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Une loi pour anéantir la Covid et relancer l’économie

L’état n’est plus le problème mais un élément de la solution pour contre-paraphraser Ronald Reagan. La loi H.R. 1319 a été votée en dernière lecture par la Chambre des représentants après un aller-retour par le Sénat. Elle est arrivée dans le Bureau Ovale pour être signée par Joe Biden dont c’est la première grande victoire. Certes il a la majorité dans les deux chambres mais avec une marge de manœuvre extrêmement faible. Au sénat, il aurait suffi d’une seule défection pour tout faire capoter. Dans le dernier vote, un démocrate ne l’a pas votée, Jared Golden, représentant du Maine, au motif qu’elle couvre un champ beaucoup trop large et qu’elle aurait été trop centrée sur la problématique liée à la Covid. C’est sans doute la longue expérience du fonctionnement du Sénat qui a permis à Joe Biden de manœuvrer avec habileté. 

Une loi votée sans l’aide d’un seul républicain tant à la Chambre qu’au Sénat. Les critiques ont été nombreuses et peuvent être résumées dans la formule de Kevin McCarthy, le leader de la minorité à la Chambre des représentants : « Ce n’est pas une loi qui permet de secourir les Américains, c’est une longue liste de priorités des démocrates qui utilisent la pandémie comme excuse pour faire avancer leur agenda et qui ne répondent pas au besoin des familles américaines ». Les familles américaines qui recevront cette aide financière (aide directe, crédit d’impôt, aide aux chômeurs…) apprécieront.

Après que la loi a été votée, les républicains ont expliqué que cette loi n’était poussée que par les démocrates alors que les deux lois de relance de l’économie votées l’année dernière sous l’administration Trump ont bénéficié d’un soutien bipartisan. Un peu gonflée comme remarque, pourrait-on ajouter trivialement, car si c’est cette loi n’est pas bipartisane, c’est simplement parce qu’ils refusent de voter quoi que ce soit. Certains vont même jusqu’à faire la promotion de la loi pour les administrés de leur circonscription alors qu’ils ont voté contre.

Keilar: GOP senator touted provision in bill he voted against

GOP senators TORCH Biden’s American Rescue Plan

Lindsey Graham lets it rip on American Rescue Plan: “This is a LIBERAL WISHLIST”

A la différence de la loi de réduction de la pression fiscale de 2017 et des deux lois de relance votées l’année dernière qui visaient en priorité les Américains les plus aisés et les entreprises en appliquant la bonne vieille idée du ruissellement dont on n’a aucune preuve qu’elle fonctionne (on sait plutôt qu’elle ne fonctionne pas), cette loi sous le nom d’American Rescue Plan vise principalement les foyers les plus défavorisés et les classes moyennes. Une priorité que les démocrates avaient peut-être un peu oubliée. Ce sont donc 1 900 milliards de dollars qui vont être injectés dans l’économie américaine, des chiffres qu’il n’est possible d’appréhender que si on les compare à d’autres. Cela représente 8,5 % du PIB des Etats-Unis et près de 70 % du PIB de la France.

54 % de l’aide financière est directement destinée aux foyers américains. Selon une simulation réalisée par le Committee for a Responsable Budget, une famille de quatre personnes ayant un revenu annuel de 53 000 dollars et dont l’un des parents est au chômage depuis la crise, devrait recevoir une aide valorisée à 22 000 dollars. Un célibataire du Tennessee qui est au chômage depuis la crise et qui touchait 25 000 dollars par an, 15 000 dollars.

‘Hogwash’: Trump voter reacts to no GOP votes for relief bill

La posture des élus républicains de rejeter cette loi en bloc est assez risquée, car elle est populaire, même chez les élus républicains qui sont à 41 % favorables selon une enquête récente du Pew Research Center. Mais la fracture au sein du GOP apparait au grand jour, les conservateurs républicains y sont opposés à 69 % alors que 61 % des républicains modérés – une espèce de plus en plus rare – y sont favorables. Au total, 7 Américains sur 10 le sont, ce qui en fait une initiative très bipartisane au niveau de la population. La division est peut-être plus simple : pro-Trump et anti-Trump. Les pro-Trump le sont puisque le chef est contre. Et Donald est contre tout simplement parce que cette loi a été signée par Joe Biden. N’avait-il pas déclaré lors d’une réunion dans le Michigan que c’était le pire candidat de l’histoire des Etats-Unis. Et il a récidivé en affirmant lors de son intervention à la dernière conférence CPAC qui s’est tenue à Orlando que c’était le pire premier mois pour un président de toute l’histoire des Etats-Unis : « Joe Biden has had the most disastrous first month of any President in modern history, that’s true. Already the Biden administration has proved that they are anti-jobs, anti-family, anti-borders, anti-energy, anti-women, and anti-science. In just one short month we have gone from America first to America last ».

On le sait, les analyses de Donald Trump sont tout en nuances. Le seul problème est que Joe Biden est président et que Trump ne l’est plus.

Trump Calls Biden the ‘Worst Presidential Candidate in History’ in Michigan

Outre sortir les Etats-Unis de la crise de la Covid, la question principale avec ce plan est de savoir s’il permettra de relancer l’économie américaine et de créer des emplois ou plutôt de recréer les emplois détruits par l’épidémie. Sur ce point les premières prévisions – qui ne sont que des simulations – semblent plutôt bonnes.

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prévoit que l’économie américaine devrait connaître une croissance de 6,5% cette année. C’est plus du double du taux de croissance qu’elle prévoyait en décembre – en grande partie grâce à une aide fédérale plus robuste.

Gregory Daco, économiste à l’institut de prévision Oxford Economics, estime que l’économie américaine augmentera de 7% cette année, tout en créant 7 millions d’emplois – un niveau de croissance jamais vu depuis les années 1980.

Goldman Sachs prévoit une croissance du PIB américain de 6,9% en 2021, la plus rapide depuis 1984. Et Morgan Stanley est encore plus optimiste, avec une croissance de 7,3%. Ces prévisions dépasseraient l’objectif du gouvernement chinois  qui est de 6%.

Si Joe Biden réussit à vaincre l’épidémie et à remettre l’économie américaine sur une croissance forte, les critiques deviendront relativement futiles et Joe Biden pourra envisager les élections de mi-mandat avec sérénité. Ce qui lui donnerait quatre ans pour développer son programme et lancer ses autres réformes, contrairement à Barack Obama qui avait voulu pousser coûte que coûte sa réforme de l’assurance santé et le payer cher deux ans après avec des élections de mi-mandat qui ont redonné la majorité aux Républicains au terme d’un gain de 63 sièges – le gain le plus important depuis 1938 – et réduit la majorité des démocrates à la Chambre des représentants.


Le contenu du plan de relance en bref par le Congrès

American Rescue Plan Act of 2021

This bill provides additional relief to address the continued impact of COVID-19 (i.e., coronavirus disease 2019) on the economy, public health, state and local governments, individuals, and businesses.

Specifically, the bill provides funding for

  • agriculture and nutrition programs, including the Supplemental Nutrition Assistance Program (SNAP, formerly known as the food stamp program);
  • schools and institutions of higher education;
  • child care and programs for older Americans and their families;
  • COVID-19 vaccinations, testing, treatment, and prevention;
  • mental health and substance-use disorder services;
  • emergency rental assistance, homeowner assistance, and other housing programs;
  • payments to state, local, tribal, and territorial governments for economic relief;
  • multiemployer pension plans;
  • small business assistance, including specific programs for restaurants and live venues;
  • programs for health care workers, transportation workers, federal employees, veterans, and other targeted populations;
  • international and humanitarian responses;
  • tribal government services;
  • scientific research and development;
  • state, territorial, and tribal capital projects that enable work, education, and health monitoring in response to COVID-19; and
  • health care providers in rural areas.

The bill also includes provisions that

  • extend unemployment benefits and related services;
  • make up to $10,200 of 2020 unemployment compensation tax-free;
  • make student loan forgiveness tax-free through 2025;
  • provide a maximum recovery rebate of $1,400 per eligible individual;
  • expand and otherwise modify certain tax credits, including the child tax credit and the earned income tax credit;
  • provide premium assistance for certain health insurance coverage; and
  • require coverage, without cost-sharing, of COVID-19 vaccines and treatment under Medicaid and the Children’s Health Insurance Program (CHIP).

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