs, car il juge ce motif de conflit dérisoire. Comme toujours, il y a deux camps. Le camp de la Paix : Hector et l’ambassadeur grec Ulysse, deux hommes lucides, parviennent à un accord diplomatique pour éviter le carnage ; Le camp de la Guerre : Les poètes et les vieillards de Troie, fascinés par la gloire et la beauté d’Hélène, poussent à l’affrontement par pur orgueil.
Alors que la paix est signée, un incident absurde survient : le poète troyen Démokos est tué par Hector. En mourant, il ment et accuse les Grecs. Ce mensonge déclenche la fureur du peuple et ouvre irrévocablement les portes de la guerre.
Même avec la meilleure volonté des dirigeants, la bêtise humaine et le “Destin” finissent toujours par imposer la tragédie.
Aujourd’hui, on a affaire à une autre œuvre d’autant plus dramatique qu’elle se déroule sous nos yeux. Dans la vraie vie. Dans les couloirs feutrés de la diplomatie, un homme tente de retenir le bras du destin : J.D. Vance porte la voix de ceux qui ne veulent plus voir la jeunesse s’épuiser dans des sables lointains. Face à lui, les visages de marbre de Marco Rubio, le Yes-man Pete Hedseth et la détermination implacable de Netanyahu rappellent que pour certains, la paix n’est qu’une faiblesse masquée. Quant à Dan Caine, chef d’état major des armées, il explique clairement au président que cette guerre est très risquée. Mais ce dernier n’en n’a cure.
Le vendredi 27 février : L’ambassadeur d’Oman apporte une offre qui aurait dû tout arrêter. Téhéran accepterait de restituer ses 400 kg d’uranium enrichi, brisant ainsi la clé de voûte de sa menace nucléaire. La raison semble enfin l’emporter.
Le samedi 28 février : L’aube ne se lève pas sur la concorde, mais sur le tonnerre des missiles. Le camp de la guerre a tranché le nœud gordien. L’Opération Epic Fury est lancée, balayant l’Iran sous un déluge de feu. Avec raison et humour, le général Yakovleff, habitué des plateaux de télévision français, l’a rebaptisera « Epique connerie ».
Depuis ce jour, une étrange comédie se joue devant le rideau des marchés mondiaux. Chaque matin ou presque, une voix s’élève pour annoncer que le dénouement est proche, que la victoire est acquise.
On nous affirme que l’adversaire est ” battu” et que les objectifs sont remplis avant l’heure.
On nous assure que l’on “sent dans ses os” la fin des hostilités, tout en menaçant d’effacer de la carte les puits de pétrole et les usines de dessalement.
On prétend que la guerre est finie depuis la première heure alors que la menace d’une initiative terrestre qui installerait la guerre dans la durée se fait de plus en plus pressante.
Cette répétition incessante de “victoires” imminentes vise à rassurer les indices boursiers et à stabiliser le prix du baril, transformant le sang versé en une simple variable économique. Mais à force de crier à la paix pour masquer l’escalade, le signal s’épuise. Le monde regarde les portes de la guerre, grandes ouvertes, et comprend que l’on ne peut pas crier au loup plus de trois fois sans que la vérité ne finisse par dévorer le menteur.
Le magazine Axios a répertorié 12 déclarations de Donald Trump affirmant que la guerre était toute proche.
1 – 30 mars 2026 — Brent ~109$/baril
Menacer OU conclure
“We will conclude our ‘stay’ in Iran or obliterate energy infrastructure.”
↑ prix en hausse
2 – 26 mars 2026 — Brent ~106$/baril
Ils sont vaincus
“They’re defeated, they can’t make a comeback.”
↑ prix en hausse
3 – 24 mars 2026 — Brent ~103$/baril
Nous avons gagné cette guerre
“We’ve won this war. This war has been won.”
↑ prix en hausse
4 – 23 mars 2026 — Brent ~101$/baril
Conversations très productives
“U.S. and Iran had ‘VERY GOOD AND PRODUCTIVE CONVERSATIONS’.”
↓ prix en baisse
5 – 13 mars 2026 — Brent ~104$/baril
Je le sens dans mes os
“It will end when ‘I feel it in my bones’.”
↑ prix en hausse
6 – 12 mars 2026 — Brent ~102$/baril
Ils sont presque au bout
“They are pretty much at the end of the line.”
→ stable
7 – 11 mars 2026 — Brent ~100$/baril
Quasiment plus rien à cibler
“The war will end any time I want it to end.”
↑ prix en hausse
8 – 11 mars 2026 — Brent ~100$/baril
Gagné dès la première heure
“In the first hour it was over. We gotta finish the job.”
↑ prix en hausse
9 – 9 mars 2026 — Brent ~94$/baril
Nous avons déjà gagné en partie
“We’ve already won in many ways, but we haven’t won enough.”
↑ prix en hausse
10 – 9 mars 2026 — Brent ~91$/baril
Guerre terminée très bientôt
“The Iran war will be over very soon. Iran is all gone.”
↑ prix en hausse
11 – 2 mars 2026 — Brent ~79$/baril
Facilement nous prévaudrons
“We will easily prevail. Whatever it takes.”
↑ prix en hausse
12 – 2 mars 2026 — Brent ~79$/baril
Opération un succès total
“Nobody else could have done this but me.”
↑ prix en hausse
| Date | Déclaration / Action de Trump | Réaction du Marché (Brent) |
| 2 mars | Annonce d’un “succès total” dès les premiers jours. | Hausse initiale (début des hostilités). |
| 16 mars | Trump affirme avoir “totalement démoli” le hub de Kharg Island. | Monte à 104,98 $ (+1,8%). |
| 19 mars | Attaques signalées sur des champs gaziers. | Nouvelle envolée des prix du gaz et pétrole. |
| 30 mars | Menace d’annihiler le réseau énergétique et les puits. | Atteint presque 117 $ (pic proche du record de 119,50 $). |
Le tableau synthétise les données de corrélation identifiées dans les sources de mars 2026 :
Globalement, la tendance est à l’augmentation du prix du baril de pétrole depuis le 28 février.

Mais le caractère contradictoire des messages de Donald Trump — oscillant entre “la guerre est finie” et “nous allons tout faire sauter” — est souligné par les analystes comme un facteur de volatilité extrême :
Le “Record mensuel” : Le pétrole a connu en mars 2026 sa plus forte hausse mensuelle jamais enregistrée (+54%), dépassant le record de 1990.
Délit d’initié potentiel : Les médias soulignent que Trump a suggéré vouloir “prendre le pétrole” iranien et que ces “messages mixtes” (diplomatie vs menace totale) créent des conditions idéales pour la spéculation sur les contrats à terme.
Le Brent s’établissait à 72,48 $/baril le 27 février — quelques heures avant les premières frappes —, et avait bondi de plus de 42% pour atteindre 103$ à la clôture du 13 mars.
À l’ouverture des marchés, le Brent a brièvement franchi un pic à 119 dollars le baril, avant de redescendre autour de 100 dollars. En fin mars, le cours du pétrole Brent s’établissait autour de 109 $/baril, soit une hausse d’environ 51% depuis le début du conflit. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20% du pétrole mondial, reste quasi-paralysé — c’est le principal moteur de cette flambée.
En marge de cette tendance haussière, des évolutions plus fines, au jour le jour, laissent apparaître des mouvements suspects. C’est le cas du 23 mars qui concentre les soupçons. Dans les 15 minutes précédant l’annonce de Trump sur Truth Social à 7h23, des participants de marché ont placé environ 500 millions de dollars en contrats à terme pétroliers. Entre 6h49 et 6h50, entre 5 100 et 6 200 contrats Brent et WTI ont changé de mains.
L’économiste Paul Krugman, prix Nobel, a qualifié l’acte de “trahison”, écrivant que des personnes disposant d’informations confidentielles sur la sécurité nationale — comme les plans de bombardement ou non d’un pays — avaient exploité ces informations pour en tirer profit.
L’Iran lui-même a nié toute négociation en cours avec Washington, qualifiant ces affirmations de “fakenews” destinées à “manipuler les marchés financiers et pétroliers”.
L’administration Trump a par ailleurs systématiquement démantelé une grande partie des mécanismes conçus pour lutter contre les délits d’initiés et la fraude en col blanc. La section d’intégrité publique du ministère de la Justice — créée après le Watergate — est passée de 36 à 2 avocats.
Le sénateur démocrate Chris Murphy a dénoncé une corruption “époustouflante”, soulignant qu’en une seule opération, 1,5 milliard de dollars en contrats à terme S&P 500 avaient été achetés et 192 millions en contrats pétroliers vendus — 5 minutes avant le post de Trump.
| Sources | Sujets |
| Axios (25 mars) | Trading suspects et guerre Iran |
| NPR (26 mars) | Interview de Paul Krugman sur le délit d’initiés |
| Al Jazeera (25 mars) | Polymarket & paris sur la guerre |
| Fortune (24 mars) | Krugman : “trahison” |
| CBS News (26 mars) | Analyse du pic de trading |
| The Hill (25 mars) | Murphy accuse l’administration |
| Salon (26 mars) | Preuves grandissantes |
| Newsweek (27 mars) | Bilan des paris Iran War |
| prixdubaril.com | Données Brent en temps réel |
Evolution du prix du pétrole depuis 3 mois

(Source : prixdubaril.com)
Pendant ce temps, le prix à la pompe a dépassé en moyenne le seuil des 4 dollars le gallon (un peu plus d’un dollar le litre) avec des niveaux dépassant les 5 dollars comme en Callifornie.



Sources
Axios : “12 times Trump signaled the Iran war was about to end” (article source)
Axios : “Mysterious trading patterns follow Trump into war” (25 mars 2026)
NPR : “Trades made before Trump delayed plans to attack Iran raise insider trading concerns” (26 mars 2026
Al Jazeera : “Large Polymarket, Wall Street bets on Trump’s war news under scrutiny” (25 mars 2026)
Fortune : “Nobel laureate calls it ‘treason’: $580M traded minutes before Trump’s oil reversal” (24 mars 2026)
CBS News : “Oil trades surged just before Trump’s post on Iran talks” (26 mars 2026)
The Hill : “Chris Murphy accuses Trump administration of insider trading” (25 mars 2026)
Salon : “Evidence of insider trading on Iran war grows” (26 mars 2026)
prixdubaril.com : Cours historiques Brent 2026