A la question de savoir comment les Américains apprécient la direction que prennent les États-Unis, seulement 24 % en sont satisfaits. C’est peu, mais il y a eu pire. En 1990, au moment de la première guerre du Golfe, ils n’étaient que 14 %. En 2009, 7 % au moment de la crise financière. Et guère plus en 2020 lorsque l’épidémie s’est déclenchée.
À l’inverse, le climat semblait beaucoup plus favorable, un peu avant l’implosion de la bulle Internet. La déflagration de la bulle a affecté les esprits, mais sans faire chuter considérablement l’humeur. De même à la suite des événements du 11 septembre 2001. Il y a eu une sorte d’effet drapeau autour des mesures prises par George W Bush. Mais avec l’éternisent de la guerre contre le terrorisme, la satisfaction des Américains n’a fait que chuter pour atteindre le plancher de toute la période des 7 %.

La démocratie américaine repose sur le fonctionnement de deux partis, démocrate et républicain. Hors de ces deux partis, il n’y a point de salut. Tous les candidats n’appartenant pas à ces deux partis n’ont jamais réussi à s’imposer dans une élection présidentielle. Et pourtant, ceux qu’on appelle les indépendants, sont désormais majoritaires (43%) contre 28 % pour les démocrates et les républicains. Et de plus en plus d’Américains se présentent comme indépendants. En réalité, être indépendant n’est pas synonyme d’appartenir à un troisième parti – qui n’existe pas – mais plutôt de se considérer ni démocrate ni républicain. De plus en plus, ce sont eux qui influent sur le résultat des élections tant la polarisation partisane est grande. On le vérifie sur tous les sujets. Les réactions des démocrates ou des républicains relèvent plus du réflexe pavlovien que de l’analyse rationnelle.

Les Américains vivent de plus en plus dans un climat de défiance, défiance vis-à-vis des institutions. Ils ne croient plus en rien. Les médias, les journaux et la télévision sont les plus mis en question avec seulement 14 % de confiance. Un lent déclin qui est très préoccupant pour la société américaine.

Dernier élément important, la société américaine, comme les autres sociétés occidentales, devient de plus en plus séculière. La religion qui est la plus touchée par ce phénomène est la religion protestante qui est à 69 % de la population qui s’en revendiquait en 1947 à 45 % aujourd’hui. À l’inverse, ceux qui ne revendiquent appartenir à aucune religion sont passés de 6 % en 1947 à 22 % aujourd’hui. Cela n’empêche pas ceux qui s’y réfèrent d’être de plus en vocaux. C’est à partir des années 1980 et l’arrivée des évangéliques et de la moral morality dans l’entourage de la Maison-Blanche que les religieux sont devenus de plus en plus vocaux.
