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L’affaire Kelly

Mark Kelly est la cible de l’administration sans précédent. Retour sur une attaque de la plus basse espèce contre cet ancien militaire, astronaute et actuel sénateur de l’Arizona 

Contexte général : opérations militaires controversées de l’administration Trump

Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, l’exécutif mène ou revendique plusieurs opérations militaires sans autorisation explicite du Congrès et en tension avec le droit international (frappes extrajudiciaires, opérations navales et actions coercitives à l’étranger). Ce contexte alimente un débat croissant sur la légalité des ordres donnés aux forces armées .

Publication d’une première vidéo par des élus anciens militaires

À l’automne, le sénateur Mark Kelly et cinq élus autres démocrates, tous anciens membres des forces armées, publient une vidéo rappelant un principe fondamental : les militaires ne sont pas tenus d’exécuter des ordres illégaux.

Le message se veut pédagogique et juridique, sans attaque personnelle, mais vise clairement à réaffirmer la primauté de la Constitution et du droit sur l’autorité politique.

Réaction de Donald Trump

Sans surprise, Donald Trump réagit violemment à cette initiative. Il accuse implicitement — puis explicitement — Mark Kelly de comportement « séditieux » et de trahison, estimant que ce type de discours affaiblit l’autorité du commandement militaire.

Intervention de Pete Hegseth, secrétaire à la Défense

Dans la foulée, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth engage une procédure disciplinaire contre Mark Kelly en s’appuyant sur le Uniform Code of Military Justice (UCMJ), au motif que, en tant qu’officier retraité, Mark Kelly resterait justiciable de la discipline militaire.

Il annonce :

  • l’ouverture d’une procédure formelle,l’envoi d’une lettre de censure,
  • la possibilité d’une rétrogradation du rang de retraite,
  • et une réduction de la pension militaire.

Justification officielle de l’administration

Pete Hegseth affirme que Mark Kelly :

  • aurait tenu « un schéma continu de déclarations publiques » qualifiant des opérations militaires d’illégales,
  • aurait accusé implicitement l’exécutif de crimes de guerre,
  • et aurait ainsi porté atteinte à l’ordre et à la discipline militaires.

Réponse publique de Mark Kelly

Mark Kelly publie une seconde vidéo, cette fois plus personnelle et politique.
Il y rappelle :

  • quatre générations de service militaire dans sa famille,
  • son propre parcours (Navy, astronautique),
  • l’absence totale de service militaire de Donald Trump et ses cinq exemptions de conscription.

Le message, adressé notamment aux militaires, oppose le service de la loi et de l’intérêt général à une conception personnelle et autoritaire du commandement.

Analyse juridique de Leah Litman

Dans l’entretien accordé au magazine The New Republic, la juriste Leah Litman explique que :

  • la procédure repose sur une base juridique extrêmement fragile,
  • aucune violation identifiable du droit n’est démontrée,
  • les propos de Kelly sont protégés par le Premier amendement,
  • et, en tant que sénateur, par l’immunité parlementaire (Speech and Debate Clause) .

Elle souligne que l’objectif réel n’est pas de sanctionner Kelly, mais de dissuader toute critique future au sein des forces armées et du Congrès. Pour ça, pas besoin d’être juriste. Les actions engagées par l’administration Trump consistent à diffuser la peur et ainsi empêcher toute ardeur pour s’opposer.

Dépôt d’une plainte fédérale par Mark Kelly

Face à l’escalade, Mark Kelly engage une action en justice contre : Pete Hegseth, le Département de la Défense, le secrétaire à la Marine et le Département de la Navy.

Il invoque une violation du Premier amendement ; une atteinte à la séparation des pouvoirs ; une procédure dépourvue de garanties de due process ; et un précédent historique dangereux : la sanction militaire d’un membre du Congrès pour son expression politique.

Sur le plan juridique, l’affaire semble vouée à l’échec, car aucune cour ne peut valider une sanction fondée sur le fait d’avoir rappelé le droit. Mais ce n’est sans doute par l’objectif principal, il s’agit de créer un climat de peur, d’autocensure et « d’obéissance par anticipation ». Sauf que Mark Kelly n’est pas décidé à se laisser intimider. Sa contre-offensive, surtout si elle fait reculer le pouvoir, pourra en inspirer d’autres. A une époque où, pour les républicains, le caractère d’une personnalité était un élément important d’un homme politique, et d’un candidat à la Maison-Blanche, Mark Kelly démontre qu’il n’en est pas dépourvu. Cette attaque va lui donner une carrure d’homme d’État. Pourquoi d’un formidable candidat à la présidence des États-Unis : militaire, astronaute avec quatre voyages de l’espace dont deux en tant que chef de mission, sénateur, un CV qui fait de lui un excellent candidat.

18 novembre

Mark Kelly et cinq autres élus démocrates publient une courte vidéo dans laquelle ils rappellent qu’il est possible de refuser un ordre s’il est illégal, et même qu’il faut refuser d’exécuter un tel ordre.

25 novembre

Mark Kelly explique à l’émission Face the Nation les conséquences des déclarations de Donald Trump à son égard.

Le Pentagone menace Mark Kelly de passer en cour martiale

3 décembre

Mark Kelly tient une conférence de presse dans laquelle il confirme qu’il ne se laissera pas intimider par l’administration Trump

8 décembre

Mark Kelly interviewé par Jimmy Kimmel

6 janvier

Mark Kelly interviewé par Jon Stewart au Daily Show

8 janvier

Pete Hegseth vs Mark Kelly

Un peu plus d’informations sur les deux protagonistes

A l’heure où la Maison-Blanche sur son site web publie un page sur laquelle elle transforme le 6 janvier 2021 en marche patriotique, Mark Kelly remet les pendules à l’heure.

10 janvier

Mark Kelly répond aux questions de Katie Couric

13 janvier

Dans un discours devant les sénateurs, Mark Kelly informe qu’il a engagé une action en justice contre Pete Hegseth et le Pentagone

Lawrence O’Donnell remet les choses en perspective

14 janvier

Mark Kelly répond aux questions de Brian Tyler Cohen, pas seulement sur son affaire personnelle mais aussi sur les affaires du monde.

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