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La guerre du gerrymandering aura-t-elle lieu ?

Tous les dix ans, après les résultats du recensement, les états procèdent au redécoupage des différentes circonscriptions. Les élus tiennent des évolutions de la population, mais ils essayent en même d’optimiser les résultats de la prochaine élection. De manière totalement inhabituelle et sous l’injonction de Donald Trump, le Texas a élaboré une nouvelle carte électorale qui pourrait donner les quelques sièges supplémentaires[i] dont les républicains pourraient avoir bien besoin aux élections de mi-mandat qui, traditionnellement, sont défavorables au parti du président. Même si, actuellement, les traditions ne semblent plus avoir une grande valeur.  

C’est la technique bien connue du gerrymandering du nom d’Elbridge Gerry qui fut pionnier en la matière.

La technique a déjà été largement poussée par les républicains du Texas. Aux élections de 2024, les républicains ont remporté 25 sièges et les démocrates 13. En nombre de voix, la répartition est la suivante : Parti républicain : 6 235 017 voix, soit 58,41 %, Parti démocrate : 4 311 123 voix, soit 40,39 %. Dans un système équitable où le nombre de sièges est proportionnel au nombre de voix, les républicains n’auraient dû remporter que 22 sièges et les démocrates 16. Il semblerait qu’ils aient envie de faire encore mieux en essayant de collecter 30 sièges contre 8 seulement pour les démocrates.

Le Parti républicain texan vient de publier une nouvelle carte électorale qui pourrait ajouter cinq sièges républicains supplémentaires. Les principaux changements sont les suivants :

– Houston : Les circonscriptions 9 (Rep. Al Green, D) et 18 (siège vacant depuis le décès de Sylvester Turner, D) sont fortement modifiées. Cela pourrait perturber l’élection partielle de novembre pour le siège 18.

– Austin : Le district 35 (Rep. Greg Casar, D) est déplacé hors d’Austin, le mettant en conflit territorial avec le district 37 (Rep. Lloyd Doggett, D), risquant de forcer l’un des deux à abandonner.

– Dallas/Fort Worth : Deux autres sièges démocrates sont ciblés :

  • District 32 (Rep. Julie Johnson, D)
  • District 33 (Rep. Marc Veasey, D)

La carte s’appuie sur une lettre du Département de la Justice (DOJ) évoquant une décision judiciaire (Petteway v. Galveston County) qui remet en cause certains districts dits de coalition raciale. Les experts juridiques soulignent que cette décision n’oblige pas à redessiner ces districts, mais pourrait servir de prétexte juridique. Des poursuites sont attendues, en particulier sous l’angle de la loi sur les droits de vote (Voting Rights Act).

Si le plan est adopté, les républicains pourraient contrôler 30 des 38 sièges du Texas à la Chambre. E Donald Trump pousse d’autres États (Missouri, Indiana, Ohio) à faire de même.

Au Missouri, le gouverneur Mike Kehoe envisage une session spéciale sur le sujet.

L’initiative a suscité une indignation générale des démocrates. En réponse, certains États démocrates comme New York, Californie, Illinois envisagent de riposter par leurs propres redécoupages partisans. Mais la Californie est freinée par son système de commission indépendante et l’Etat de New York nécessiterait un changement de loi pour contourner le lien avec le recensement décennal.


[i] 5 sièges selon le site Democracy Docket (Republicans Release Proposed New Texas Congressional Map, Could Add 5 GOP Seats)

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