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Groenland : L’heure de vérité

Entre grotesque – prix de la paix FIFA, cadeau du prix Nobel de la paix par Maria Corina Machado -, vulgaire – droit d’honneur à un ouvrier d’une usine Ford, odieux – pousser les Iraniens à manifester en leur disant que l’aide arrive pour ensuite les laisser tomber, il y a les initiatives de Donald Trump qui oscillent entre coup d’éclat proche de la téléréalité – capture de Nicolas Maduro – et celles qui sont en cours. Parmi celles-ci, les visées appuyées et persistantes sur le Groenland de Donald Trump sont actuellement au centre de l’actualité.

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Petit historique des déclarations de Donald Trump sur le Groenland

20 août 2019 — Trump évoque l’achat du Groenland

Trump explique qu’il avait envisagé l’achat du Groenland, idée qui avait été largement commentée à l’époque. Trump affirme qu’il aimerait que les États-Unis acquièrent le Groenland — même s’il ne s’agissait « pas d’une priorité numéro un » pour son gouvernement.

4 mars 2025 — Discours au Congrès

Donald Trump a réaffirmé son intérêt pour le Groenland, indiquant que les États-Unis en avaient besoin pour la sécurité monde et qu’ils l’obtiendraient « d’une manière ou d’une autre ».

29 mars 2025 — Interview NBC / Déclarations publiques

Donald Trump martèle encore qu’il « obtiendra » le Groenland et n’exclut pas certaines options pour y parvenir.

Janvier 2026 — Nouvelles déclarations et pressions internationales

Début janvier 2026, Trump a réaffirmé aux journalistes à bord d’Air Force One qu’il « s’occuperait » du Groenland sous contrôle américain.

Le 12 janvier 2026, il a aussi déclaré qu’il faudrait acquérir l’île avant que la Russie ou la Chine ne le fassent.

Ensuite, autour du 17 janvier 2026, il a menacé d’appliquer des tarifs commerciaux élevés aux pays européens opposés à l’achat du Groenland.

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Donald Trump avait commencé à en parler pendant son premier mandat mais sans trop de conviction. Mais depuis son second, il se montre de plus en plus insistant. A la suite du rejet massif de son idée de racheter le Groenland, Donald Trump a réagi de manière spectaculaire – et inquiétante –. Après le tollé international suscité par cette revendication jugée extravagante, le président américain a choisi l’escalade commerciale. Une fuite en avant que l’économiste Paul Krugman a résumée par une formule cinglante : « le hurlement de frustration d’un dictateur fou qui vient de comprendre qu’il ne peut pas envoyer les Marines ».

Dans un long – anormalement long – message (voir ci-dessous) publié sur son réseau social, Donald Trump annonce l’instauration de droits de douane de 10 % sur l’ensemble des importations en provenance des pays qu’il accuse de « protéger » le Groenland. Ces taxes entreraient en vigueur le 1er février, avant de grimper à 25 % à compter du 1er juin. Elles resteraient appliquées, précise-t-il, « jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé pour l’achat complet et total du Groenland ».

La sortie présidentielle sidère à plusieurs niveaux. Sur le plan le plus élémentaire : aucune explication n’est donnée sur le financement d’un éventuel « achat » du Groenland, territoire autonome rattaché au Danemark si ce n’est la remise en compte de l’histoire et des frontières existantes. Ironique pour un pays qui a volé le territoire des autochtones qui y résidaient depuis des centaines d’années.

L’explication réelle est sans doute plus prosaïque : le souhait de laisser une place de l’histoire comme Thomas Jefferson, Andrew Johnson, William McKinley qui ont respectivement poussé l’acquisition de la Louisiane, de l’Alaska et d’Hawaï.

Ou encore plus simplement, en ajoutant 2 km² de territoires, Donald Trump se raprocherait de la superficie de la Russie (on se souvient de la déclaration pendant la campagne de 2016 où il répondait devant le monde ébahi qu’il n’avait pas de petites mains (if these hands are small, something else is small…).

On hésite entre comportement mafieux ou conduite infantile. Avec le Groenland et le Canada, les Etats-Unis auraient le plus grand territoire du monde. Plus grand que la Russie.  

Rappelons que les pays visés par ces sanctions commerciales sont tous des alliés historiques des États-Unis : le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni.

Plus encore que leur ampleur, c’est la logique de ces sanctions qui inquiète. Donald Trump ne prétend même plus utiliser les droits de douane pour protéger l’économie américaine, mais pour contraindre d’autres États à se plier à ses exigences géopolitiques. Or la légalité de ses précédentes guerres tarifaires est déjà contestée devant la Cour suprême : deux juridictions inférieures ont estimé que le président ne disposait pas du pouvoir constitutionnel lui permettant d’imposer de telles taxes de manière unilatérale. Sur ce point, la Cour suprême tarde à rendre publique sa décision.

Cette fois, aucune référence à une « urgence économique » n’apparaît. Il s’agit explicitement d’un outil de pression politique et stratégique. Certains essaieront d’abriter ces mouvements erratiques derrière des théories économiques ou politiques fumeuses.

Le ton du message présidentiel a également frappé les observateurs par ses accents inquiétants. En affirmant que seuls les États-Unis seraient capables de « protéger » le Groenland, Trump reprend une rhétorique rappelant celle employée par Vladimir Poutine à propos de l’Ukraine. Il passe sous silence le fait que le Groenland, via le Danemark, est couvert par l’OTAN, la plus puissante alliance militaire au monde. Et que selon un accord existant datant de 1951, ils peuvent à leur guise construire de nouvelles bases militaires s’ils le jugeaient nécessaire.

Le message se moque même des capacités de défense danoises, évoquant avec sarcasme « deux traîneaux à chiens » comme seule protection du territoire. Trump va jusqu’à suggérer que l’« achat » du Groenland pourrait inclure « la possible protection du Canada », ajoutant une nouvelle couche de confusion et de provocation.

Face à ces menaces, des manifestations massives de solidarité ont éclaté à Copenhague et à Nuuk, les capitales du Danemark et du Groenland. Les institutions européennes ont rapidement réagi.

Le président du Conseil européen, António Costa, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont publié une déclaration commune rappelant que « l’intégrité territoriale et la souveraineté sont des principes fondamentaux du droit international ». Tout en se disant ouverts au dialogue avec Washington, ils ont affirmé leur soutien total au Danemark et au peuple groenlandais.

« Les droits de douane porteraient atteinte aux relations transatlantiques et risqueraient d’entraîner une dangereuse spirale de représailles », ont-ils averti. « L’Europe restera unie, coordonnée et déterminée à défendre sa souveraineté. »

Plusieurs eurodéputés ont déjà annoncé qu’ils refuseraient de ratifier le nouvel accord commercial signé avec l’administration Trump en juillet dernier. Une hypothèse qui devient très réaliste. Certains évoquent même l’activation de l’« instrument anti-coercition » de l’UE, surnommé le « bazooka commercial », qui permettrait d’imposer des restrictions commerciales et des limitations aux investissements américains en Europe.

Le message de Donald Trump
We have subsidized Denmark, and all of the Countries of the European Union, and others, for many years by not charging them Tariffs, or any other forms of remuneration. Now, after Centuries, it is time for Denmark to give back — World Peace is at stake! China and Russia want Greenland, and there is not a thing that Denmark can do about it. They currently have two dogsleds as protection, one added recently. Only the United States of America, under PRESIDENT DONALD J. TRUMP, can play in this game, and very successfully, at that! Nobody will touch this sacred piece of Land, especially since the National Security of the United States, and the World at large, is at stake. On top of everything else, Denmark, Norway, Sweden, France, Germany, The United Kingdom, The Netherlands, and Finland have journeyed to Greenland, for purposes unknown. This is a very dangerous situation for the Safety, Security, and Survival of our Planet. These Countries, who are playing this very dangerous game, have put a level of risk in play that is not tenable or sustainable. Therefore, it is imperative that, in order to protect Global Peace and Security, strong measures be taken so that this potentially perilous situation end quickly, and without question. Starting on February 1st, 2026, all of the above mentioned Countries (Denmark, Norway, Sweden, France, Germany, The United Kingdom, The Netherlands, and Finland), will be charged a 10% Tariff on any and all goods sent to the United States of America. On June 1st, 2026, the Tariff will be increased to 25%. This Tariff will be due and payable until such time as a Deal is reached for the Complete and Total purchase of Greenland. The United States has been trying to do this transaction for over 150 years. Many Presidents have tried, and for good reason, but Denmark has always refused. Now, because of The Golden Dome, and Modern Day Weapons Systems, both Offensive and Defensive, the need to ACQUIRE is especially important. Hundreds of Billions of Dollars are currently being spent on Security Programs having to do with “The Dome,” including for the possible protection of Canada, and this very brilliant, but highly complex system can only work at its maximum potential and efficiency, because of angles, metes, and bounds, if this Land is included in it. The United States of America is immediately open to negotiation with Denmark and/or any of these Countries that have put so much at risk, despite all that we have done for them, including maximum protection, over so many decades. Thank you for your attention to this matter!
DONALD J. TRUMP
PRESIDENT OF THE UNITED STATES OF AMERICA
Jan 17, 2026, 5:19 PM

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