“President Trump in his first term and since reentering office in January 2025 has rebuilt the American military to be the world’s absolute best—its most formidable fighting force. But it is essential to emphasize how much of an achievement this has been”. (…) “President Trump is leading our nation into a new golden age”. (…) “American interests are also under threat throughout the Western Hemisphere.”
Le tonde la publication que vient de publier le ministère de la Défense américaine intitulée National Defense Strategy (NDS) est donné. « He alone can fix it ». Le nom de Trump est mentionné une cinquantaine de fois dans un document qui compte une vingtaine de pages. Il est en ligne avec la National Security Strategy (NSS) que vient de publier la Maison Blanche mais il constitue une mise en œuvre radicale sur le plan militaire.
Là où la NSS propose un récit de priorisation, de recentrage et de réalisme géopolitique, la NDS en tire des conséquences militaires beaucoup plus radicales, révélant une anticipation explicite d’un monde plus conflictuel, plus brutal et potentiellement instable.

Cette note montre que la NDS est le document de vérité stratégique, là où la NSS demeure partiellement un texte de cadrage politique ; La hiérarchie des menaces est claire (Chine > Russie > autres), mais ses implications pour les alliés sont lourdes. La notion de « paix par la force » marque une rupture avec l’illusion de gestion pacifiée de la mondialisation.
La NSS est un document présidentiel de haut niveau, dans le sens où elle se place à un niveau très général. Elle définit les intérêts vitaux des États-Unis, établit une hiérarchie politique des priorités et fournit un cadre idéologique justifiant l’action de l’État fédéral. Elle s’adresse d’abord : – au Congrès, – aux alliés, – à l’opinion publique américaine.
La NDS est un document opérationnel du Département de la Défense (rebaptisé Department of War). Elle traduit la NSS en objectifs militaires concrets. Elle se veut concrète en structurant la planification des forces, des budgets et des capacités et en anticipe les scénarios de guerre crédibles.

Bien sûr, les deux textes partagent un socle idéologique clair. Le contraire serait surprenant, voire inquiétant. Tous deux rejettent le globalisme de l’après-Guerre froide, refuse l’universalisation forcée du modèle américain et affirme la primauté de l’intérêt national sur les engagements moraux abstraits.
La NSS critique explicitement les « laundry lists » stratégiques du passé et la dépendance excessive aux institutions internationales. La NDS prolonge cette critique en termes militaires :
– fin des guerres périphériques sans lien direct avec la sécurité nationale ;
– recentrage sur les théâtres décisifs ;
– exigence de résultats mesurables.
Néanmoins quand on observe le nombre d’interventions militaires, tous azimuts, de manière totalement erratique et incohérente, sans stratégie, on peut s’interroger sur le bien-fondé de ces documents. En effet, plusieurs centaines de frappes aériennes et opérations ont été menées sous cette administration (au moins plusieurs centaines documentées en 2025 contre divers groupes/positions), bien plus nombreuses que sous la précédente administration sur une période comparable (Since taking office on Jan. 20, 2025, Trump has overseen at least 626 air strikes, according to data compiled by the Armed Conflict Location and Event Data Project that was shared with Military Times – Source : A year of strikes: US military operations surge under Trump)
Concernant les menaces, la hiérarchisation est la même. Dans la NSS, la Chine est un concurrent systémique ; l’accent est mis sur l’économie, la technologie, les normes. Dans la NDS, la Chine est le principal adversaire militaire potentiel. Le document anticipe explicitement un conflit de haute intensité en Indo-Pacifique. La logique de « deterrence by denial » le long de la First Island Chain est centrale. Ici, la stratégie centrale consiste à empêcher la Chine d’agir militairement avec succès dans la zone clé Indo-Pacifique, en la bloquant physiquement et opérationnellement dès le départ.
Les deux documents s’accordent pour considérer la Russie comme : – dangereuse à court terme, – mais structurellement affaiblie. La conséquence implicite est majeure : l’Europe devient un théâtre secondaire, appelé à être largement pris en charge par les alliés européens.
La NDS est encore plus radicale sur la considération des alliées Ils alliés sont avant tout des fournisseurs de capacités et des acteurs devant assumer la charge principale de leur sécurité régionale. Il s’agit plus de burden-shifting que de burden-sharing.
La NSS évoque la réindustrialisation comme un levier de prospérité. La NDS va beaucoup plus loin. Elle parle de mobilisation nationale, assume une évolution vers un économie de guerre potentielle et fait de la base industrielle de défense un instrument stratégique central. Les États-Unis se préparent à des conflits longs, coûteux et technologiquement intensifs. Ces objectifs sont en ligne avec les chiffres annoncés par Donald Trump de 1 500 milliards pour le budget de la Défence américain, en hausse de plus de 50 % par rapport au budget de 2025.
La comparaison entre la NSS et la NDS montre que les États-Unis ont déjà tourné la page de l’ordre international libéral tel qu’il existait. La guerre n’est plus une hypothèse théorique, mais une possibilité structurante de la politique américaine telle que la conçoit Donald Trump.
En conclusion
“Taking our nation from the precipice of a world war just a year ago, President Trump is now leading our nation into a new golden age, one defined by putting Americans first in a commonsense, pragmatic, and concrete way. No longer will we squander Americans’ will, resources, and even lives in foolish and grandiose adventures abroad.”
A la manière de George Orwell
| Le texte originel | Le texte réécrit |
| In doing so—as President Trump has so memorably emphasized—our purpose will not be aggression or perpetual war. Rather, our goal is peace. Peace is the highest good. But not a peace that sacrifices our people’s security, freedoms, and prosperity. Rather, a peace that Americans deserve—a noble and proud peace. Fortunately, this peace is compatible with the interests of our potential opponents, if they keep their demands reasonable and cabined. We do not demand their humiliation or submission. Rather, we demand only that they respect our reasonably conceived interests and those of our allies and partners who stand stoutly with us. If we all can acknowledge this, we can achieve a flexible and sustainable balance of power among us, and peace. | Our purpose is not peace but dominance, even if it requires sustained conflict. War is not a failure but an accepted condition, and peace, when tolerated, is merely instrumental. Security, freedom, and prosperity are secondary, expendable when they constrain power. We do not seek balance but superiority. The interests of others are not to be accommodated but limited, regardless of reasonableness. Humiliation and submission are not avoided; they are effective tools of order. Allies matter only insofar as they comply. Under such conditions, stability is temporary, balance is weakness, and peace is nothing more than an intermission between exercises of force. |