IBM est une société particulière dans le secteur de l’informatique. Au moment de sa splendeur dans les années 1960, l’entreprise était baptisée Blanche Neige et ses concurrents immédiats les Sept Nains : Burroughs, Univac, NCR, Control Data, Honeywell, General Electric et RCA. IBM controlait 70 % du marché des ordinateurs et contrôlait la totalité de la filière, des composants jusqu’aux systèmes, logiciels et matériels. On disait souvent qu’un DSI (qui ne s’appelait pas comme ça) qui ne choissisait pas IBM pouvait risquer son poste si son projet ne réussisait pas.
A la fin des années 70, À la fin des années 70, la liste a changé pour devenir les BUNCH (un acronyme formé par leurs initiales : Burroughs, Univac, NCR, Control Data, Honeywell), car GE et RCA avaient abandonné la partie.
L’IA (en l’occurrence Claude d’Anthropic) m’a permis de réaliser une analyse que je souhaitais faire depuis bien longtemps et qui aurait demandé beaucoup de temps de recherche et de dépouillement. L’IA a fait le travail en quelques minutes pour répondre aux questions suivantes :
1. Depuis le rachet de ROLM en 1984, combien IBM a-t-il investi dans l’acquisition d’entreprises ? Quel chiffre d’affaires cumulé représentent ces entreprises rachetées ?
Depuis 1984, IBM a dépensé 145 milliards de dollars (Evaluation) pour racheter 217 entreprises. L’acquisition la plus importante est celle de Red Hat en 2019 pour un montant de 34 milliards de dollars.
2. Depuis qu’une société a le droit de racheter ses propres actions pour en doper le cours – un transfert d’argent vers les actionnaires – c’est-à-dire depuis 1982, combien IBM a-t-il dépensé pour racheter ses propres actions ?
IBM a commencé a racheté activement ses propres actions avec Lou Gerstner dans les années 1990. Venu de l’extérieur, Lou Gerstner avait une mission impossible à accomplir : sauver l’entreprise qui était alors en grandes difficultés. Il en a changé aussi le modèle avec une évolution vers les services. Sam Palmisano a parachevé cette transformation. Il a également commencer à mettre en place une stratégie d’offshore vers l’Inde.

Bénéfice net cumulé : ~218 milliards USD
Les grandes phases sont très contrastées. Les années 1984–1990 représentaient un pic de profitabilité — IBM dégageait alors jusqu’à $6,6 Md/an — avant la catastrophe de la période Akers. Entre 1991 et 1993, IBM a affiché des pertes nettes cumulées de près de 16 milliards USD, dont la perte de $8,1 Md en 1992 était alors la plus grande perte annuelle de l’histoire des entreprises américaines. Sous Gerstner puis Palmisano, les bénéfices ont recommencé à croître pour atteindre un record absolu de $16,6 Md en 2011. Depuis, la tendance est à la compression, hormis un rebond en 2025 à $10,6 Md.
Rachats d’actions cumulés : ~214 milliards USD
De 1995 à 2019, IBM a dépensé 201 milliards USD à racheter ses propres actions, soit une moyenne de 8 milliards par an pendant 25 ans. La répartition par PDG est saisissante :
| PDG | Période | Rachats | Moyenne/an |
|---|---|---|---|
| Cary/Akers | 1984–94 | ~$7 Md | ~$0,7 Md |
| Gerstner | 1995–2001 | $44 Md | $6,3 Md/an |
| Palmisano | 2002–2011 | $99 Md | $9,9 Md/an |
| Rometty | 2012–2019 | $58 Md | $7,2 Md/an |
| Krishna | 2020–2025 | 0 (suspendu après Red Hat) | — |
Le chiffre qui résume tout
Le ratio rachats d’actions / bénéfice net sur l’ensemble de la période est de ~98 %. IBM a donc restitué aux actionnaires sous forme de rachats une somme quasi équivalente à la totalité de ses bénéfices nets cumulés depuis 40 ans — en parallèle de 145 milliards investis en acquisitions. Ces trois flux (bénéfices, rachats, acquisitions) ont été largement financés par l’endettement et la vente d’actifs (PC à Lenovo, semi-conducteurs, services à Kyndryl), ce qui explique la transformation profonde du bilan d’IBM sur cette période.
Acquisitions IBM
1984 – 2026
Depuis le rachat de ROLM (1984) jusqu’à Confluent (2026) — 217 acquisitions recensées
| Année | Société acquise | Secteur | Prix d’achat (USD) | CA estimé (acquisition) | Visualisation | Notes |
|---|---|---|---|---|---|---|
| TOTAL (acquisitions majeures répertoriées) | — | — | ||||