Donald Trump renverse la table et discute ensuite. Telle serait synthétisée la stratégie du président des Etats-Unis. C’est en tout cas de cette manière qu’il a procédé pour construire ce “one of the greatest and most beautiful Ballrooms anywhere in the World”. Il a d’abord ordonné la destruction de l’East Wing, une addition à la Maison-Blanche construite il y a une peu plus de 80 ans, sans se préoccuper du financement et de la réglementation. En espérant que mis devant le fait accompli et le trou béant qui règne aujourd’hui en lieu et place au bâtiment existant, personne ne pourrait arrêter la construction de la future salle de bal.
Comme d’habitude le Congrès n’a pas cillé. En revanche, la National Trust for Historic Preservation a engagé une action en justice pour stopper ce projet. À la suite de différents incidents dont la prestation du président à Davos, les généreux donateurs se sont évaporés de telle sorte que ce projet ne serait plus financé et ne pourra donc pas être terminé obligeant le président à simplement boucher le trou qu’il a imprudemment ordonné avec la démolition de l’East Wing.
Cet événement constituera peut-être une métaphore de ce qu’il restera de la 47e présidence des États-Unis. Joseph Schumpeter avait inventé la notion de la « destruction créatrice ». Donald Trump a inventé celle de « destruction destructrice ».
Retour sur cette affaire
Donald Trump annonce la construction d’une salle de bal monumentale à la Maison-Blanche, estimée entre 300 et 400 millions de dollars. Il présente ce projet comme un “cadeau” à la nation. Selon lui, le projet est entièrement financé par des donateurs privés (“patriotes américains”), sans aucun coût pour les contribuables. L’objectif est de remplacer les tentes temporaires sur la pelouse par un espace sécurisé (anti-drones, vitres pare-balles) pour les dîners d’État et les investitures, en collaboration avec l’armée et le Secret Service.
Sauf que le 12 décembre 2025, la National Trust for Historic Preservation intente une action en justice auprès de Cour de district des États-Unis pour le district de Columbia. Suite à la démolition de l’aile Est de la Maison-Blanche en octobre 2025. Cette destruction visait à libérer l’espace nécessaire pour la construction d’une salle de bal de plus de 8 000 mètres carrés.
L’organisation souligne que ce projet a été lancé de manière unilatérale, sans l’approbation du Congrès ni la consultation des commissions fédérales chargées du développement de la capitale (NCPC et CFA). De plus, aucun examen environnemental n’a été mené et le public n’a pas pu s’exprimer sur la modification de ce monument historique national. Malgré les demandes de suspension des travaux, le chantier se poursuit activement, marqué par l’installation de machinerie lourde sur le site.
Le demandeur affirme qu’aucun président n’a l’autorité légale de détruire ou de construire sur ce domaine public sans respecter les procédures réglementaires. En conséquence, le National Trust demande à la cour de déclarer ces actions illégales et d’ordonner l’arrêt immédiat du projet jusqu’à ce que toutes les étapes de révision, de consultation publique et d’autorisation législative soient dûment complétées.
Dans un long message sur son réseau social, Donald Trump fustige contre cette action en justice déposée par le National Trust for Historic Preservation, qu’il qualifie d’obstructionniste et bien sûr de Radical Left. Selon lui, le projet est trop avancé pour être stoppé : les matériaux (acier, marbre, équipements) sont déjà commandés et le chantier est jugé irréversible. On note au passage qu’il a passé les commandes sans avoir sécurisé le financement, une vieille habitude. Il affirme que le président a le droit d’améliorer la Maison-Blanche sans autorisation extérieure, d’autant plus que l’aile Est a déjà été modifiée à maintes reprises par le passé. Bref la stratégie du fait accompli qui est assez souvent efficace. Peut-être pas cette fois.

Les éléments de l’action en justice
L’action vise à stopper le projet de construction d’une salle de bal de 9 000 m² sur le site de la Maison-Blanche, initié par le président Donald J. Trump.
Voici les éléments majeurs de l’action juridique :
1. L’Objet du Litige
Fin octobre 2025, l’East Wing de la Maison-Blanche, incluant sa colonnade historique et le jardin Jacqueline Kennedy, a été entièrement démolie.
A la place, le président Trump prévoit de construire une vaste salle de bal d’une capacité de près de 1 000 personnes, une structure jugée hors de proportion avec la résidence exécutive historique.
2. Les Violations procédurales invoquées
Le plaignant soutient que les défendeurs ont agi de manière unilatérale et illégale en ignorant plusieurs obligations fédérales :
– Absence d’autorisation du Congrès : Selon la loi (40 U.S.C. § 8106), aucune structure ne peut être érigée sur les terrains publics du district de Columbia sans l’autorisation expresse du Congrès. Sur ce point, le Congrès s’est manifesté par sa docilité depuis le début du second mandat poussant le président à passer outre.
– Défaut de consultation des commissions : Le projet n’a été soumis ni à la National Capital Planning Commission (NCPC) ni à la Commission of Fine Arts (CFA), organismes chargés de superviser le développement et la préservation architecturale de la capitale.
– Absence d’études environnementales : Aucune étude d’impact environnemental, pourtant requise par la loi NEPA, n’a été réalisée ou rendue publique avant le début des travaux.
– Exclusion du public : Le public américain n’a eu aucune opportunité de commenter ou d’examiner les plans avant la destruction de ce monument national.
3. Les Arguments de la Défense (selon la plainte)
Le président et certains officiels ont affirmé que l’approbation ne serait nécessaire que pour la “construction verticale” et non pour la démolition. Le président Trump a déclaré que l’East Wing n’était qu’un “très petit bâtiment” sans grande importance historique.
4. Demandes du Plaignant
Le National Trust demande à la Cour :
– De déclarer que la poursuite du projet viole les lois fédérales (APA, NEPA, etc.).
– D’émettre une injonction pour suspendre immédiatement les travaux de construction jusqu’à ce que toutes les révisions légales soient effectuées et que les approbations nécessaires soient obtenues.
Le juge fédéral Richard Leon devrait rendre son verdict le mois prochain. Il a déjà prévenu que, quelle que soit sa décision, un appel est quasiment certain.